‹ Henriette MaréchalChapitre 61 sur 95 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

menait dans le monde le soir... Il se couchait à trois heures du matin, il se levait à cinq heures... C'est lui que je plains, moi...

MADAME MARÉCHAL

Henriette n'est donc pas revenue avec toi'?

M. MARÉCHAL

Non. Nous avons rencontré madame do Noisy et sa fille. Elles vont te la ramener.

MADAME MARÉCHAL

Je pense à cette pauvre femme... C'est horrible... Il faut être si sûr !

M. MARÉCHAL

Sûr? Et que veux-tu de plus? Tu n'as donc pas lu? Il l'a surprise, la nuit, dans sa chambre, une nuit où elle le croyait absent...

MADAME MARÉCHAL

Ah! oui... elle le croyait absent... oui...

M. MARÉCHAL

C'est toujours comme cela que cela arrive, du reste.

MADAME MARÉCHAL

Où as-tu rencontré ces dames de Nois}'?

(Elle se lève.)

M. MARÉCHAL

Elles étaient à la porte du bijoutier. Jl s'assied.) Savez- ,vous, ma chère amie, quelque chose qui me trotte dans la tête depuis quelque temps? Est-ce que vous ne trouvez pas que notre Henriette a souvent maintenant un air triste, préoccupé?... Elle a toujours été un peu se-

rieuse, je sais bien... mais voilà plusieurs fois (|ue je remarque...

MADAME MAKÉCHAL.

'Elle remonte La scène.'

M. MARÉCHAL

Oui, Henriette... C'est que ce n"est plus un enfant que notre fille. H faut bien nous mettre cela dans l'idée... Et elle aurait un petit sentiment, que cane m'étonnerait pas du tout. Alors vous ne vous êtes pas aperçue?

MADAME MARÉCHAL

Hein? Moi... non.

M. ]\IARKCHAL, reprenant son journal.

Je vous dis cela, c'est une idée. Vous savez, on sent ces choses-là... Ohl je ne lui en voudrais pas. Nous ne pouvons pas toujours, nous autres pères, prendre toute la place dans le cœur de nos enfants, il faut être juste.

MADAME MARÉCHAL, .allant h la cheminée.

î^ans doute... oui, sans doute.

M. MARÉCHAL

Tiens! si tu lui en parlais? Je voudrais que tu lui en parles... Tu verrais...

MADAME MARÉCHAL

Bien, mon ami, bien... oui... oui... Est-ce que vous avez vu ce bateau qui est échoué sur la plage? Ces pauvres g'ens font leur quête ce soir...

M. MARÉCHAL

Olil je connais ça : ici, c'est un métier de s'échouer.

Vn «iloiieo".

Page 1