ACTE Iir. SCÈNE TI
Pourtant j'obéirai.
(Se tournant vers le duc.) Mon cousin, je t'estime.
Ton scrupule après tout peut sembler légitime. Sois fidèle à ton hôte, infidèle à ton roi, C'est bien.— Je te fais grâce et suis meilleur que toi. — J'emmène seulement ta nièce comme otage.
DON KUY GOMEZ.
Seulement I
DONA SOL (inierdite.) Moi, seigneur I
DON CABLOS.
Oui, vous I
DON EUY GOMEZ.
Pas davantage I O la grande clémence, ô généreux vainqueur C^ui ménage la têtei et torture le cœur! Belle grâce!
Choisis. — Dona Sol ou le traître.
Il me faut l'un des deux.
DON RUY GOMEZ
Oh ! vous êtes le maître !
(Don Carlos s'approche de dona Sol pour V emmener. Me se réfugie vers don Buy Gomez. )
DONA SOL
Sauvez-moi, monseigneur !
{Elle s'arrête. — A part.)
Malheureuse ! il le faut !
M tête de mon oncle ou l'autre!...— Moi plutôt!
e§ HERNANI.
(Au Bot.) Je vous suis !
DON CARLOS {à part).
Par les saints, l'idée est triomphante ! i Il faudra bien enfin s'adoucir,2 mon infante ! {Dona Sol va d'un pas grave et assuré au coffret qui renferme rêcrin, l'ouvre et y prend le poignard qu'elle cache dans son sein. Don Carlos vient à elle et lui présente la main.) DON CARLOS {à dona Sol), Qu'emportez-vous là ?
DONA SOL
Rien.
DON CARLOS
Un joyau précieux?
Oui.
Voyons.
DON CARLOS (souriant).
DONA SOL
Vous verrez.
{Elle lui donne la main et se dispose à le suivre. Don Buy Oomez, qui est resté immobile et profondément absorbé dans sa pensée, se retourne et fait quelques pas en criant.)
DON RDY GOMEZ.
Dona Sol ! terre et cieux I Dona Sol î — Puisque l'homme ici n'a point d'entrailles, A mon aide, croulez! armures et murailles I
(// court au lîoi).
Laisse-moi mon enfant ! je n'ai qu'elle, ô mon roi I
DON CARLOS {lâchant la main de dona Sol). Alors, mon prisonnier !