SCENE X
Les mêmes, MADAME FRÉMIN, PAULINE,
puis DUBOURG.
MADAME frémis.
Que vient-on de nous apprendre ? un duel ! un duel !
PAULINE
Monsieur Eugène se battre avec monsieur Blaveau ? Ah! le voilà.
DAUBONNE , à part.
Quel intérêt elle prend à lui !
MADAME FRÉMIS
Il fallait un motif aussi puissant pour nous ramener chez vous , monsieur Daubonne.
DAUBONNE.
Mais qui donc a pu vous révéler...
DUBOURG , venant du jardin.
Qui? et, parbleu! ton neveu et sa chère femme... , je le devine , et cette fois je ne me trompe pas...
PAULINE
Oh ! mon Dieu , non !
A merveille! ce duel, dont on voulait faire un mystère à tout le monde... , tout le monde le sait.
MADAME FRÉMIN
Ils sont venus nous débiter une foule de choses que je ne peux pas , que je ne veux pas croire... Enfin , quand ils ont parlé de ce duel , ma fille , toute inquiète , m'a suppliée de venir nous informer. . .
DAUBONNE.
Rassurez vous ! cette provocation ne pouvait avoir de suites ! Eugène est trop raisonnable , et mon neveu trop prudent ! Mais parlons de nous , ma chère voisine î Je suis enchanté de vous revoir, et j'espère que vous voudrez bien chasser le petit nuage qui s'était élevé. Je crois que je me suis un peu emporté , je vous en demande bien sincèrement pardon.
MADAME FREMIN
Moi-même , mon cher voisin , n'ai-je pas eu le tort de m'emporter la première?... Ainsi donc, tout ce qu'ont voulu me persuader monsieur et madame Blaveau...
DTJBOURG.
Je ne sais pas ce qu'ils vous ont dit , mais ne les croyez point.
DAUBONNE.
Yoici bien autre chose ! savez-vous bien ce que projette ce jeune homme? (montrant Eugène) un nouveau voyage en Italie.
DUBOTJRG.
Et pourquoi donc ?
Il veut quitter Paris... , et tout de suite... , le lendemain de ma noce.
MADAME FRÉMIN
Il fait bien.
DAUBONNE.
Qu'en pense Mademoiselle ?
PAULINE
Nous serons tous bien fâchés de son absence, car on aime à voir ses amis 5 mais je crois que monsieur Baumont prend un parti fort prudent.
DATJBONNE , à part.
Aimable et bonne Pauline ! {haut. ) Et moi aussi, je veux prendre un parti prudent.