Au même
Mon cher Monsieur Lévy !
En ouvrant ce matin l'enveloppe des épreuves que votre jeune homme m'a apportées avant hier, je vois à mon grand déplaisir qu'on ne m'a pas envoyé la feuille 17 ni la fin de la feuille 16, qui contient précisément l'impression du morceau dont le manuscrit se trouve dans ladite enveloppe. Or ce manuscript est si mauvais, si confus, qu'une exacte révision de l'épreuve par moi-même est de la plus haute importance. — En même temps, ce morceau aborde un sujet très scabreux, de sorte qu'une faute d'impression pourrait me jouer un terrible tour dans mon pays. Je tiens donc à voir et à corriger cette feuille 17 aussitôt possible !
et je vous prie de faire dire à l'imprimeur qu'on me l'envoie, ainsi que la fin de la feuille 16, tout de suite.
Est-ce que les feuilles, que vous m'avez apportées l'autre jour sont déjà tout à fait imprimées? J'ai eu l'idée de ne pas me faire envoyer les épreuves des feuilles où il n'y a pas de notables changements en laissant à vous seul la besogne d'une exacte révision avant le bon à tirer. Cependant ce ne sera pas mal de me les envoyer tout de même
avant qu'on les imprime, car dans un moment où mes yeux me le permettent, j'aime à voir s'il n'y a rien de fautif. — r P. E. Si la page 285 n'est pas encore imprimée, je voudrais bien à la ligne 9 mettre un là avant le même mot la, — Hélas! toute la phrase aurait besoin d'être refaite. — Et c'est seulement sur cette page que j'ai jeté un regard. — Voilà pourquoi dorénavant je désire recevoir toutes les feuilles avant l'impression.
Une bonne nouvelle que j'avais oublié de vous communiquer l'autre jour : une traduction anglaise des Reisebilder qui a paru à New York a un énorme succès selon une correspondance de la Gazette d'Augsbourg (qui ne m'aime pas assez pour inventer mes succès).
Tout à vous,
Votre dévoué,
Mercredi 4 octobre 55.