‹ Henry ArnauldChapitre 179 sur 267 · Batterel, t. IV, p. 121; Grandet, t. I, p. 383 et suiv · texte numérisé non relu

Batterel, t. IV, p. 121; Grandet, t. I, p. 383 et suiv

3. Ceci et plusieurs des faits qui suivent sont tirés de la lettre de Châteauneuf, du 5 janvier 1675, à Henry Arnauld (signature autographe) : AfT. étr., France 1483, fol. 379.

4. Grandet insinue, bien entendu, p. 393-394, que cette enquête a été conduite par Henry Arnauld avec la plus grande duplicité.

5. Châteauneuf dit que c'est lui-même qui rendit les pièces au roi (lettre du 5 janvier 1675 : France 1483, fol. 379). Ce n'est donc pas Pomponne, comme l'avance Joseph Grandet (p. 396).

assistants de sa compagnie, suivant la parolle qu'ils ont donnée au Roy qu'aucun des leurs ne pourroit soustenir des thèzes que par leur permission par escrit; ce qui faici, Monsieur, qu'il fault malheureusement pour luy qu'il serve d'exemple pour les autres. »

Henry Arnauld n'était pas habitué à tant de modération : malgré les apparences, cette lettre met dans leur tort les adversaires de l'évêque, si elle ne lui donne pas une entière satisfaction.

Il n'était plus possible que le Père Martin continuât à enseigner à Saumur par suite du tumulte excité par lui. Mais les sanctions sévères auxquelles on pouvait s'attendre ne furent pas prises; il y a interdiction de séjour à Saumur, mais pas exil ni défense d'enseigner dans tout le royaume. Grandet, d'ailleurs, se refuse à croire à l'existence de cette lettre de Ghâteauneuf, dont il a seulement entendu parler, et il la nie avec une certitude pleine de commisération pour les naïfs qui peuvent se laisser prendre aux grossières manœuvres de ceux qui en affirment la réalité ^

En même temps, Harlay écrivait, le 18 janvier 1675^, à Henry Arnauld, en réponse à une lettre que lui avait

1. Il importe de citer le passage de Grandet à côté de la lettre de Ghâteauneuf, dont nous avons donné des extraits, pour montrer une fois de plus combien cet auteur est sujet à caution : « ... ils (les Oratoriens) firent courir le bruit que M. de Ghâteauneuf, secrétaire d'État, avoit mandé à M. d'Angers que le P. Martin étoit justifié auprès de S. M., mais qu'il demeureroit toujours interdit, non pas à cause de la mauvaise doctrine de ses thèses, mais parce qu'il avoit manqué de civilité et d'obéissance au Père général, ne les luy ayant point envoyées à examiner avant que de les faire soutenir, suivant l'ordre de la congrégation. Comme cette raison étoit faible, le public ne la crut point » (Grandet, t. I, p. 396-397). Qualifier de raison faible un fait est très amusant. D'ailleurs, il faut ajouter qu'il n'a jamais été question d'interdire Martin.

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