SCÈNE
MADAME MARÉCHAL, HENRIETTE, accouraut pur la porto de droite.
MADAME MARÉCHAL
Ah ! te voilà, paresseuse !
Oui, mère, c’est moi.
MADAME MARÉCHAL
Tu te lèves?
Non... J’ai été à la messe, ce matin.
Tous les jours alors?... Qu’est-ce que tu as donc à demander au bon Dieu, mon enfant, dans ce moment-ci ?
Mais... rien, mère.
MADAME MARÉCHAL
Que je t’aime plus, dis? (Elle l’embrasse: — Henriette s’assied. Madame Maréchal lui prend les mains.) MetS-toi là, tout près, que
je te sente... Cher ange! tiens, je suis si habituée à toi, que, quand tu n’es pas là, c’est une drôle de chose, il me semble que j’ai froid !... Et quand on pense que j’ai
désire un garçon! Je ne t’aurais pas... C’est moi qui ne changerais pas à présent, par exemple !
Mère !
MADAME MARÉCHAL
Tu aimes si bien quand tu aimes!... Tiens! quelquefois, quand j’y pense, tu me fais peur avec ces tendresses que tu as... Chère fille! c’est que c’est terrible, les natures comme la tienne... Tu n’es que cœur, affection, sensibilité... Tu vaux mieux que la vie : te le pardonnera-
t-elle?. .. (Kilo se lève. Henriette la suit.) Tu as VU ton pèl*C CC
matin ?
Non, maman. Je crois qu’il est allé à Paris.
MADAME MARÉCHAL
Au fait, ce monsieur, tu sais... je pense qu’il va pouvoir s’en aller... Il va nous débarrasser... Enfin on sera chez soi. Ça devait te manquer, ton piano.
(Elle se dirige vers la table, et va pour prendre sou métier de tapisserie.)
Àh !... il va déjà si bien. .. assez bien pour s’en aller?... J’en suis bien contente.
MADAME MARÉCHAL
Mais voilà quinze jours...
, HENRIETTE, avec uno expression de peur.
S'il était mort ici !