‹ Hermann et DorothéeChapitre 123 sur 138 · LES DEUX CHŒURS · texte numérisé non relu

LES DEUX CHŒURS

Lorsqu'au sommet l'on touchera. Que chacun dans son rang demeure.

Tous à la fois, d'un même vol, En tournoyant, rasez le sol, Et courbez au loin les bruyères Sons vos escadrons do sorcières.

{Ils s'arrêtent.)

MÉPHISTOPHÉLÈS

Cela se pousse et se presse, cela saute, cela siffle et grouille, cela marche et jacasse, cel? reluit, étincelle, pue et flambe ! C'est un véritable élément de sorcières !... Allons tienstoi ferme, sans quoi, nous serons bientôt séparés... Où es-tu ?

FAUST, dans réloignement.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Quoi! déjà emporté là-bas! 11 faut que j'use de mon droit de maître du logis. Place ! c'est M. Volant qui vient; place, aimable canaille, place ! Ici, docteur, saisis-moi. Et maintenant, fendons la presse en un tas ; c'est trop extravagant, môme pour moi ! Là-bas brille quelque chose d'un éclat tout particulier : ce quelque chose m'attire du côté de ce buisson. Viens 1 viens I nous nous glisserons là-dedans.

FAUST

Esprit de contradiction !... Allons, va, je te suis; je pense que c'est fort bien fait : nous montons au Broken dans la nuit du sabbat pour nous isoler à plaisir.

Regarde! quelles flammes t)igarrées ! c'est un joyeux club qui sassemble. On nest pas seul avec ces petits êtres!

FAUST

J'aimerais pourtant bien être là-hautj Déjà le vois la flamme et les tourbillons de fumée ; là roule la multitude roulant vers resprit du mal. Il doit s'y dénouer plus d une énigme.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Plus d'une s'y noue aussi. Laisse le grand monde murmurer encore ; nous nous reposerons ici. Dans le grand monde, on batit de petits mondes : c'est reçu... Je ^ois la de îeunes sorcières toutes nues et des vieilles qui se voilent sagement. Soyez gracieuses, pour l'amour de moi, cela coûte peu et fait grand bien. J'entends des instruments : maudit charivari! Il faut s'y habituer. Viens, viens, suis-moi ; il n'en peut être autrement; ie marche en avant, et je t'introdms, 3e te rends là encore un nouveau service. Qu en dis-tu, mon ami? Ce n'est pas une petite place ; regarde de ce côté, à peine en vois-tu la fin. Une centaine de feux tristes dans le cercle : on danse, on bavarde, on cmt, on boit, on aime : dis-moi où il y a quelque ^ chose de mieux.

FAUST

Vas-tu, pour nous introduire ici, te présenter comme magicien ou comme diable t

MÉPHISTOPHÉLÈS

Je suis, il est vrai, très-amotixeux de l'incognito; cependant, un jour 4e gala, on laisse

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voir ses cordons. Je n'ai point de jarretière pour décoration, mais le pied fourciiu est ici en gr.aud liouneui". Vois-tu la cet escargot 1 il arri^'e eu rampant, eu tàtant avec ses cornes; il aura déjà reconnu quelque chose en moi. Si je! le voulais, je ne me déguiserais

J)as... Viens donc, nous allons passer d'un eu à l'autre. Je suis le demandeur, tu ea lamant. {A quelques individus assis autour dt ciiarboiis à demi éteints.) Messieurs les vieux, que faites-vous dans ce coin? Je vous louerais fort si je vous trouvais dans le monde, faisant joyeuse vie avec la bruyante jeunesse. On est toujours assez seul chez soi.

VS UËNÉRAL.

Aux nations qui se fie est un sot; On perd sa peine k travailler pour elles , Car chez le peuple, ainsi qu'auprès des belles, Cest la jeunesse qui prévaut.

D?l MINISTRE.

Atii qu'aujourd'hui 1 ifjnurance est profonde J Moi, je suis bien de l'avis des barbons ; Car, sans mentir, alors que nous régnions, C'était bien lâge dor du monde I

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