TRAITEMENT
Le traitement n'offre rien de particulier durant la première période; on ne peut que combattre les phénomènes d'infection pneumococcique. |
Dès que la gangrène est diagnostiquée, quels moyens faut-il mettre en œuvre, doit-on s’adresser à la chirurgie, ou faut-il se contenter du traitement médical? Ce point a été beaucoup discuté. Dans le cas du D" Szezypiorski, nous voyons que la pleurotomie fut pratiquée, d’ailleurs sans succès, puisque lemalade mourut quelques jours après. Ce cas fut rapporté par M. Lejars à la Sociétéde Chirurgie de Paris en 1903, et fut l’objet d’une longue discussion de MM. Lejars, Tuffier, Bazy et Monod.
De cette discussion, ainsi que de l’avis de la plupart des médecins, on peut conclure que l’intervention dans certains cas est indiquée: c’est quand le foyer de gangrène est unique, superficiel et assez restreint, on fait dans ce cas la pleurotomie, suivie de l’évacuation de la cavité, et du drainage. Nous n’avons connaissance
que de deux exemples d'interventions dans des cas de
grènes post-pneumoniques ; les malades ne semblent pas en avoir retiré un grand bénéfice puisqu'ils moururent tous les deux peu de jours après.
Toutes les fois qu’on hésitera sur le siège exact du foyer de gangrène ou qu’on soupçonnera un sphacèle très étendu ou disséminé dans une grande partie du poumon, c’est donc au traitement médical qu’il faudra s’adresser. Celui-ci consistera à soutenir les forces du malade, au moyen de toniques, de quinquina, d’alcool, d’acétate d’ammoniaque, de thé, de café, d’éther; à combattre la toux, la douleur, la fièvre, la dyspnée. On fera l’antisepsie des voies respiratoires à l’aide de la créosote, des balsamiques, de l’eucalyptus, du gaïacol. L’essence de térébenthine dont nous avons déjà parlé au sujet de sa valeur pronostique, constitue encore un des meilleurs agents de traitement de la gangrène pulmonaire à la dose de 1 à 4 grammes par jour.
On s’adressera enfin et surtout à l’hyposulfite de soude, préconisé dès 1882 par Lancereaux auquel nous empruntons les lignes suivantes : « Nous administrons ce médicament à la dose journalière de 3 à 6 grammes, dans une potion contenant en outre 30 à 40 grammes de sirop d’eucalyptus. Il est des cas où l’hyposulfite de soude pris par la bouche, provoque la diarrhée ; nous le donnons alors en lavement à la dose de 10à15 grammes dans 100 grammes d’eau, associé au laudanum (X à XV gouttes).» Et Lancereaux ajoute qu’il obtint la guérison dans un cas rebelle, par l'emploi de l’hyposulfite à haute dose, à la fois par la bouche (4 grammes) et par
le rectum (2 lavements par jour,de 10 grammes chacun).