ACTE I
que votre main que j’ai aperçue tout à l’heure, le bout de votre pied... Oh! ne le cachez pas... votre regard, votre front, enfin tout ce que je vois k aimer en vous sans vous voir, tout ce que je reconnaîtrais de vous... de vous que je ne connais pas... (il s’assied auprès d’elle.) Vous êtes jeune, je vous dis que vous êtes jeune. Gardez votre masque : je sais que vous êtes belle... Et puis vous dites que vous êtes venue pour voir?... Non, tenez, je ne sais quoi me dit que vous êtes venue ici comme j’y suis venu moi-même... Votre cœur a battu comme le mien en montant l’escalier... Je ne sais rien de votre vie, mais vous pensiez, je vous le dis, à des émotions, à' des choses imprévues, à tout ce que fait attendre, espérer, imaginer le bal masqué!... Oh! vous ne l’avouerez pas, je sais bien ! Mais vous enfoncez vos lèvres dans votre bouquet de violettes pour ne pas me dire : Oui !
MADAME MARÉCHAL
Assez! monsieur, assez... je vous l’ordonne...
(Elle se lève.)
PALL, restant assis et s’avançant lentement vers elle, sur la banquette.
Je vous obéis, madame. C’est fini..,. Je ne vous reverrai plus... plus jamais! Demain, je ne serai plus rien pour vous... Moi, je n’oublierai pas... Et peut-être y aura-t-il un jour dans votre vie de femme, une heure vide, où votre pensée reviendra à cette nuit, et où vous
songerez à ce jeune homme qui vous apportait le dévoue ment de son premier amour !
Monsieur. . . voulez-vous me donner le bras. . . (Paul se
lève avec un mouvement de joie.) pour retrOUVCl* 1T1011 mari ?
(Ils vont pour sortir à gauche et passeut devant la loge de madame Maréchal. — La loge «'ouvre, et le monsieur en habit noir parait sur la porte.)