‹ Hernani, drame en cinq actes. With explanatory notes by Gustave MassonChapitre 77 sur 105 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

DONA SOL {se relevant).

Grand Dieu I

DON CARLOS (Ja montrant à Eemani),

Duc, voilà ton épouse \ HERNANi {les yeux au ciel et dona Sol dans ses bras.) Juste Dieu I

DON CARLOS (à don Buy Gomez).

Mon cousin, ta noblesse est jalouse^ Je sais. — Mais Aragon peut épouser Silva,

DON RUY GOMEZ {sombre).

Ce n*est pas ma noblesse !

HEENANi {regardant dona Sol avec amour et la tenant embrassée), Ohl ma haine s'en vaï (Il jette son poignard.) DON RUY GOMEZ (à part, les regardant tous deux), Éclaterai-je ? oh non! Fol amour! douleur folle! Tu leur ferais pitid, vieille tête espagnole ! Vieillard, brûle sans flamme, aime et souffre en secret. Laisse ronger ton cœur 1 Pas un cri. — L'on rirait !

DONA SOL {dans les bras de Hernani), ù mon duc I

HERNANL

Je n*ai plus que de Tamour dans l'âme.

DONA BOL

O bonheur l

m DON CARLO!< {à part y la main dans sa poitrine).

Eteins-toi, cœur jeune et plein de flamme I Laisse régner l'esprit que toujours tu troublas.

lââ HÉRNAOT.

Tes amours désormais, tes maîtresses, hélas! C'est rAUemagne, c'est la Flandre, c'est l'Espagne

{Vœilfixé sur sa bannière.) L'empereur est pareil à l'aigle, sa compagne. A la place du cœur, il n'a qu'un écusson I

HERNANI

Ah î vous êtes César !

DON CARLOS {à Semanî^,

De ta noble maison.

Don Juan, ton cœur est digne.

{Montrant dona Sol)

Il est digne aussi d'elle.

— A genoux, duc !

{Hernani s* agenouille. Bon Carlos détache sa Toison d^Oc^

et la lui passe au cou.)

— Reçois ce collîep.^^

(^Don Carlos tire son êpét et tefi frappe trois fois sur

lêpaule.)

—Sois fidèle !

—Par saint Etienne, duc, je te fais chevalier,

(Il le relève et Vemhrasse.) Mais tu Tas, le plus doux et le plus beau collier. Celui que je n'ai pas, qui manque au rang suprême. Les deux bras d'une femme aimée et qui vous aime I Ahl tu vas être heureax ; — moi, je suis empereur.

{Aux conjures,) Je ne sais plus vos noms, messieurs ! — Haine et fureur, Je veux tout oublier.' Allez, je vous pardonne ! C'est la leçon qu'au monde il convient que je donne I {Les conjurés tombent à genoux.)

L^ OONJUKÊS.

Gloire à Carlos!

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