SCÈNE IX
DAUBONNE , EUGÈNE.
DAUBONNE.
Voyons , Monsieur , qu'avez-vous à me dire ?
EUGÈNE
Monsieur. .. , mon cher tuteur , je nie trouve un peu interdit... ; vous paraissez fâché contre moi.
DAUBONNE.
Que savez-vous si c'est contre vous? allons, remettez-vous... et parlez.
EUGENE
Eh bien, mon cher tuteur, je vous dois tout... : mon éducation, la conservation de ma modique fortune , mes premiers succès ! Je ne suis point ingrat , Monsieur , je ne le serai jamais.
DAUBONNE , d'une voix émue.
Je veux le croire... , je le crois... , mais au fait, je vous en prie.
Il est donc tout simple que je ne me permette au-
cune démarche , aucune action importante , sans votre aveu. . . Depuis ce matin , je suis poursuivi d'une idée...
DAUBONNE.
D'une idée ! quelle idée ?
EUGÈNE
Madame Frémin à bien voulu me choisir pour être un des témoins du mariage de mademoiselle Pauline... , c'est un honneur auquel j'ai été bien sensible.
DAUBONNE.
Eh bien ! est-ce que vous voudriez le refuser , cet honneur ?
EUGÈNE
Au contraire, je m'en fais un devoir... , un devoir que je remplirai avec plaisir j oui , mon cher tuteur... , avec un vrai plaisir. . . ; mais. . .
DAUBONNE.
Mais!...
EUGÈNE
Je voudrais quitter Paris le plus tôt possible , après votre mariage.
DAUBONNE.
Comment ! quitter Paris ?
Je voudrais retourner en Italie. Je sens qu'un second voyage dans ce pays des beaux-arts ne peut que m'être fort utile. J'ai encore besoin de voir et d'étudier les grands modèles.
DAUBONNE.
Et vous partiriez sans avoir achevé votre belle planche ?
EUGÈNE
Oui , j'interromps tout, je veux tout interrompre.
DAUBONNE.
Hier encore vous en étiez si content !