‹ Hétérogénie;Chapitre 4 sur 49 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Cet ouvrage est le fruit de trois années d'expériences et de recherches incessantes. Lorsque y par la méditation , il fut évident pour moi que la génération spontanée était encore l'un des moyens qu'emploie la nature pour la reproduction des êtres y je m'appliquai à découvrir par quels procédés on pouvait parvenir à en mettre les phénomènes en évidence : là fut la tâche laborieuse. Au milieu de mille essais infructueux ; j'ai poursuivi celle-ci ^ sans relâche comme sans découragement y jusqu'au moment où l'expérience est enfin venue la sanctionner de toute son autorité. *

L'ensemble de cet ouvrage peut naturellement se partager en deux sections : la partie expérimentale , qui en est la seule fondamentale , et la partie théoriique, qui n'en forme qu'un fragment accessoire.

Je n'ai eu pour but que de démontrer un fait , et

vin PRÉFACE.

non d'en discuter l'essence et les nébuleuses théories.

J'appelle toutes les sévérités de la critique sur la partie réellement essentielle de cet écrit; de cette critique loyale et indépendante qui , en dehors des idées préconçues ou des passions, cherche la vérité partout où elle se trouve, et signale l'erreur avec une louable fermeté; de cette critique, enfin, qui honore autant ceux qui en sont l'objet que ceux dont elle émane.

Je dois avouer qu'une telle critique m'a déjà été fort utile dans l'achèvement de cette œuvre. Deux des . expériences qu'elle contient y ont donné lieu , et elle m'a permis de connaître quelles étaient ses exigences. Je me suis efforcé de m'y conformer. Ce sont ces mêmes conseils éclairés que je réclame encore aujourd'hui. ^

Mais en même temps que j'appelle toutes les sévérités de l'opinion sur la partie expérimentale , j'implore toute son indulgence à l'égard des théories. Sur celles-ci, chacun peut avoir ses idées, et les disputes incessantes n'éclairciront peut-être rien; aussi je serai heureux de voir écarter ce sujel, jusqu'au moment où l'on reconnaîtra généralement que le fait capital est incontestablement démontré, ce qui, je l'espère, n'est pas éloigné.

Quelques naturalistes illustres de notre époque, en

^ PBÉFAGE. IX

fête de leurs ouvrages , ont cru devoir protester avec amertume du peu d'encouragement qu'ils avaient trouvé dans les sphères élevées de l'enseignement. Je viens remplir une tâche plus douce, et parler de mes sentiments de reconnaissance envers- les personnes qui m'ont entouré de leur protection. J'ai dû à M. le baron Ernest Le Roy, sénateur, préfet de la Seine- Inférieure, un acte tout spontané de justice, et je me plais à lui en exprimer ma vive gratitude dans les premières lignes de ce livre , destiné probablement à se répandre dans tant de lieux divers. D'un autre côté, M. Yerdrel, maire de Rouen , avec une bienveillance qui n'a été dépassée que par le sentiment de courtoisie qui l'accompagnait, a mis le directeur du Muséum d'histoire naturelle de Rouen dans une situation propre à faciliter ses travaux ; je dois l'en remercier bien vivement.

Enfin, ce Muséum lui-même, auquel l'administra* tion de M. H. Barbet et celle de M. Fleury ont donné une si grande impulsion, par ses laboratoires, si bien disposés pour la méditation et le travail , est venu aussi m'offrir les plus amples ressources. Là j'ai pu répéter presque toutes les expériences de mes devanciers, et- en instituer un grand nombre de nouvelles.

Je ne puis non plus omettre de dire que j'ai trouvé

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