‹ Henriette Marechal drame en trois actes en prose precedee d'une histoire de la piece Edmond & Jules De GoncourtChapitre 59 sur 84 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

raour qui ne dérange rien de sa vie... qui ne prend rien de son cœur... qui ne veut rien d’elle que ce qu’elle donne à tout le inonde... De l’amour... qui n’est pas de l’amour ! (il s'appuie et se penche sur le canapé. 1 La regarder quand elle ne vous regarde pas, s’endormir avec une phrase qu’elle vous a dite, se tenir tout petit et tout content dans l’ombre de sa robe. . . et puis, un jour, une fois, un moment, dans une promenade, sentir la chaleur de son bras passé autour du vôtre... Mais on ne demande rien de plus ! La femme dit : C’est un enfant...

(l’nul est tout à fait derrière madame Maréchal qui détourne la tête.)

MADAME MARÉCHAL

Monsieur, restons-en là, je vous en prie, pour vous et pour moi...

Elle sc lève, et va vers le fond pour sortir.'

PAUL, l’arrêtant en sc mettant devant elle.

Ah! écoutez-moi encore un peu... Mais c’est impossible que je ne vous sois rien... 11 y a comme une main qui nous a poussés l’un vers l’autre.. . une fatalité, si vous voulez, je ne sais pas. . . Cette rencontre. . . ce coup d’épée qui me jette mourant à la porte de votre parc... moi ici, chez vous!... Oh! vous n’auriez pas le courage de me chasser !...

MADAME MARÉCHAL

Monsieur, au dîner, vous ne me verrez pas : je serai malade... Et je vous demande de ne jamais cherchera nie revoir... jamais, entendez-vous?

Oh! par grâce, pitié!... vous revoir!... si! vous

revoir! Oll ! restez! (U parle dans le dos de madame Maréchal qui fuit lentement vers la droite, devant le canapé.) Je Voudrais tant!...

Aujourd’hui!... rien qu’ aujourd’hui!... jusqu’à ce soir!.. . Encore un peu !... Oh ! vous serez bonne. .. Ce sont mes nuits de fièvre. .. voyez- vous... Je ne dormais pas... toujours la même idée... toujours vous... On devient fou... (Madame Maréchal se retourne ) Oh! pardon... je ne dirai plus cela... Ne me renvoyez pas, dites? Que je reste... oh! que je reste !... Madame. .. Madame. ..(il tombe sur le canapé. D'une voix qui s'éteînt.) Ah ! tenez, maintenant, je ne m’en irai pas... Je... je ne peux plus...

(H s’évanouit.)

Madame Maréchal le regarde, s’arrête, hésite, court à la sonnette de la cheminée, sonne, fait un geste d’impatience et d'angoisse, puis court à Paul évanoui, lui jette un baiser sur le front, recourt vers la sonnette, se retourne, aperçoit Paul soulevé sur le canapé et lui tendant les bras. Elle pousse un cri ot so cache la ligure dans ses mains.

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