UN CARREFOUR
Une image de la Vierge dans «ne niche creusée dans le mur ; des pots de fleurs deyant.
■àrgukrite, mettant des fleurs nouvelles dans un vase.
Abaisse, ô mère de douleurs, un regard do piUô sur ma souffrance. . . ,
Ton cœur est percé d'un glaive, mille peine» It déchirent : ton flfs mort est dans tes bras!
Te» yeux s'élèvent vers ton père; et tes larme» loi demandent de vous secourir tous les deux.
La 4ésespoir me déchire le sein, mon pauvre cœur inquiet espère et craint tour à tour : personne ne m'entend sur la terre : toi seule, ô sainte Marie, ta ceux savoir ce que je souffre. ^„„i»„-
Parlontoù levais, j' porte avec moi la douleiir danYla solitude ie p/eure : la souffrance m a brisée
Ce» fleurs que j'ai vues croître sur ma fenêtre, ce matin'je les arrosais de mes larmes; je lesaicuell-
"ïer??emi'èrs rayons du jour qui pénètrent dani ma chambre me trouvent assise sur mon lit,seul confl-
dent d ma douleur. . . , . . ..
Vierf à mon secours. sau*B-moi de la mort et ae lahonie; abaisse, ô mère de douleur», un regard d» pitié Bor ma souffrance I
LA NUiT
Une rue derant la porte de Margaerite.
VALENTiN, soldat, frère de Marguerite.
Autrefois, dans nos repas joyeux, quand
jp mo f .-^ ^^ ^* m'insulter a mots couverts
Que iSnn KV®^' ^ Chaque parole équivonnor,^°^ , °î* S6 couvre de roue-eur 7f
FAUST, MÉPHISTOPHÉLES, VALENTIN caché.
FACST.
de^la\mi?P mw^K^"^',*'^/^ ^'.^8'^^se la lumière ae la lampe qui brule dans la sacristie? fiIp est faible et vacillante; elle forme à peine un
la pressent de toutes parts. C'est ainsi que
FAUST 145
la lumière et l'obscurité brillent ensemble dans mon cœur.
MÉPHISTOPHÉLÈS
Moi, je me sens éveillé comme ce petit chat qui ioue entre les barreaux d'une échelle ; il se frotte doucement contre la m uraille, il aime assez le bien volé, et est foit enclin à la luxure : c'est du reste un honnête homme de chat. Je flaire par avance la magnifique nuit du sabbat, tous mes membres en frissonnent déjà de plaisir ; elle revient pour nous après-demain, et alors on sait pourquoi, on veille.
FAUST
Va-t-il paraître bientôt au jour, le trésor que j'ai vu briller dans la terre î
méph:stophélès.
Tu peux te donner la joie de ramasser la cassette,, je l'ai lorgnée dernièrement : il y a de beaux écus neufs dedans.
N'apportes-tu pas quelque bijou, quelque bague pour parer ma bien-aimée ?
S1ÉPHIST0P;;ÉLÈS.
J'ai là quelque chose comme un collier de perles.
A la bonne heure! je n'aime pas à me présenter à elle les mains vides.
BÉPHISTOPUÉLÈS.
Tu ne perdrais pas, ce me semble, à goûter d'autres plaisirs. Mais voici que le ciel est brillant d'étoiles, écoute un petit chef-d'œu-
146 FAUST
vre : c'est une chanson morale dont le suis sûr qu'elle sera charmée. {Il chante et s'accom^ pagne avec sa guitare).
Gentille brnnette.
Que cherches-tu là, Les yeux sur la porte De ton amoureux?
Le jour point à pein«.
Le plaisir t'appelle.
Fille en son logis Tu peux bien entrer; fille en sortir, non.
U te tend les bras :
Allons! bonne nuit.
Va. l'amour t'appell« Mais, écoute-moi, Ne te laisse pas Jouer, ma petite.
Résiste et fais rage S'il ne t'offre pas L'anneau conjugal.
▼ALE?(Ti:«, s'avançanti
Parle ciel et l'enfer, que viens-tu chercher îci, preneur de rats ? Que ton instrument aille au diable et le chauteur après !
Voilà ma gnitare en deux ; il n'y a plua moyen de s'en servir.
VALEîîTIN.
Cest maintenant le tour de ta tête.
HÉPHISTOPHÉLÈS, à FaUSt.
Alerte, monsieur le docteur, ferme î serrons-nous et laisse-toi conduire, l'iamberge au vent ! riposte p^.ulement, je me charge de la parade.
rA0st 141
▼ALENTIJf.
Eh bien, pare celle-là !
■ÉPHISTOPHÉLÈS.
pourquoi pas ?
VALE>-Tm.
Celle-ci encore.
UÉPHISTOPHÉLËS.
Sans doute.