SCENE I
Madame MARÉCHAL, assise sur le canapé à gauche; THÉPiÈSE, iï côté d'elle, debout, recousant un bouton à un gant.
MADAME MARECHAL
Quelle bavarde tu fais ! Allons! dépêche-toi...
THÉRÈSE
Un beau petit garçon comme ça ! Ecoutez donc, madame, ça aurait été dommage... Le médecin a bien dit: qu'il ne s'en était pas fallu de ça... Et les trois premières nuits encore, il n'allait pas bien fort... Il étouffait comme un poulet, figurez-vous ! Je ne faisais que le faire boire... Peut-on se battre si jeune, n'est-ce pas, madame?
MADAME MARÉCHAL
Yoilà bien la dixième fois que tu me ral)àclies tout ca...
THÉRÈSE
Tout de même, le voilà sur pied, à cette heure...
MADAME MARÉCHAL
Alors il va bientôt s"en aller, j'espère. C'est si g-ènant, un étranger, un homme dans une maison... a¥ec cela que la fenêtre de la chambre où on l'a mis donne sur le jardin... Je ne peux plus me promener de ce cùté-là... ma tille encore moins...
THÉRÈSE
Oh ! mon Dieu, madame, moi, je niV promènerais tout de même... Vous n'êtes pas mauvaise à voir...
MADAME MARÉCHAL
Eh bien 1 est-ce fait ?
THÉRÈSE, elle va ii gauche et range sur la table.
Au fait, vous savez, madame, je suis décidée pour ma robe... je la ferai montante, sans garniture, tout unie... C'est égal... voyez-vous, madame... si vous l'aviez vu comme moi, quand on l'a rapporté, au petit mur... Il était comme un linge...
MADAME MARÉCHAL
C'est ^I. Maréchal qui a eu cette bonne idée-là... Enfin !
THÉRÈSE
Mais il serait mort, madame... oh ! pour ça, oui, il serait mort avant qu'on no l'ait porté aux (^uatre-Chemins, à l'auberge.
MADAME MARÉCHAL
As-tu entendu dire pourquoi il s'est battu ?