Ci-dessus, p. 36o
2. Cette lettre ne peut se dater avec précision. Elle se place entre
justification que mon cœur n'est point du tout coupable, et en vérité, si vous pouviez comprendre quels sont mes embarras continuels et sans aucune relasche, non seulement cella me serviroit d'excuse, mais je vous ferois une extresme compassion.
Ne vous attendez pas à 900' à me faire sçavoir de nouvelles de vostre désert, car je n'en sçauray point par luy.
Je loue Dieu de ce qu'il paroist un peu d'amendement dans la maladie de M^'<^ de Vertus. Asseurez-la bien que personne au monde n'a pour elle plus d'estime, de tendresse et d'amitié que j'en ay et que si mes prières sont exaucées j'auray bientost la joye d'apprendre sa guérison.
Ce que vous me dittes, ma très chère nièce, sur la dot de la sœur Duvalois- m'a rempli le cœur d'une très sensible consolation, voyant les saintes dispositions dans lesquelles Dieu a mis vostre communauté sur cella; mais, d'un autre costé, il est pénétré de douleur de voir combien presque toutes mes filles sont esloignées -de cette perfection, l'esprit d'avarice ayant jette parmy elles de si profondes racines que je ne puis venir à bout de les déraciner. Je leur parle néantmoins sans cesse sur cela, ce me semble avec bien de la force; mais, si quelque chose est capable d'amollir la dureté de leurs cœurs, ce sera ce que vous me dittes sur cella, dont je me serviray bien, s'il plaist à Dieu^.
Je salue la mère abbesse et me recommande aux prières de la communauté.
Je loue Dieu de la guérison de ma filleule^
(Autogr.j ms. fr. 19734, fol. 44-45.)
1669, fin de la persécution à laquelle il n'est fait aucune allusion, et 1678, date de l'abbatiat d'Angélique (il est fait mention de l'abbesse à la fin de la lettre). Peut-être pourrait-on proposer 1675 ou 1676, dates qui répondraient bien aux « embarras continuels » dont il se plaint.