ACTE ÏI, SCENE VIII
DACBONNE.
C'est bien de leur part... ; et puisqu'ils ont promis... , puisqu'ils sont bien décidés...
DUBOURG
Ils ont promis, oui... , mais est-on toujours maître de tenir ce qu'on promet ?
DAUBONNE.
Quand on a de l'honneur et du caractère...
DUBOURG
Ah! mon ami! c'est bien triste... , c'est bien cruel à dire... , mais quand l'amour parle , que peuvent l'honneur et le caractère? on n'a pas l'intention de succomber..., et l'on succombe! Moi, qui te parle, je n'avais jamais l'intention de tromper madame Dubourg, et pourtant..., Dieu sait!... j'ai été un fier mauvais sujet.
DAUBONKE.
Mais elle... , elle ne te trompait pas.
DUBOURG
Non , mais elle ! . . . c'était une femme ! . . . madame l)ubourg ! . . , il n'y en a pas deux comme elle ! et encore quelquefois, malgré mon mérite et sa vertu... , j'ai eu des craintes ! Mais enfin nous étions du même âge ! . . Bref! je trompais ma femme... , et toi..., ce serait ta femme qui...
DATJBONEE.
Monsieur Dubourg , vous êtes bien dur dans vos propos ... : Pauline est trop bien élevée . . .
DUBOURG
Ah, oui! les filles bien élevées...
DAUBONïsE.
Vous insultez à la fois ma future , mon pupille et moi.
DUBOURG, s' animant.
Je nïnsulte personne..., je connais le cœur humain. . . , rien ne m'échappe. . . , et si tu te maries , j'ai dans Tidée que... Au reste, tu es bien le maitre... , il y a beaucoup de gens qui n'en sont pas moins fort contens, fort paisibles... 5 sois content, sois paisible, mon ami , je ne m'y oppose pas.
DAUBONNE, très-virement.
Parlons de sang-froid , mon cher Dubourg ; qu'importe Page que je puis avoir!
Que tu as.
DAUBONNE.
Eh bien, oui, que j'ai. Le cœur est jeune... la tète est jeune.. j quant à Pauline , son amitié pour moi me répond de sa vertu 5 sa vertu me répond de son amour. . , et... , voyons , que me conseilles-tu?
DUBOURG
Ce que je te conseille?... ma foi, je te conseille... , c'est fort embarrassant.