‹ Henry ArnauldChapitre 157 sur 267 · Grandet, t. II, p · texte numérisé non relu

Grandet, t. II, p

Le coup était rude, en effet, pour le prélat*. Cependant, la joie des amis du maître-école n'était pas encore complète, car le roi ordonnait aux uns et aux autres l'envoi de mémoires contradictoires au secrétaire d'Etat Châteauneuf.

Les disputes universitaires étaient d'ailleurs bien loin d'être assoupies. Durant le rectorat de Boulay, La Barre, qui dirigeait seul en réalité les Facultés, se fit approuver par elles le 28 juin^; mais ce jour même les fonctions de Boulay expirèrent et François de Roye^ prit sa place. Le parti de l'évêque s'en trouva singulièrement fortifié; les autorités civiles semblèrent fléchir; le syndic, Guy Arthaud, l'auteur du Journal^ ayant osé se plaindre au lieutenant général que l'assemblée du 23 juin avait été « subreptice », obtint « permission d'informer^ ». Roye ayant déposé dans le sens d'Arthaud, c'est-à-dire de l'évêque, Babin, le procureur général de l'Université, en conçut un très vif ressentiment et somma le recteur de convoquer en assemblée les Facultés : celui-ci s'y refusa. La Barre, Voisin et Babin, fort en colère, se rendent le 4 juillet, accom-

1. Il le fut aussi pour tous les jansénistes, car il fut suivi d'un renouveau de sévérité à leur égard dans la collation des bénéfices {Nimi^iatura di Francia, no 154*). L'impression produite chez eux par cet arrêt de Ninove fut profonde et durable: on en parlait encore beaucoup au xviiie siècle. Cf. la lettre pastorale de Colbert, évêque de Montpellier, de 1724, ap. [Guilbert], Mém. hist. et chronoL, t. II, p. 89, et le mandement de Bissy, évêque de Meaux, sur le jansénisme (cf. p. 409 des Lettres théologiques); la préface du P. Quesnel au livre déjà cité de Varet sur la paix de Clément IX (p. V et CLx), etc.

3. F. de Roye (1617-1686), jurisconsulte assez célèbre. L'un de ses livres fut condamné par le Saint-Office en 1684 pour y avoir enseigné la supériorité du concile général sur le pape (cf. une lettre du cardinal d'Estrées au roi du 27 janvier 1Ô84 : Rome 289, p. 341- 349; ap. Michaud, Louis XIV et Innocent XI, t. IV, p. 116). Il avait dédié un de ses ouvrages à Henry Arnauld en i656 (C. Port, Dictionnaire, t. III, p. 32o).

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