‹ Henri IV écrivainChapitre 8 sur 11 · DANS LES LETTRES DE HENRI IV · texte numérisé non relu

DANS LES LETTRES DE HENRI IV

Nous somme* entre le siècle qui a développé là langue et celui qui Ta fixée. Le français est encore un peu désordonné , mais déjà prêt à se donner des lois. Il y a des formes qui plus tard ont péri ou vieilli, et d'autres qui annoncent la perfection prochaine. En cherchant ce que la langue a abandonné ou change, nous jugerons du travail qu'elle a fait sur elle-rfiême*.

Ce*qui nuisait alors à son affermissement , c'était, outreFinvasion des mots étrangers, l'indépendance deà dialectes intérieurs, se ressemblant et pourtant très distincts; aucun n'avait une domination durable; et chacun, selon les temps, usurpait à son tour une supériorité passagère. Après la victoire de Henri IV, les seigneurs gascons et béarnais qui grossissaient son armée, le suivent au Louvre : voilà la langue engasconnée. Lé sôiri delà dégasconner fut, comme on sait, tin deà labèuhâ de Malherbe. Quels abus eut-il à corriger? Le stylé dé Henri IV peut nous l'apprendre. Ces gascons jetaient un grand désordre dans les régimes des verbes ; ilè

changeaient beaucoup d'actifs en neutres, et Vaugelas en donne cette raison : « Les Espagnols, leurs voisins, donnent des datifs à la plupart des verbes auxquels les autres langues donnent l'accusatif» (art. Croire). Henri IV disait : c Vous me mandez que vous m'aimez mille fois plus que moi à vous : vous en avez menti, et le vous soutiendrai avec les armes que vous avez choisies (Gabrielle d'Estrées, 8 mai 4598). — Sa négociation qui ne regarde qu'au bien du service du roi » (Bellièvre, fin de mai 4582). — « Nos dames ont bien couru fortune, et ont bien ressenti des incommodités de la guerre» (Gabrielle, 40 février 4595). — «Peut-ètrey pourraient-ils entreprendre» (Le Connétable, 2 mars 4596). — «Si d'aventure il voulait y entreprendre! (Saint-Geniès, 45 décembre 4585). c Favoriser, dit Vaugelas, ne régit plus maintenant que l'accusatif.» C'est peut-être le parler gascon qui a prolongé l'incertitude : « Si le ciel favorise à mes vœux» (Marie de Médicis, 24 mai 1" 4600).

Ces mêmes Gascons, comme par compensation, avaient « accoutumé de faire actifs plusieurs verbes neutres » (Vaugelas, art. Exceller). Nous trouvons dans

Henri IV : « Je n'ai ici que quatre compagnies

C'est pourquoi je vous prie de mander la vôtre de venir ici » (Le Connétable, 24 novembre II - 4 595). — «Nous croyons la trêve, et qu'elle se doit conclure ce jour d'hui » (Gabrielle, 25 juillet 4595).— « Seulement, ai -je consenti notre entrevue, espérant qu'elle ne pourra que profiter» (Saint-Geniès, commencement d'août 4580). — « Je vous prie, Madame, surseoir les résolutions et entreprises jusqu'à ce que vous l'ayez

ouï » (Elisabeth, 7 avril II e 4 596). — «Pour affaires qui importent mon service (4) » (Courson, 25 février 4604).

Vaugelas blâme cette locution qu'il dit très commune : Sortez ce cheval. « On accuse, ajoute-t-il, les Gascons d'en être les auteurs... jusque là qu'ils disent même : Entrez ce cheval. » Sur ce point, les Gascons, ce semble, n'étaient pas calomniés. Henri IV écrivait : « Je ne laisse pour tout cela. . . d'accompagner (faire accompagner) le sieur de Poigny de Constant » (Bellièvre, novembre V e 4584). Est-ce aux Gascons qu'il faut s'en prendre si nous avons une certaine tendance, remarquée ailleurs par Vaugelas, à employer les neutres comme des actifs ?

On trouve des réfléchis changés en neutres, puis ces neutres en actifs :. « Je vous prie, Messieurs, de bien aviser à ce fait et à ce qui en peut ensuivre » (MM. delà cour du parlement séant en la ville d'Âgen, 25 octobre 4582). — « Hâtez; passez par dessus tous empêchements t (Ségur, 29 avril 4586). Hâter devient actif : « Il me hâte plus que les autres » (Mme de Grammont, 8 décembre 4587).

Enfin Henri IV abuse quelquefois de l'imparfait du subjonctif. Cela peut-être revient encore aux Gascons qui affectionnent ce temps si redouté des bouches parisiennes : « Si je me croyois, toute cette

(1) On a eu tort, je crois, de corriger, dans le recueil des Lettres missives : « Pour affaires qui importent à mon service. » Cet à n'est pas dans l'autographe. On a cru sans doute que Henri IV l'avait passé par négligence. Mais importer, en ce sens, se retrouve ailleurs comme actif.

feuille serait remplie de bons contes. Mais la crainte que }ai que ceux de Saint-Sever y participassent me fait finir » (Mme de Grammont, 7 décembre, 45$5). — « Il sera donc assez temps, mon compère, que les compagnies de l'Isle-de-France se trouvassent , avant le douzième du mois qui vient, auprès de Compiègne» (Le Connétable, 29 novembre 4593).

Le mot bison g nés (conscrits) et l'expression V avoir belle escapade (l'échapper belle) venaient des Espagnols, les voisins des Béarnais.

Quelques latinismes , que la langue n'a pas conservés, prouvent que les emprunts des littérateurs commençaient à entrer dans la langue commune. Le français vient du latin; mais il s'en est formé de deux façons. Il a été d'abord une vaste décomposition du latin, mélangée de celte et de tudesque, qui produisit une langue nouvelle, comme les débris des plantes desséchées engraissent la terre pour une jeune et fraîche végétation. Puis, au XVI e siècle, en pe temps de résurrection des ouvrages latins, une foule de mots tirés par les savants des ouvrages de la Rome d'Auguste, se mêlèrent à tous ces mots formés de la basse latinité par la lente élaboration du parler populaire. Ils entrèrent tout d'une pièce, sans changer que leur terminaison. Beaucoup restèrent, parce qu'ils étaient les ancêtres de mots déjà usités; ils furent reçus dans la famille de leurs descendants : mais d'autres, moins heureux, ou gardant pn air un peu étranger, furent renvoyés en leur lieu, ou contraints de changer et de restreindre leur sens : dépolluer, la mutation de règne, « des métairies insul

(Mme de Grammont, 47 juin 4586). — t Ce malheureux pays et les importunitis nous l'avaient tout abattu (le cœur) (Marie de Médicis, 24 octobre II 9 4605). — N'y demeurez qu'un jour (auprès de votre père); car sa contagion est dangereuse (Mlle d'Entragues, vers la fin de 4604). — Toutes telles façons ne servent que d'altérer les cœurs et les volonté* des sujets (Dampville, vers le 20 septembre 4578). — Je ne lui en écris point ; ne lui en parlez que comme discourant (Mme de Grammont, 50 novembre 4 588). — Faire écrire les lettres et dépêches sûres, propres et nécessaires, afin que chose quelconque ne demeure (Ségur, Clervant et Quitry, 28 octobre I" 4586). — Je ne me dépouillerai pas, combien que je sois tout sang et poudre, sans vous bailler de bonnes nouvelles et de votre mari qui est tout sain et sauf » (Mme de Batz, 54 mai 4580). Cette imitation un peu crue se retrouve dans quelques tournures : « Leurs moyens seront beaucoup plus foiblesque leur attente (Henri III, vers la mi-mars 4585). — Je ne le vous veux recommander communément, comme son affection à mon service n'étant nullement commune (Le Connétable, 47 avril II 6 4597).— Je m'en vais à Tartas où je serai deux ou trois jours pour recevoir mes hommages (Matignon, 4 er octobre 4585). — Je trouve fort bonne Y élection que le roi a faite de M. de Ruffec ; et ce que vous êtes si proche y ajoute quelque chose davantage pour mon contentement» (Matignon, vers la fin de septembre I re 4585).

On aimait l'emploi des relatifs comme conjonctions entre deux phrases : « J'ai vu ce que vous njayez

écrit de celui qui a reçu la patente; dont j'ai été bien aise » (St-Geniès, 40 avril 4587).

Nous trouvons même un hellénisme : « Mon avis est qu'ils prennent le chemin d'Amiens, Abbeville et LeCrotoy. Deux jours nous en feront sages » (Nevers, 4 er janvier 4592).

Passons à ce qui n'est que français.

Certains substantifs prenaient des genres qu'ils n'ont pu garder, ou prenaient tantôt l'un, tantôt l'autre :

Affaire, masc. (passim) (4).

Déplaisir, t C'est avec une extrême déplaisir, » etc. (Marie de Médicis, 22 octobre Ire 4 600) .

Exemple. « L'exemple pernicieuse des grands a été suivie » (Madame Catherine, 28 septembre 4597).

Fois. « Différer à un autre fois» (Saint-Geniès, vers le 40 juillet 4579).

Œuvre, masc. (passim).

Paris (ville), c Je suis devant Paris, où Dieu m'assistera. La prenant, je pourrai commencer à sentir les effets de la couronne » (Mme de Grammont, 44 mai II e 4590). Cf. Montaigne : « Je ne veux pas oublier ceci, que je ne me mutine jamais tant contre la France que je ne regarde Paris de bon œil. Elle a mon cœur dès mon enfance » (111, 9).

Des choses qui délient l'arithmétique se comptaient: • Les sieurs de Semalens et Farinières font plusieurs désordres » (Dampville, vers le 20 septembre 1578).

Ils remplace quelquefois elles par une vieille habi-

(1) Affaire est toujours féminin dans Amyot.

tude de langage qu'on retrouve aujourd'hui chez les paysans et les ouvriers, et qui durait encore chez les femmes de haute classedu temps de Vaugelas : «Toutes les femmes et de la cour et de la ville disent à Paris en parlant de femmes : Ils y ont été, ils y sont, j'irai avec euxy au lieu de dire avec elles* (Rem. 546. Du solécisme). Henri IV : «Monglat vient d'arriver. Il me hâte plus que les autres, et avec des raisons qui sontfort à craindre et qui ne se doivent écrire. Ils vous seront dites » (Mme de Grammont, 8 décembre 4587). — «Vous mandez au Pin et à votre fils que vous envoyez des nouvelles d'Espagne. //* sont allées avec les mémoires. Ou les laquais les jettent, ou vous oubliez de les envoyer» (Saint-Geniès, 4 mai 4586).

Un pour le : « Il y a ici auprès un plus beau courre du monde» ( Le Connétable , 46 octobre II e 4598).

Les temps des verbes se formaient d'une façon irrégulière, arbitraire ou variable : j 'ami? tt. L'infinitif favorir se rencontre pour favoriser ; courre, qui ne s'est maintenu que dans le langage de chasse : « Faire courre le bruit» (Le Connétable, >I6 mars l* 6 4596). On disait à la îohje lairraietje laisserai; mais bientôt la forme grammaticale l'emportera sur l'ancienne.

L'emploi des auxiliaires n'est pas rigoureusement réglé. Être remplace avoir par l'attraction du réfléchi : « Je suis bien marri que je ne me suis pu trouver sur le port à votre arrivée» (Marie de Médicis, 2 novembre P>l 600).

Les modes des verbes sont mis les uns pour les autres. Le subjonctif pour l'indicatif: «J'ai la tête tellement rompue d'affaires, que, quand j'ai corn-

mandé une dépêche, je pense qu'elle soit faite» (Saint- Génies, 4 mai 4586). Pour le futur ; «Je vous puis dire que vous soyez le très bien venu » (Nevers, 25 août II e 4590). L'indicatif à son tour remplace le suhjonctif : « Je trouve bon que vous faites le voyage dont M. de Saint-Geniès m'écrit» (De Çhaus, vers le mois de mai II e 4 583). Quelquefois les modes s'entraînent mutuellement : < Je serai très aise que ma recommandation et ma prière aient lieu en votre endroit, et qu'il connoisse que pour l'amour de moi il l'obtienne » (Souvré, 24 décembre \ 595).— «Quant au voyage duquel vous parlez, si vous eussiez été ici, il y a quinze jours que vous me l'eussiez conseillé » (Saint-Geniès, 4 mai 4586).

Le participe recouvert sert au verbç recouvrer, par une usurpation qui s'est prolongée jusqu'à ce que Yaugelas opposât ses arrêts. Le tient la place du participe passé d'un verbe mis à un autre temps : « Je ne vous le recommande point ni ma fille, pour ce que je m'assure qu'ils le vous sont assez » (Mme de Montglat, 17 septembre 1P 4603). Le participe passé pris substantivement, reste encore participe : « Je ne puis maintenant vous faire réponse sur le contenu en vos lettres » (Saint-Geniès , vers le 40 janvier 1579).

L'adverbe se met quelquefois au comparatif sans nécessité, et mieux signifie bien : « Par les raisons que vous pouvez mieux juger » (Le Connétable, 44 mars F 4 597) . — « Comme vous pouvez trop ipieux j uger » (Le même, 27 mars 4 596). Trop prend quelquefois le sens de beaucoup qu'il a souvent à cette époque : « Le service du rpi ^e fera trop mieux » (Matignon, vers le 42

décembre 4595). Si pour aussi : c Afin de parvenir à une paix générale, laquelle ne fut jamais si utile, voire nécessaire , qu'elle est à présent » (Matignon , novembre II e 4584). Plus contenu dans le mot meilleur sert à l'adjectif suivant : « Vous n'aurez jamais un meilleur maître et pprfait ami que Henry » (Saint- Geniès, vers le 40 janvier 4586).

Ce sont les prépositions dont l'usage est le moins réglé ; elle* sont mises perpétuellement les unes pour les autres. Elles se prêtent de bonne grâce à toute sorte de sens et expriment les rapports les plus divers. Les paysans d'aujourd'hui abusent encore de la préposition à dans certaines locutions : « Un fruit mangé aux vers ; » et il est singulier de rencontrer dans leur bouche une construction grecque. De est aussi d'un usage immodéré; quelquefois à et de prennent la place l'un de l'autre : « Je ne veux pas oublier à vous remercier (Dampyille, 6 septembre 4576). -f- Croyez , ma chère maîtresse, qu'en ce qui dépendra de l'obéissance de vos commandements , vous me trouverez sans reproche» (Gabrielle, 49 avril 4595). Quelquefois même il y a compromis: € Continuez à m'en écrire et d'en avoir soin » (Madame de Montglat, 22 mars l* a 4605).

A, contre : a L'échange qu'ils m'ont proposé de la dite ville à une autre» (Henri M, vers la mi-novembre I re 4580). Dans : «Vous avez grand tort de demeurer au doute qu'êtes (Madame de Grammont, V 1 mars 4588). — Je lui permets de prendre des Béarnois et d'en mettre à son régiment (Saint-Geniès, fin de février l re 4580). — Je tieus trop cher mon dit

pays pour le laisser dégarni au besoin (Le même, fin de juillet 4585). — Les dissimulations dont on a usé à l'exécution de Tédit » (Marguerite de Valois, 40 avril II e 4580). En : « Chose à quoi je ne vous puis obéir » (Henri III , février 4580). Jusqu'à : « Je vous prie vous vouloir approcher à Béziers t (Montmorency, vers la fin de 4585 I re ). Selon : « Pour y recevoir, à la coutume, la part de la donation» (Matignon, vers le commencement d'août III e 4585). Sur : € Ils admonestent tous bons catholiques de prendre exemple à une si chrétienne entreprise » (Mme de G ra m mont, 47 mars 4588). A l'endroit où est : «J'irai couchera Montmélian , et lundi a Conflans ou à mon armée» (Marie de Médicis, 44 novembre 1 M 4600).

Auprès, prés : « Auprès Montargis» (MmedeGrammont , 8 décembre 4587). Dans, à : « Dans la fin du mois » (passim).

De, au sujet de, quanta, sur, en fait de : « Il y a ici un homme qui porte des lettres à ma sœur du roi d'Ecosse. Il me presse plus que jamais du mariage (Mme de Grammont, 50 novembre 4 588). — Tous les jours je vous mande de mes nouvelles. De celles d'Ostende, il n'y a rien de nouveau (Marie de Médicis, 54 août 4604). — Je vous prie de croire le dit de La Va la de de l'assurance et continuation de mon amitié et de la confiance que j'ai en vous de toutes choses (Matignon, 6 avril 4585). — Vous ne m'avez rien mandé de nouvelles particulières » ( Anonyme, 4575) Avec : «En deux heures j'ai pris le cerf des chiens de la meute » (Le Connétable , 20 novembre F 1 4596). Dès : « J'ai combattu à la tète de ma noblesse

qui m'a suivi, avec une cuirasse, comme fit du commencement mon cousin le maréchal de Biron » (4) (Le Connétable, 8 juin II e 4595). D'auprès de : « Demain que monsieur d'Aiguillon sera de retour des archiducs» (Marie de Médicis, 7 septembre 4604). Par : fMes faits sont des miracles ; aussi sont-ils conduits du grand Maître» (Mme de Grammont, 8 janvier 4590). Pour : «Les préparatifs que fait le duc de Savoie de venir secourir Montmélian » (Marie de Médicis, 22 octobre l r# 4600).

Entre, selon : - Ce qu'a été ordonné pour le regard de la religion au dit pays a été rédigé entre les lois et coutumes d'icelui » (Henri III, vers le 40 juillet 4579).

Envers, auprès de : € Espérant, Monseigneur, que la très humble prière que j'en fais à votre Majesté aura quelque poids envers elle » (Henri III , vers le mois de février 4585 P e ).

Pour, à : « Vos compagnies de gens d'armes et de gens de pied, qui sont maintenant éparses çà et là, sont destinées pour tenir la main forte à la justice» (Matignon, vers la fin de 4584 III e ).

Les adverbes font l'office de prépositions : « 11 est dedans le château. — Je n'avois, comme vous le cuidiez, défiance de vous dessus ces choses.»

Il y a aussi quelque confusion dans les conjonctions. Car pour mais : « Cet homme de Normandie est venu ici, et me vient de dire qu'entre ci et quinze jours nous devons avoir la plus grande brouillerie du monde, qui sera causée par vos père, mère ou

(1) Cette locution s'est conservée dans quelques provinces.

frère, et sera tramée à Paris; qae vous et moi tiendrons tout poii* rompu ; que demain il me dira le moyen de l'empêcher; car H. le cardinal de Joyeuse entre, qui rompt notre propos. Bonsoir, le cœtir à moi t (Mlle d'Entragues, 6 octobre III e 4 599).

Les tournures, les constructions sont quelquefois vicieuses : « Et d'autant que j'affectionne lesdits écoliers parce qu'ils veulent et sorit prêts de servir au ministère, je vous prie, etc. (Saint-Geniès, vers 4585). — Vous savez combien je vous ai toujours aimé et confié de vous (Ségur, 29 avril 4586). — J'ai assez montré la force de mon amour aux propositions que j'ai faites pour que, du côté des vôtres, ils n'y apportent plus de difficultés (pour que dé leur côté les vôtres n'y apportent) (Mlle d'Entragues, 6 octobre 11 J - 4599). —Ils m'ont envoyé demander tout plein \\) de leurs capitaines italiens et espagnols (Mme Catherine, 7 juin II e 4 595). — Il a connaissance de tout plein d'abus qui se commettent au fait de mon domaine (Courson, 25 février 4604). — Faites-le partir incontinent sans amener pas un cheval et te moins de goujats qu'il pourra » (Mes Ion, vers le 46 novembre 4580).

Mais le plus grand défaut de la langue n'était pas l'incorrection, contre laquelle quelques règles suffisent; c'était le manque de précision, de justesse, par conséquent de clarté.

Quand la langue n'est pas fixée, les écrivains sont enclins à deux défauts opposés : ils mettent tan*

(1 ) Locution très usitée.

tôt plus de mots, tantôt moins qu'il n'en faut. Ils jugent difficilement de la clarté des expressions : rien n'étant assuré, l'incertitude est inévitable. Ici, craignant de n'être pas assez clairs, ils mettent deux mois pour un , ce qui ne fait qu'embarrasser ; là , se croyant plus clairs qu'ils ne sont , ils n'en mettent qu'un pour deux ou trois. De même ceux qui ignorent l'orthographe prodiguent les lettres h certains mots avec une libéralité grotesque, et refusent à d'autres le nécessaire. «La rivière de Loire, ce lieu de La Rochelle, la capitale ville, un chacun, dans mardi, dans à ce soir, dans demain ; je vous le manderai à ce soir ; croyez mon conseil comme de celui qui est des meilleurs et des plus parfaits (Dampville, fin de mars -1579). Vous me faites plaisir de me mander souvent des nouvelles de mon fils et d'en avoir bien du soin (Mme de Monglat , 29 août 4602). — La place est en trop bon état^ M. de Terri de y ajani mis cinq cents arquebusiers dedans (Saint-Geriiès , commencement d'août 4580); mon compère viendra à Meaux s'y reposer (Villeroy, 8 août 1596); incontinent après, je m'en remets aux champs avec mon armée (Mhie de G ra m mont, 24 septembre II e 4597); pour le moins vous découvrirez ce qui se passe en tes quartiers-là et en quels termes ils en sont (De Ghaus, vers le mois de mai II e 4585) ; depuis quinze jours en ça, les forces de France et d'Espagne se sont affrontées (Mme de Gràmmont , 24 septembre 11° 4597) ; je n'ai ici que quatre compagnies de cavalerie dont les deux me demandent congé (Le Connétable, 24 novembre IF 4595); tous mes bons serviteurs entre lesquels, outre ce

qu'il tient des premiers rangs... (Marie de Médicis, 23 août 4 600) ; prenez-twu* garde de le faire (Le Connétable, 20 novembre l re 4 596) ; j'espère qu'il fera quelque chose de bon ; pour le moins que j'y ai apporté tout ce que j'ai pu et d'affection et d'instruction (Matignon, novembre l re 4584); souvenez-vous que sinous n'avons de quoi les payer , que nous ruinons tout (Le Connétable, 2 mars 4596).» Ce redoublement du que est 1res fréquent chez tous les écrivains du temps. — « Il me semble être nécessaire (Saint-Génies, 4 9 février 1587); le duc de Montbason auquel j'ai donné chargedetraiteravecM.de Boisdauphinpourle faire être mon serviteur (Duplessis, 22 mars 4585); je fais nouvelles levées pour rendre mon armée composée de vingt mille hommes de pied et deux mille cinq cents chevaux (Marie de Médicis, 5 septembre 4600); j'ai bien voulu vous en tenir averti (Dampville , vers le 7 mai 4578 11 e ) ; je vous prie en cela de tri être aidant» (Bellièvre, vers le mois de mai 4582).

Yoici des pléonasmes . « La pluie seule m'a empêché de pouvoir donner un coup d'éperon jusques à vous (Le Connétable, 47 novembre 4596), — Quant est pour le regard des affaires de ceux de la religion... (Duplessis, 4 4 octobre II e 4 596). — Ce qui sera cause de retarder près d'un mois le voyage (Dampville, vers le 7 juin II e 4 578). — Remettant cela à M. le chancelier, à M. le garde des sceaux, à vous et autres de mon conseil ce que vous en ferez » (Rosny, 27 mars III« 4 605).

Ailleurs, au contraire, il faudrait ajouter un ou plusieurs mots. Les pronoms personnels sont souvent supprimés; mais ils ne sont pas les seuls :

Aucun. < Vraiment ma venue était nécessaire en ce pays si elle le fut jamais en lieu » (Gabrielle, 46 avril 4595).

Celui, celle. « L'on lui a retenu votre lettre et de ma sœur » (Mme de G ra m mont, 47 juin 4586). — «Je vous offre ma personne et de tous mes amis » (Noé, vers la fin de mars 4580 V e ).

Comme. «Je vous écris de Blois, où il y a cinq mois que Ton me condamnait hérétique et indigne de succéder à la couronne » (Mme de Grammont , 48 mai 4589).

En. «M'assurant que vous aurez agréable ce qu'avons arrêté pour ce regard, et ne ferez difficulté sur la somme que je demande, comme je vous supplie très humblement, Monseigneur, et croire que tant plus, etc. » (Henri III, vers la mi-novembre 4 584 1").

Être. « Ce n'est pas que je sois fâché que vous soyez en lieu où vous aimez» (Le Connétable, 42juinP tt 4596).

Que. « (Ma mère) me mit ce livre entre les mains encore que je fusse à peine plus un enfant de mamelle » (Marie de Médicis, 5 septembre 4604).

Vers. « Il passera la part (l'endroit) où sera M. de Turenne • (Matignon, vers le 20 mars P c 4588).

Voici des ellipses : « Nous y avons perdu quelques gens, et quatre de mes gardes blessés (Miossens, 20 ^oût 4 ro 4585). — J'ai plus ajouté de foi à ses paroles que je n'eusse su faire de nul autre (Marie de Médicis, 44 juillet 4 Te 4600). — Faites mes affectionnées recommandations au grand duc et à ma nièce la grande duchesse , que je leur baise les mains, et à

VOdfc ilrt ihillibh de fois (JAfcf.). ^ Tèhéz-VtttiS prêt pôiii* me Venir trbuVdt délifc tJhoi^ jours... fcfirt tjùë vous puissiez me réjouir et moi vous (Le Connétable; 46 ôttôbrè II e 4598). — Si vous désira SuWrit bie Voir que iiitti votos » (Marié dé Médtete, fc4 août I- 4600.) Le participe présent se etftirtrttit & le itta* nière latine, commes'il pouvait se décliner t a Vtitts pensiez avoir occasion dé vtoite dbtilôir dte moi, ceqtie votis tae pourriez faire qu'à tort, vmis aimant et Vôltë estimant comme un des plûi fidèles et utiles serviteurs que j'aie (Saint-Geniès, 4 mai 4586). — Jè&àU qiie les honnêtes gens vous croiront^ et > Iteur montrant cette lettre, y ajouteront M * (Duplêssis-Môrnèy, 7 novembre I ro 4589). Le pronmti remplace Quelquefois le mot qui est dans la tête de l'éttrivata} niais qtii ti'est pas dans la phrasé précédente : « F&rgét , Viçoze m'a dit qu'un de& vôtres veut faire des gètië de \>\ed : je vous envoie sa commission, et vous prie l'accommoder de tout ce que vous pourrez^ &fii qu'il là fasse belle et forte. Je l'ai vouée ah régiment de Vignerolles. Adieu » (vers la fin d'octobre H e 4§85). 11 fallait surtout astreindre le sens d'une foule de mots, sens vagite* flottaiit , incertain et variable, ^ui se prêtait trop aisémetat aux emplois qu'on en voulait faire. Notre langue avait à acquérir cette précieuse vertu, d'assigner à chaque mot un sens unique , incontestable, inaltérable, n'embarrassant jàmaî& l'intelligence du lecteur ou de l'auditeur, et forçant celui qui parte ou écrit à affermir dans £bù esprit une pensée dbnt les mots se refusent à traduire l'incertitude. Cette qualité a fait du français le langage le

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frttis ëtm , ritièlhirtlent le plu* jitftë dortt *é tfriè l'Ame h u mairie pour s'épafrdre et fié communiquée II prend le caractère même de l'idée. Dans Tacitfy la pensée est toujours claire, nette, saisissante ; l'obscurité vient des mots. Chetf rions , les Mois ne sont dbscurS que si la petosée elle-ffiêrne est obscure, et les ténèbres du style ne sont c|ue les ténèbres de l'esprit* On né saurait écrire en bon français sans savoir avec précision ce que Ton pense, et c'est surtout à notte langue que s'applique cette parole : « On ne sait bien ce que Ton veut dite qu'après l'avoir dit. *> Elle aide la pensée, elle lui prête sa clarté , clarté qui en décèle les obscurités et les erreurs, mais qui en illu* mine les beautés. En grec , en latin , que de mots ont sept ou huit sens divers Y et font le désespoir eft les querelles éternelles des traducteurs I S'il y avait entre ces divers sens une franche différence, f idée même indiquerait le sens dont elle se sert) Mais ils se déduisent les uns des autres, gardant un air de parenté ,~ et séparés seulement par des nuances. En français, quelques mots ont deux ou trois sens, mais en général fort distincts ; ce sont comme des rtiots différents qui sonnent de même. Cette qualité, le français l'a conquise au dix<-septième siècle; il Ta gardée au dix-huitième; espérons que de nôtre temps il ne la perdra pas.

Mais au seizième siècle , il ne l'a pas encore; et le même mot avait des sens voisins et divers.

Assistance, présence: cMa cousine, je suis très marri de ce qtie vous n'êtes par deçà pour vous trouver au baptême de mon petit-fils , qui se doit faille

dimanche; car je me persuade que vous ne m'eussiez dénié cette assistance» (Duchesse de Nevers, 44 décembre V e 4 598).

Aviser, reconnaître : «J'espère vous voir dans dix jours et donner ordre à ce que nous aviserons être nécessaire» ( Saint-Geniès , fin juillet 4585). Songer à : t Avisez de faire fort travailler aux poudres et en diligence » (Le même, fin de Tannée 458511 e ). Avertir : « Je vous avise que j'ai reçu des nouvelles de la cour » (Ibid). Décider : « Cet homme qui vint à Pau, de Soulle, s'en alla, n'ayant eu autre réponse que celle que nous avisâmes ensemble (Le même , 4 mai 4586). — Je pars présentement pour m'en aller à Marans , où nous aviserons du lieu de l'entrevue » (Le même, 25 février 4587).

Confidence, confiance: « Moyennant que vous me rendiez la même confidence et amitié que je vous veux toujours porter. »

Crue (sens trop étendu). « Que j'aie une crue de vingt hommes seulement à ma vieille garde » (Bellièvre, vers le mois de mai 4582).

Cuider, croire } manquer, chercher , etc. (passim).

Disposition, santé : a L'avis que j'ai eu de la disposition du roi depuis la présente écrite me fait maintenant changer de style, étant les chirurgiens en grand'doute de sa guérison» (Souvré,4 w août 4 589).

Élection, élire (sens général de choix, choisir). a L'élection que le roi a faite de M. de Ruffec (Matignon, vers la fin de septembre 1" 4585). — J'ai élu mes bons , et mon faucheur en est» (Batz, 44 mars 48^6).

Endroit, état (sens vague). « Je vous prie me les envoyer et en quelque autre endroit ferai autant pour vous (La Salle, 20 novembre 4576). — Nous avons eu avis des préparatifs qui se font, des états qu'on a dressés pour la guerre » (Marguerite de Valois, 4 avril

Faire raison (obscur), t Je ne me suis plaint de vous à personne, pour ce qu'il n'eût su m'en faire raison » (Matignon, vers le 40 avril 4585).

Gâter, blesser : « Canisy a été gâté àCastillon; il a eu une arquebusade qui lui rompt les mâchoires » (Mme de Grammont, fin d'août 4586).

Joindre, réunir : «Si nous sommes joints , its ne peuvent rien mettre sur la queue que nous ne taillons en pièces » (Nevers, 24 novembre I w 4 590).

Mandement, convocation ( en général ) : «Je vous prie de vous tenir prêt pour me venir trouver au premier mandement qne je vous en ferai » (Le Connétable, 46 mars T 4596).

Occasion, raison : « Je ne vous prierai point de m'aimer : vous l'avez fait que vous n'en aviez pas tant d'occasion » (Mme de Grammont, 22 décembre 4588). Moyen : « Pour le regard du pastel , il me semble être nécessaire qu'il demeure à haut prix , afin d'empêcher que par le bon marché qu'ils trouveraient de le passer par là, ils fraudassent les impositions qui sont mises sur la rivière de Garonne, qui est la seule occasion de leur faire prendre ce chemin» (Saint-Geniès, 49 février 4587).

Parlement, conversation : « Vraiment j'achèterais

bien cher trois hepres de parlement avec vous » (JVJme de Grammont, 22 dépembre 4I$8).

Quitter» renoncer 4 ; «*V$\ Mïftdjé aji 3* de CasteJpau de quitter (es contributions qu'il prend sur le ppys de Soulle » (Saint-Geqiès, fin février I" 4586). Reconnaître, récompenser ', indemniser : « Il fit pnp infinité de dépêches , instructions j cqpi fissions et voyages après la paix de sojxgpte-<}J£-sept ? fjppt il n a a ussi jamais été recpnou » (ï$e||ièvrfy vjer$ )# igjljçu de 4582),

Requis, important : « Ce que j'ai prié ma dite sœur de trouver bon, lui ayant fait connaître combien il était requis pour le bien de mon service » (Le Connétable, 4 5 mars W 4596).

Résoudre, décider : « Vous aurez entendu par les lettres que j'ai écrites à madame ia comtesse comme j'ai trouvé mons? de Montmorency très résolu au parti » (Saint-Geniès, fin de juillet 4565). Donner une solution : < La Varenne m'a dit que vous désiriez que je vous résolusse touchant Nargonne pour la tour dé Bouc» (Rosny, 25 mars 1" 4605). Examiner:

* Je vous ai écrit ces jours passés par ce porteur exprès, et mandé que je voulais que I arrêt que je vous ai envoyé, vous le fissiez résoudre m mon conseil* (Roi*ny,50 mai 1"4 605). Instruire: « Je l'ai choisi pour mon ambassadeur vers vous et lui afin d'être résolu de vos dernières volontés au sujet de sa dépêche t (Mme de Montmorency, 28 juillet 4595).

Les tournures sont /quelquefois, comme les mets, indécises et arbitraires : « Je remettrai donc sur lui à les vpiis fajfe epfçndre » (Marine «Je J4#dipifc, 25

poût IIM6Q0). — : « Je remettrai à votre prudence et dextérité à conduire le tout et le mener ^ bonne fin >* (St-Qenip$, 49 février 4587). — c< Jpapnini est yenu me faire une plainte de vous : je la remet? à vouç )q dire » (Marie de Médicis, 25 octobre 4 0O>( ) . Qp va? gue^ '• f Mon compère, le s r Vjrgjnio Ursin m'a écrit qu'il est encore \h et qu'il perd l'espérance d'ôtre dépêché dedans Iç temps qu'il f${it qu'il parte. Je vpus prie y pjptlre |ia maip et vous en faire croire : car vous savez combien cela importe » (Le Cpnnétar ble, 27 mars 4597). Q11 obscures : « Pour tout ce fiont je vous ai bien voulu cbpisir (popr toutes les raisons qui ont déterminé le choix que j'ai fait de vous) » (Palz, ve^s Iq fiq de 4576). — « M'en avertissant (si vous m'en avertissez), je partirai incontinent» (Matigpon, 24 août 4*>83)< — « Je vous prie j^e tenir en bonne vplonté #\ affection envers eux (les maintenir dans l'affection qu'ils ont pour moi) ? (Duplessis, 44 janyipr \ 582) . Qjj ampbiholpgiqMps ; * C'est men*ille (fç quoi j$ vis ap f.ray^il que j'ai ?> (Mme de Gramr mont, 9 septembre 45§9). Ou embarrassées : «Je ypjjs pjri.e de bailjef à ipon (Jit Navqjlles lettres et ip^tructipq^, dont je vous prie bien ffât lui aider à pjp gagner ceux-là et leurs amis » (Mme de Batz, 54 mai 4580).

Il sensuiv^it que pour donner au ptyle de la fermeté, on lui donnait de la lourdeur : pufant bien* aussitôt cpijime, autant comme , pour ce que } putani que } par cicfeyqrtf. Quelquefois iflêpae r t expressjpn était trop fprfe pour l*idée :

Faire évanouir , rf parer : « A cçu^e $e la ypj^ç

d'Alet... pour faire évanouir la faute de ceux qui l'ont faite » (Matignon, 24 août 4585).

Fixe, constant : « J'ai demeuré toujours fixe en l'amour et service que je vous ai voué » (Mme de Grammont, 4* r mars 4588).

Hors de, sans : « Fidélité hors de tache » (Ibid.).

Recharge (faire une), insister (passim).

Remettre, pacifier : « Vous avez pris la peine d'y aller pour remettre ledit lieu » (Matignon, vers la fin de 4584 II1-).

Sauver (se), partir : • 11 ne se sauve pas de laquais qu'ils ne soient dévalisés (Mme de Grammont, 44 janvier 4588).

Il arrivait enfin, faute de précision dans les termes, qu'ils s'employaient les uns pour les autres :

Avis, nouvelle : « Je ne faudrai à vous mander, sitôt que j'aurai avis certain des ennemis »(Le Connétable, 42 février 4596).

9éfauts, obstacles : « Nous espérons en Dieu et tâcherons de surmonter tous les défauts par patience (Marguerite de Valois, 40 avril II e 4580).

Donner, mettre : « Tous les obstacles et empêchements qu'on donneàla paix en ce pays» (Dampville, vers le 7 mai 45781").

En main, entre les mains : « Pour vous recommander la place qu'avez en main » (Batz, vers les premiers jours de 4577 !'•).

Être, faire : « Je viens de recevoir une lettre de vous par Joannini, qui m'a apporté beaucoup de contentement, comme seront toutes celles que je recevrai (Marie de Médicis, 24 juillet 4600).

Infini, innombrable : « Le désir extrême que j'ai de vous voir me fait passer par-dessus infinies occasions qui naissent à tout moment » (Gabrielle, 47 février II e 4593).

Ranger, mettre: «Pour ranger ce duc de Mercœur à la raison » (Mme de Grammont, 24 septembre II* 4597).

Recueillir, accueillir : « Mandez-moi comme l'on vous aura recueillie à Mantes • (Gabrielle, 9 février II e 4595).

Reluire , briller : a Les beautés et perfections qui reluisent en vous • (Marie deMédicis, 24 mai P 4 600) .

Rompre, briser : «Un coup d'arquebusade qui lui rompt les mâchoires *> (Mme de Grammont, fin d'août 4586).

Tâter, goûter : «J'irai tâter de ton vin» (Ste-Colombe, fin d'octobre 4579).

Usités, habitués : « La patience è laquelle nous sommes usités de tout temps» (Marguerite de Valois, 40 avril II e 4580).

On voit par ces exemples ce qu'avaient à faire Malherbe, Balzac et l'Académie , non-seulement pour débarrasser la langue des invasions étrangères, mais pour la régler, si j'ose dire, à l'intérieur. Dirai-je cependant que, parmi les mots et les tournures qu'on a dû sacrifier, quelques-uns n'étaient pas sans valeur, et qu'on se prend parfois, comme Fénelon, à regretter le vieux langage? Ce regret n'est pas un vain désir de résurrections artificielles ; c'est un simple souvenir. Ou fait bien d'émonder les arbres , puisque émondés ils se fortifient et s'élèvent ; mais on peut

regarder à terre les pousses que le ciseau a retranchées, toutes fraîches de jeunesse et de vie.

Je ne parle pas des mots qui ont disparu ou changé sans autre raison que le mouvement même de la langue : Verborum vêtus interit usus. Presque tous d'ailleurs n'étaient pas irréprochables. Quelques-uns trop lourds : responsion (caution) ; peu harmonieux : bons heurs (pluriel de banheur), ou amphibologiques : #nhuy (aujourd'hui) et à nuit (cettenuit) ; d'autres trop longs gagnaient à être raccourcis: entretenement , manquement , dëgoûtement , parlement , en&emblernent, à vau-de-route, devers, adanc, icelui. Le verbe s* d ou loir étpjt trop difficile à conjuguer. Ramentevoir^quoi qu'en dise La Bruyère, est bien long et bien lourd à côté de rappeler. Le mot latin dont il se forme n'a fait en français que mental, qui n'est pas de la langue du peuple, tandis que rappelé? appartient» une nombreuse famille de mots populaires. Je dirai même qije ramçntevpir est trqp sonore. Le son, en général, n'est pas étranger au sens du mot; il en est comme le signe extérieur; et peut-être serait-il aisé de prou- V/er qy'ep français les mots qui ne représentent rien d'éclatant ont un son tempéré et pe forcent point à ouvrir la bouchç. Adnjirable lapgue qijj tend toujours à la justesse, à lo stricte affinité flps choses et des mots (I). Si même l'usage a tué des mots qui étaient d'une bonne santé, pQprquoi lui chercher chicane, si les mot* nouveaux ne valent pas beaucoup moins? Qu'il

(i) En allemand, fleur se dit blum, qu'on prononce, bloum, et arbre se dit bautn, qu'on prononce baoum, comme s'il s'agissait £ç coupa de pwwn.

fasse à sa guise, puisqu'il est Je maître. 11 n'y a qu'à répéter la cpflclijsjpn phjfosopbiqusfppnt, mél$nçQ r lique d 1 Horace .

Ifortalia facta peribunt, Nedum serpaonum stet honos et gratia vivax.

Peut-être pourrait-on réclamer pour deux piote ; promenoir et mémoratif. Promenade quj a remplacé le premier, 3 deux sens, ce qui est uq défaut ; il indique à la fois l'action de se promener, pt le lien où l'on seprQmèpe./VwTWwirétqjt ijn irçpt expeljeptpour désigner les grandes allées d'un parc rqyal ; il a un beau jspn et serçt la rpajeçté. Hfémoratifrfii cpntfajre, a quelque chose (je rébarbatif} fiy<\\p> il était bjep nécessaire. Le français n'a plus ? depuis sa disparition, de mot qqj tpadijise le Jatjty mejnffr el s Ppp°se * adjectif oub(ieuv. « Les services apparaissent ? desquels je suis bien ménjprçtif f (JS.psny, 2$ maj l re 4|605). Mémpratif 'est trop laid pour exciter de vifs regrets ; mais il aurait pu se transformer, ou du moins, en n/ourant, se pourvoir d'fjn succ.ess.eijr,

Lps tournures suivantes faisaieqt-elljes un si grand tort à la langue ? A ce que pour afin que, était plus bref dans la prononciation et soqqait moins haut fans être moins clair; le danger d'amphibologie n'était pas très effrayant : « Je vous prie venir incontinent, a ce que j'aie ce contentement de vous voir » (Le Connétable, 5 décembre 4595). filais que, pqjjr lorsque^ avait x de la vivacité : « Pour mon rhujrçe, il diminua fort, et nem'eç rçss/en tirai plus mais que ie vous voie» (ÎVfarie de tylédipis, 27 j/fpvier 4604). 4Y e , c lfi verb$

tâcher, à exprime beaucoup mieux la peine, l'effort que de ; il fait presque image : < Soudain je m'acheminai en ce lieu de La Rochelle, pour tâcher à les secourir » (Mme de Grammont,24 mars 4588). Dans cette phrase : « Si le roi use de diligence, nous verrons bientôt les clochers Notre-Dame de Paris; » grâce à la suppression de la préposition de qui alanguit parce qu'elle est inutile, il y a comme une image : on voit se dresser les clochers qui s'appellent, comme dirait Lhomond, Notre-Dame de Paris. Cette locution entendre dire a un mot de trop ; le français pourrait dire comme disent les autres langues, et comme il disait autrefois : « J'ai entendu que mon procureur général et Séguier, mon avocat, empêchent que redit ne soit vérifié » (Le Connétable, 29 février II e 4596). L'absence du mot quelque ne nuit pas à cette phrase : «Travaillez à recouvrer de l'argent, s'il est possible en façon du monde » (La Marsilière, 5 novembre 4584). Les verbes sous-entendus donnent au style de la vivacité : « Un de nos amis se fût trouvé masqué sur la carrière, et en vue sa maîtresse (anonyme, 4 575). — Monsieur de Saint-Geniès, j'avais donné ordre à ce que vous m'avez mandé concernant les affaires de mon comté de Bigorre, et toutes commissions et dépêches faites à l'un des deux ; de plus, Rousseau prêt à partir pour y aller et s'y conduire suivant votre avis; quand j'ai reçu la lettre que m'avez écrite, qui m'a fait changer d'avis et révoquer tout » (Saint-Geniès, fin juillet 4577). Où remplaçait souvent lequel, qui est lourd ; il y était autorisé par l'exemple du latin ; il abrégeait et allégeait la phrase : « Ah ! les violentes

— ai7 —

épreuves par où l'on sonde ma cervelle » (Mme de Grammont, 8 mars 4588). — « Une lettre par où il mandait » (La même, 4 5 mars 4588), — < Il e6t maintenant à Agen avec toute l'artillerie, faisant semblant d'aller vers Sainte-Bazeille, où j'espère si bien pourvoir qu'il n'y gagnera la seconde fois pas plus qu'il n'a fait la première » (Saint-Geniès, commencement d'août 4580). La liberté plus grande des tournures n'était pas toujours défavorable. Elle permettait daccourcir la phrase : « Je serai très aise que vous traitiez avec eux que deux compagnies entreront en garnison à Béarnais, et les trois autres viendront près de moi » (Le Connétable, 47 mars 4 596). Il était légitime de dire : « J'aimerais mieux mourir que de manquer à rien que je vous aie promis » (Mme de Grammont, 44 juillet 4589) ; s'il est vrai que rien veut dire quelque chose. La conjonction que se prêtait à divers emplois et donnait de la brièveté : « J'ai pris Damasan sans perdre qu'un homme » (Mme de Grammont, 20 février 4588). — « Je lis tous les soirs votre lettre : si je l'aime, que dois-je faire celle d'où elle vient? » (La même, 21 octobre 4588.) — t Vous auriez pitié de moi, si me voyiez ; car je suis accablé d'affaires, que j'en succombe sous le faix » (La même, vers la fin de 4590 III e ). — «Us m'arrêtent encore demain, que je devais partir» (Gabrielle, 4 février 4595). Aujourd'hui on remplacerait ces que par des mots bien lourds : si ce n'est que, combien, au point que } jour où. Les verbes prenaient volontiers la forme impersonnelle : « Assurez-vous que je reconnaîtrai vos services à votre contentement, et qu'il vous regrettera

toute Votre tie de ce que Vdtte n'aurez paS été plus tôt ftiod serviteur (Dùplessis de Gosirtë*, 4?atril 4895). — Il est bien rédssi de là ré&oltitiôn que j'ai prisé stit ce fait» (Le Connétable, 2 septembre 4605). Poii^ quoi ne peut- on plus changer les infinitifs eh substantifs? L'inconvénient eût-il été biett grave? L'article suffisait bien pour ôter toute équivoque; et ces infinitifs ont souvent Une grâce qui aurait dû lefe sauver : fc Dieu bénisse mon retour côfrime il à fait te VëtiiiM (Mme de Grammont, 29 janvier II e 4990.) — Ah! que je fus affligé bief soif , quand je ne trouvai plus le sujet qui me faisait trouver le veiller si dotix! » (Gabrielle, 45 avril l ,e 4595.) Mettes à là plëce le* substaritifë : l'arrivée, la veillée, le sens n'est plds le même. Les mots ajournement, délai, fêtard, pôtir*raient-ils remplacer 1 infinitif différer dans celte pbrase : « Le différer accroît lès défiances * (Èellièvre, vers le commencement d'août 4881 V e .)

Un mérite qu'a le style de Henri IV, et qui restera dans les écrivains dû grand siècle, c'est qu'il préfète les mots les plus ordinaires, les plus simples, et ceux qui appartiennent au vieu* fonds de la langue;

Se servir du terme le plus ordinaire , quand ce terme n'est là que pour concourir au sons général, et n'a rien de remarquable à exprimer : Voilà un principe excellent. Ne blâme-t-on pas Utt peintre qui s'amuse à achever soigneusement les plus petits dé* tdils, iflAmô cédt qui n'ont aucune importance? Les écrivains qui veulent faire briller chaque mot de chaque phrasé fatiguent l'attention par des appels perpétuels : ils deviennent monotones ; et quand ils veu-

lent faire ressortir les endroits dignes de lumière, ilfc ne peuvent mettre de l'éclat sur de l'éclat. Mais celui qui ne fait valoir que ce qui a de la valeur, éveille à volonté l'attention, et le lecteur n'est frappé que de de qui doit le frapper. Il est difficile de trouver des mots plus simples que ètre s awir, faire : maib ils sont excellents dès qu'ils expriment suffisamment l'idée. Quelquefois il y a abus : a Je pense que vous aurez eu maître Hervé que je vous ai envoyé (Saint-Geniès, fin juillet 1585). — Si j'ai fait de bonne heure, je m 1 en retournerai demain même » (Marie de Médicis, 25 octobre 1601). Mais ailleurs ils sont les meilleur parce qu'ils sont les plus simples : ils sont forts sans attirer les yeux. Henri IV se contente souvent du verbe être avec une préposition , et l'on trouve beaucoup d'exemples de ce genre dans Molière : « Le diable est déchaîné; Dieu $era $ur tout; par conséquent mes affaires iront bien. — Le Turc a pris de força Âgrià : de quoi toute la chrétienté doit être bien fâchée; car il n'y a plus rien qui lui résiste jusques à Vienne^ qui ri est pas pour lui durer beaucoup (Le Connétable* 15 novembre 1596). — Voilà comme je me transforme en toutes vos volontés : ri est-ce pas pour èttè aimé? Aussi crois-jte que vous le faites » (Gabrteifô, 12 juillet III e 1595)* Le verbe faire « ce beau verbe si français , » dit M. Ampère* n'est pas moins Utile : Faire compte^ faire service $ faire un rendez-vom (tenir compte, rendre service, se donner un rendezvous) ; faire des gens de pied, faire des erïeuYs (lever des gens de pied, commettre des erreurs). « Mes troupes, lesquelles j'estime être assez fortes pour

faire un grand échec à Laverdin » (Mme de Grammont, 21 mars 4588). Faire pour quelqu'un est meilleur que £ intéresser à quelqu'un, terme un peu abstrait et peu expressif, tiré trop directement du latin, sans se déduire très logiquement du mot intéresse : « Je suis bien aise que vous ayez fait pour mes sujets de Riom (1) » (Matignon, commencement de mai 1585). On trouve aussi aimer, affectionner wtlz affaire, favoriser quelqu'un , tous mots qui valent mieux que s'intéresser. « Mon compère, affectionnez cette affaire autant que vous savez que je l'aime » (29 février 11 e 1596). Le mot faiseur, qui est de façon française, tient lieu du mot fabricant qui est de fabrication latine : « Je vous mènerai un faiseur d'artifices à feu • (Saint-Geniès, fin juillet 1585). Où Ton. mettrait aujourd'hui capitaliste, banquier, on mettait une jolie expression : un faiseur d'argent : « Béringhem est arrivé avec son faiseur d'argent » (Marie de Médicis, 19 octobre 11 e 1605). Voici d'autres mots très simples et excellents que, de notre temps , on aurait soin de changer : « Mme de la Châtre vous dira tout ce pays-là (Marie de Médicis, 26 octobre 1606). — La maladie commence à prendre parmi nos troupes (Mme de Grammont, 25 mai 1586). — J'ai entendu à l'échange qu'ils m'ont proposé (Henri 111, vers la mi-novembre 1581 I re ). — Je regarderai à pourvoir par autres moyens à la con-

(1) On a eu tort de corriger ainsi, dans les Lettres missives : « Je suis bien aise de ce que vous ayez fait... » Cette expression se retrouve ailleurs : « Je vous prie aussi faire pour Dupin » (5 avril 1589).

servation de nos autres biens (Saint-Geniès, 15 décembre 1585). — Le vent qui tire est tellement notre ennemi, que je ne puis envoyer en Angleterre ni avoir des nouvelles deHollande. — Le pauvre Saint-Luc s'est dénoué une jambe (Le Connétable, 17 mars 1596). — Ma femme se porte bien, et mon fils, Dieu merci. 11 est crû et rempli de moitié (Mlle d'Entragues, 6 octobre 1601). — Croyez ma fidélité être blanche» (Mme de Grammont, 17 juin 1586).

La puissance des mots simples paraît dans les verbes : le simple, d'ordinaire, est plus fort que le composé. Traîner est plus fort qu'entraîner, et a tirer de prison » est plus fort que « retirer de prison. » « M. le cardinal de Joyeuse entre, qui rompt notre propos» (Mlle dTntnigues, 6 octobre III e 4599). — «Les rencontres et accidents qu'une offense précipitée et non réparée tire après soi » (Le pape, 13 décembre 4604). Notre langue est si profondément analytique que la composition efface l'image ; et l'abus des composés est une cause d'amollissement de la langue aux dix-huitième et dix-neuvième siècles. 11 faut excepter pourtant le verbe s'en aller dans cette locution : « 11 s'en va faire... » qu'on disait à la place de : « Il va faire. » Chose singulière! nous avons rétabli le simple dans le seul verbe peut-être où le composé contenait l'image. Lorsque Henri IV écrit à Mme de Grammont : «Le pauvre Harambure est borgne et Florimont s'en va mourir » (4* r janvier 4589) ; qui voudrait substituer le simple et mettre : « Florimont va mourir? » Ce serait effacer d'un trait tout un sentiment, cette idée de départ, de séparation

irrémédiable, ce je nç sais quoi ç(e triste et de mélancolique qui rappelle le vers célèbrç :

Mais où sont les neiges d'qntan?

Nos vieux mots sont meilleurs que tous ceux dont l'origine est plus nouvelle. Enthousiasme a beaq s'établir dans notre langue; il est trop grec, et quoiqu'il s'efforce de fonder une famille autour de lui, enthousiasmer, enthousiaste ^ il a toujours l'air d'ua étranger naturalisé. Le mot applaudissement est de la langue de tous ; il a fait oublier son origine latine : « Vous êtes attendue ici avec le plus grand applaudissement du monde » (Marie de Médicis, 50 janvier 4601). Aussi fait-il image. Promptitudes est plus expressif que bizarreries : « C'a été la crainte que j'ai toujours eue de votre manque d'amour qui m'a rendu plus facile à y rapporter vos promptitudes » (Mlle d'Entragues, 49 octobre 4601). Allusion est trop latin; attaque est plus clair et plus vif: « Vous ne trouverez mauvais qu'à cœur ouvert je vous en dise les moyens, puisque, quelques attaques que je vous aie données assez découvertement, vous avez fait semblant de les point entendre ; ainsi l'ai-je jugé par les réponses » (Gabrielle , vers la fin de 1594 l re ).

Veut-on des mots bien simples et qui sont admirables, car ils sont les plus courts et les plus justes, c'est-à-dire les plus forts, et ils offrent une image vive et présente : « Votre soupçon tournait ; et vous pensiez que ce fût moi» (Mme de Grammont, 4 6r mars 4588). Il recommande à Sully de rembourser à Canisy les avances qu'il lui a faites, quoique

son enregistrée* 4ao& le* formes ordinaire , et \\ ajoute : * ke temps auquel elles ont été faites sert, d'e*cu$e, et les services appara issent » (25 mai l re 4605). rrr * Les marque* de poison sortirent sou,daia t (Mme de Granimout, 4" mar* 4588). — % Si les ennemis ne nous pressent après cette assemblée, je veux dérober un mqi& rç (La même, 24 octobre 4588). — « 11 s est moqué de sa parole » (Marie de Miédicis, 40 août J re 460Q), — « La force que vos yeux eurent sur uiQi vo^ sauva la moitié de mes plaintes» (Gabrielle, vers la fin de45941 re ).

Bien des phrases ont déjà l'accent ferme, précis et simple. En voici que je tire à dessein, ne pouvanttout citer, des lettres dejeunesse, quand Henri IV a moins lu et moins appris , et qu'il est plus éloigné de Malherbe : « Le fait de Marsillargues a troublé beaucoup de gens. Ce n'est pas pour parvenir au bien de la paix, laquelle beaucoup désirent par paroles; mais les effets sont contraires » (Dampville, vers le 7 mai 4578). — «Mon cousin, la paix a été accordée; je m'assure qu'en êtes bien aise. Je vous prie la faire effectuer en votre gouvernement , et préférer le repos public et l'amitié de vos plus chers parents et amis à quelque haine particulière. Ne faites donc point plaisir à vos ennemis en offensant vos amis » ( Le même, fin de mars 4579). — « Mon cousin, la perte que nous avons faite de feu Monseigneur est commune à plusieurs ; mais ce m'est un contentement particulier d'avoir su de vos nouvelles par le s r de Rochefort. Croyez que je n'ai ni ne veux avoir rien de si cher et si recommandé que la conjonction de

nos volontés. La mienne vous est acquise, et je tiens la vôtre assurée. Je trouverais la saison et ingrate et fâcheuse si elle me privait pour longtemps de Taise que je me propose en vous voyant. Il faut que je remédie à quelques affaires par deçà ; mais après , et selon ce qu'il plaira au roi me commander, j'espère m'approcber de chez vous, et vous témoigner de vive voix et par effets combien je suis, etc. • (Montpensier, vers le 27 septembre 4582). Ne sent-on pas que la bonne langue n'est pas loin ?

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