‹ Hérédité Syphilitique Et EczémaChapitre 16 sur 23 · OP RE · texte numérisé non relu

OP RE

Je commence un traitement par des injections de cacodylate de soude à hautes doses ({ gr. chacune) espacées sur six semaines ; en même temps, { centigr. de calomel par jour, par voie buccale. Le résultat est très bon et l'eczéma rétrocède.

Les parents croient l'enfant guéri et ne font aucun autre traitement malgré mon avis. |

En mai 1920, nouvelle poussée généralisée : elle est à peine modifiée cette fois par le cacodylate donné aux mêmes doses que l'année précédente ; l'enfant va au bord de la mer, eczéma persiste pendant les mois de mai, juin, juillet, août.

En septembre 1920, je lui fais prendre de l'hectine, de la liqueur de Van Swieten et quelques frictions mercurielles : l'eczéma rétrocède et l'enfant part dans le Midi où il continue son traitement.

Toute l'année 1921 se passe sans eczéma : l'enfant prend de temps en temps des pilules d'hectine et de la liqueur de Van Swieten.

En janvier 1922, poussée légère qui ne cède ni à l'hectine seule, ni au cacodylate qu'un médecin de Nice veut essayer de nouveau. La liqueur de Van Swieten, conseillée par lettre, arrête la poussée.

En juin 1922, je revois l'enfant : je constate un peu de rougeur au niveau de la région génitale et des aines qui suintent légèrement ; l'état général est transformé : cet enfant s'est considérablement développé physiquement et moralement. Les lésions résistent à l'hectine et à la liqueur de Van Swieten. Je lui prescris plusieurs cures de calomel et de novarsénobenzol associés, tous deux administrés par voie buccale, et en février 1928, j'apprends que toutes les lésions ont disparu depuis le début de ce traitement et que jamais l'enfant n'a été aussi bien.

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Obs. 2. — Il s'agit d’une jeune femme dont le père a eu la syphilis avant son mariage. À part l'entérite dont elle a souffert pendant plusieurs années, elle présente une excellente santé sans aucun stigmate de syphilis héréditaire ; son sang, examiné par trois techniques (Bordet-Wassermann, Hecht, Desmoulières), est négatif.

De janvier à octobre 1922, elle présente de l'eczéma qui débute au cuir chevelu, s'étend à la nuque, aux fesses, aux cuisses, aux bras et résiste à divers traitements. En octobre, cet eczéma se complique de prurigo et d'urticaire.Je la vois à ce moment et lui preseris une cure mixte, par voie buccale, de calomel et de novarsénobenzol ; très rapidement, la poussée diminue d'intensité. Je revois la malade en février 1923 : l'eczéma a complètement disparu et je conseille, à la place du calomel qui a donné de la diarrhée, un peu de liqueur de Van Swieten.

Obs. 3. — Le grand-père contracte, avant son ‘mariage ,la syphilis et meurt à 50 ans d'hémiplégie droite ayant débuté dix ans auparavant : il a été soigné par un de mes collègues etami qui m'a confirmé le renseignement. Ce grand-père a eu 4 enfants : sur deux d’entre eux, je n'ai aucun renseignement ; le troisièmeest un dégénéré présentant des stigmates de syphilis héréditaire; la quatrième est également une dégénérée mentale, déséquilibrée qui a donné naissance à deux enfants : un fils âgé de 13 ans maintenant qui a été atteint d’entérite et d’urticaire jusqu'à l'âge de 7 ans et est très retardataire dans son développement physique ; l'autre enfant, âgée de 9 ans, m'est adressée pour de l'eczéma des jambes et de la face qui survient par poussées depuis trois ans et a résisté à tous traitements. Elle présente quelques stigmates d'hérédité spécifique : front bombé, incisives médianes supérieures écartées et déformées, les fontanelles se sont soudées très tard. J'apprends que cette enfant, depuis sa naissance, a eu de l'urticaire qui disparut à l’âge de 6 ans

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pour ètre remplacé par de l'eczéma rebelle à tout traitement et même à deux saisons de la Bourboule. Un traitement par le calomel et le novarsénobenzol, par voie buccale, améliore immédiatement la malade,

Obs. 4. — La grand'mèré maternelle de l'enfant actuel est morte de paralysie générale à Cherbourg, quelques années après la naissance de sa fille ; il est done vraisemblable qu'elle avait déjà la syphilis au moment de sa naissance. Cette fille est âgée de 45 ans, ne présente aucun stigmate de syphilis héréditaire ; son sang donne une réaction faiblement positive avec les techniques de Bordet-Wassermann et de Hecht, nettement positive avec celle de Desmoulières ; son fils, âgé de 13 ans, présente des bosses frontales très nettement développées, des incisives médianes supérieures très écartées et en forme de palettes ; les réactions du sang sont négatives en Bordet-Wassermann et Hecht et presque négatives en Desmoulières. Il est en outre pâle, fatigué. Depuis deux ans, il présente de l’eczéma des deux creux poplités survenant par poussées de plus en plus fortes ; un traitement par voie buccale au calomel et au novarsénobenzol l'améliore rapidement et tout finit par disparaître après plusieurs séries de cures.

Obs. 5. — Le grand-père maternel du malade est mort à “5 ans de congestion cérébrale et d'albuminurie ; ila eu 5 enfants ; 2 sont morts très jeunes de convulsions et 1 est mort à 40 ans d'albuminurie ; le quatrième de ces enfants est la mère du malade ; elle a eu 3 enfants : 1 fille âgée de 15 ans qui, depuis l'âge de 13 ans, a de l’urticaire, 1 garcon âgé de {1 ans qui a déjà eu 2 poussées d'eczéma, { garçon de 18 ans qui, jusqu'à l’âge de 8 mois, a eu de l'eczéma de la face, rien de 18 mois à 15 ans, puis a été repris, depuis 3 ans, tous les hivers, d'eczéma du front, de la face et des mains. C'est un grand garçon bien développé, ne présentant aucun stigmate de syphilis héréditaire& les réactions de son sang donnent:

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Bordet-Wassermann négatif ; Hecht: légèrement positif ; Desmoulières : positif. Le traitement par le calomel et le novarsénobenzol, par voie buccale, l'améliorèrent ainsi que sa sœur qui est atteinte d'urticaire.

Obs. 6. — Le grand-père maternel est mort d'angine de poitrine ; la mère est morte de tuberculose pulmonaire, deux ans et demi après la naissance de notre malade. Elle est âgée de 20 ans et depuis sa naissance a toujours eu des poussées d'eczéma alternant avec des crises d'asthme : elle supporte très mal différents médicaments tels que l’aspirine, le pyramidon, l'iode, l'arsenic qui lui ont été donnés pour enrayer les poussées d'asthme. Depuis deux ans, elle présente de l'albumine à type orthostatique.

Lorsque je la vis en novembre 1922, elle présentait une poussée d'eczéma très prurigineux siégeant sur la face, le cou, la poitrine et les bras, de la migraine coïncidant avec cette poussée. Sous l'influence de calomel et d'hyposulfite de soude par voie buccale, la poussée cesse rapidement et, après deux séries de traitement de vingt jours chacune, l'eczéma a rétrocédé complètement ; l’état général est bien meilleur, la malade à engraissé de 2 kilogs ; il persiste encore un peu d’albumine dans l'urine du soir.

La malade a depuis continué son traitement ; elle est parvenue à tolérer l'arsenic sous forme de novarsénobenzol donné par voie buccale. Cet hiver, elle est allée à Cannes et pour la première fois, elle n'y a plus eu de crises d'asthme. Je l'ai revue dernièrement, elle est en excellent état ; l’eczéma n'a pas reparu depuis plus de six mois et l'asthme ne s'est pas manifesté à Cannes comme d'habitude.

Obs. 7 (personnelle).

Madame D..., le 6 juillet 1923, nous amène ses deux enfants Jacques D....., âgé de 2 ans 1/2, et Simone D....., âgée de Tan,

ses POV:

qui présentent tous les deux des lésions cutanées du type eczéma.

Antécédents personnels. — Jacques D..., 2 ans 1/2, est né à terme. Depuis l'âge de 2 mois jusqu'à maintenant il a présenté des poussées récidivantes d'eczéma vésiculeux et suintant de la face, Ces poussées sont d'ailleurs beaucoup moins violentes maintenant, et la peau de la face présente surtout un aspect rugueux et squameux, plus qu'un érythème actuellement très atténué.

L'enfant n'a jamais eu de convulsions. Son front est considérablement bombé, particulièrement élargi, la plupart des dents sont (à 2 ans et 1/2) précocement et profondément gâtées. À côté de deux incisives médianes normales, deux petites incisives latérales minuscules.

Simone D... 1 an, est née à terme. Nourrie au sein jusqu à l’âge de 11 mois, elle n'a jamais eu de convulsions, et malgré une alimentation particulièrement déréglée, n'a jamais présenté de troubles intestinaux. Mais depuis l'âge de 8 mois, elle présente un eczéma vésiculeux et érythémateux de la face et des avant-bras extrêmement prurigineux, un état général peu satisfaisant.

Antécédents héréditaires. — Le père Monsieur D..., 31 ans, bien portant, ne présente comme antécédents pathologiques qu'une scarlatine.

La mère, Mme D..., mariée depuis 3 ans 1/2.

Pas de fausses-couches.

Actuellement bien portante, mais a augmenté de 20 kilos en deux ans, après la naissance de Jacques.

Dans son enfance : eczéma infantile jusqu'à 4 ans 1/2,puis poussées d'asthme infantile, actuellement petites poussées vésiculeuses et rouges des doigts, très prurigineuses, du type eczéma.

Les grands-parents maternels : Le père 60 ans. La mère 60 ans, myocardite chronique ; 3 enfants dont deux ont de l'eczéma. Les grands-parents paternels : rien,

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