ACTE II, SCENE I
MADAME BLAYEAU.
Ce que j'avais pensé ?
PAULINE
Oui.
Oh! rien.
Encore ?
MADAME BLAVEAU, PAULINE.
MADAME BLAVEAU.
Ne m'interrogez pas.
PAULINE
Si, je vous en prie.
MADAME BLAVEAU.
Eh bien.., puisque vous le voulez.., j'avais pensé que ce jeune homme... vous aimait.
PAULINE
Eh oui! il m'aime ; je viens de vous le dire tout-àl'heure.
MADAME BLAVEAU.
Entendons-nous..: qu'il vous aimait... d'amour.
PAULINE
Ah , mon Dieu ! ah mon Dieu ! est-ce que cela se peut? lui qui est un de nos témoins !
MADAME BLAVEAU.
Et que par conséquent votre mariage le chagrinait.
PAULINE
Oh! que je le plaindrais ! Mais non.., jamais un seul mot de lui...
MADAME BLAVEAU
Sa discrétion.., sa modestie.., et d'ailleurs son peu de fortune comparé à la richesse de notre cher oncle.. .
PAULINE
Oh! la fortune!... elle m'est bien indifférente..., et à lui aussi... j mais ses devoirs envers son tuteur, et puis son amour pour son art ! ou je me trompe bien , ou monsieur Eugène n'a d'amour que pour la gravure.
3o HERITAGE ET MARIAGE ,
MADAME BLAVEAU.
Vous croyez ? ( à part. ) Est-elle simple ! ( haut. ) Vous avez raison..; ce qu'il y a Je singulier, c'est que je ne suis pas la seule personne à qui cette idée soit venue.
PAULINE
Comment?
MADAME BLAVEAU.
Elle est venue aussi à mon mari ; il vient de me le dire.
PAULINE
Quoi! monsieur Blaveau croirait! j'en suis toute saisie... Pauvre jeune homme! si cela est vrai.., il me fait bien de la peine.
MADAME BLAVEAU.
C'est qu'au premier abord, il semblerait bien plus naturel que ce fût monsieur Eugène qui eût touché votre cœur.., car enfin, de l'autre côté, il y a une si grande différence d'âge...
PAULINE
Assez, assez, Madame! n'allez pas plus loin..; et, je vous en prie , ne parlez à personne de vos soupçons..; je n'y crois pas, je ne veux pas y croire. Voilà monsieur Blaveau! je vous laisse..: pardon! je suis si troublée» . . Oh ! non , c'est impossible ! ce pauvre monsieur Eugène ! Elle sort.