‹ Henriette MaréchalChapitre 28 sur 95 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Madame MARÉCHAL, assise sur le canapé à gauche; THÉPiÈSE, iï côté d'elle, debout, recousant un bouton à un gant.

MADAME MARECHAL

Quelle bavarde tu fais ! Allons! dépêche-toi...

THÉRÈSE

Un beau petit garçon comme ça ! Ecoutez donc, madame, ça aurait été dommage... Le médecin a bien dit: qu'il ne s'en était pas fallu de ça... Et les trois premières nuits encore, il n'allait pas bien fort... Il étouffait comme un poulet, figurez-vous ! Je ne faisais que le faire boire... Peut-on se battre si jeune, n'est-ce pas, madame?

MADAME MARÉCHAL

Yoilà bien la dixième fois que tu me ral)àclies tout ca...

THÉRÈSE

Tout de même, le voilà sur pied, à cette heure...

MADAME MARÉCHAL

Alors il va bientôt s"en aller, j'espère. C'est si g-ènant, un étranger, un homme dans une maison... a¥ec cela que la fenêtre de la chambre où on l'a mis donne sur le jardin... Je ne peux plus me promener de ce cùté-là... ma tille encore moins...

THÉRÈSE

Oh ! mon Dieu, madame, moi, je niV promènerais tout de même... Vous n'êtes pas mauvaise à voir...

MADAME MARÉCHAL

Eh bien 1 est-ce fait ?

THÉRÈSE, elle va ii gauche et range sur la table.

Au fait, vous savez, madame, je suis décidée pour ma robe... je la ferai montante, sans garniture, tout unie... C'est égal... voyez-vous, madame... si vous l'aviez vu comme moi, quand on l'a rapporté, au petit mur... Il était comme un linge...

MADAME MARÉCHAL

C'est ^I. Maréchal qui a eu cette bonne idée-là... Enfin !

THÉRÈSE

Mais il serait mort, madame... oh ! pour ça, oui, il serait mort avant qu'on no l'ait porté aux (^uatre-Chemins, à l'auberge.

MADAME MARÉCHAL

As-tu entendu dire pourquoi il s'est battu ?

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