‹ Henri Heine, poèteChapitre 129 sur 142 · A Philarète Chasles · texte numérisé non relu

A Philarète Chasles

Mon cher Philarèth I

 toute heure pendant le milieu de la semaine (mardi, mercredi, jeudi) je suis à votre disposition si vous avez réellement l'idée de me faire la charité d'une visite. Quant aux livres dont vous parlez, je peux vous procurer moimême ceux dont vous avez besoin pour un article nécrologique sur moi ; pourvu que vous écrivez un tel article, il m'importe peu qu'il ne soit imprimé qu'après ma mort. La chose principale, c'est d'être apprécié par un esprit comme le vôtre, par un des deux véritables critiques que possède la France. L'autre, n'en vous déplaise, c'est Sainte- Beuve, qui me donnera aussi un article posthume, de sorte que je peux me faire enterrer sans inquiétude. Le sort de mes livres est ainsi assuré. M' Michel Lévy, qui s'occupe dans ce moment de la mise en scène de mon immortalité, vous enverra, en mon nom, les volumes de l'édition française de mes œuvres à mesure qu'ils paraissent. J'espère qu'il n'a pas oublié de vous envoyer Lutèce^ ce livre dont tout Paris a parlé pendant huit jours. Huit jours! on n'a guère parlé plus longtemps de Fiesqui ou de Paganini ou de tout autre virtuose étranger!

Occuper Paris, le centre du beau monde, pendant toute une huitaine! Mais savez-vous que c'est un honneur pro-

digieux pour un pauvre petit allemand qui a gardé les cochons dans son pays. — Non, mon cher ami, c*est encore une calomnie de mes pourceaux d'Outre Rhin, je ne les ai jamais gardés lorsque j'habitais TAllemagne, et depuis que je suis arrivé en France, j'ai toujours vécu dans la meilleure société des bipèdes civilisés. — Adieu L ne m'oubliez pas. Vous avez toujours été parfait pour

Votre

Les lettres qui vont suivre sont de simples brouillons, parfois refaits plusieurs fois, de lettres destinées à des personnages dont le nom n'est pas inscrit en tête de la feuille. Diaprés le contenu des lettres et les allusions qu'elles renferment, je les ai attribuées à Thiers et à Guizot. Je ne saurais reprendre ici la discussion que j'ai développée ailleurs. (/>. Rundschau^ VII, 94.)

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