ACTE III, SCENE VII
DUBOURG
Et madame Blaveau jouait le même rôle auprès de Pauline ; cela se conçoit..., c'était un complot. En t'accablant de protestations d'amitié et de désintéressement..., ils cherchaient à rompre ton mariage... pour se conserver ton héritage.
DAUBONNE.
Oh î les traîtres ! mais c'est toi..., c'est toi-même qui es venu me dire...
Eh bien oui! c'est moi.. 5 veux-tu que je te parle franchement? j'étais leur dupe! non, leur complice... involontaire ! ils avaient eu l'adresse de me faire conspirer malgré moi 5 mais... halte-là! le sage peut s'égarer, mais il se retrouve toujours..., et maintenant, je regarde comme un devoir de dénoncer la conspiration dans laquelle je trempais.
DAUBONNE.
Les perfides ! après toutes mes bontés pour eux ! je ne saurais croire...
DUBOURG
Tu douterais encore ? mais c'est pour cela qu'Eugène en veut tant à Blaveau.
DAUBONNE.
Il en veut à Blaveau ?
DUBOURG
Parbleu ! quand il nj aurait que cette provocation de duel.
DAUBONNE.
Mon neveu a provoqué mon pupille ?
DUBOURG
Point du tout ! c'est le pupille qui a provoqué le neveu. Ah! mon Dieu! cela m'est échappé... Nous
étions convenus de n'en point parler ; mais , au reste , sois sans inquiétude...' tout s'est arrangé : j'étais là , et puis monsieur Blaveau ne se souciait pas beaucoup de se battre.
Je le crois bien ! il aime mieux intriguer sourdement! Je m'en vengerai... Allons, allons, me voilà décidé à me marier! oui..., quand ce ne serait que pour les faire enrager.
DUBOURG
Tu as raison : quand ce ne serait que pour les faire enrager.' ce sera un mariage de vengeance.
DAUBONNE.
Oui, de vengeance!... Un moment...: si, pour le plaisir de punir des méchans , j'allais faire le malheur des autres et le mien!.. Mon cher Dubourg, je suis fort irrité contre Eugène : n'importe! je veux causer avec lui..., je veux voir Pauline.
dubourg.
Précisément , Eugène m'a chargé de te demander un entretien particulier. Il attend dans le premier salon.
DAUBONNE.
Eh ! que ne le disais -tu donc ! car vraiment tu
te mêles de tout , et tu ne fais rien de bon.
DUBOURG
Quelle injustice ! voilà bien les amis ! Entrez , entrez, jeune homme. Mon cher Daubonne, point de colère, point d'éclat* je te réponds que notre cher artiste est plus malheureux que coupable.
DAUBONNE.
Je sais comment je dois me conduire. Ah ! ils veulent mon héritage !