‹ Hétérogénie;Chapitre 44 sur 49 · RÉSUMÉ ET CONCLUSION · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSION

Eiols de riiëlëroyëiile*

Nous nous bornerons à résumer ici, sous la forme aphoristique, ce que contient cet ouvrage. Cette manière dé procéder est suffisamment l^itimée par les expériences et les détails si précis, qui se trouvent dans les chapitres précédents. Nous mentionnerons surtout les faits nouveaux auxquels nos expériences ou nos observations ont donné quelque évidence.

Notre théorie de la génération spontanée n'a aucune analogie avec celle des philosophes atomistes de Tantiquité.

Us prétendaient que les êtres qui naissaient spon-

(1) Lâcaze-Duthiers , Lettre sur les recherches de M, ffaime, concernant les générations spontanées. Comptes rendus de VAcad, des sciences^ t. XLVI11> p. Ii6. Je sais que rinslrument a eiîstë; mais cela ne prouve nullement qu'il ait jamais pu être adapté aux recherches auxquelles on le destinait. C'est là l'impossibUité.

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tanément n'étaient que le résultat de la rencontre fortuite des atomes, et que, par Teffet dB celle-ci, l'organisme se formait de toutes pièces.

Nous, nous pensons que la force plastique n'engendre jamais que des ovules, et que l'être qui dérive de l'hélérogénie suit ainsi toutes les phases du développement de celui qui provient de la génération normale.

Nous avons vu qu'à une grande majorité, les physiologistes les plus illustres de potre époque admettaient l'existence des générations spontanées (Burdach, Treviranus, Tiedemann, J. Millier, Bérard, Dugès, etc.).

L'hétérogénie ne se manifeste ordinairement que lorsqu'il se rencontre, dans le même milieu, un corps putrescible, de Teau et de Tair.

La chaleur, la lumière et Télectricilé concourent aussi à ce remarquable phénomène.

Le corps putrescible joue le plus important rôle dans la production des organismes spontanés ; cependant, mais rarement, il peut manquer.

L'air est indispensable à la production de l'hétérogénie. Si sa masse est insuffisante ou trop restreinte, lorsque l'on opère à vaisseaux clos, aucun organisme n'apparaît, ou ceux qui se montrent sont de l'ordre le plus infime.

Cependant, l'oxygène a pu parfois être substitué à l'air atmosphérique. Gela est attesté par nos expériences (p. 279), et par celles de quelques autres savants (Mantegazza) .'

L'eau est le plusindispensable agent de l'hélérogénie. Siellemanqueabsolument, celle-ci cessedese produire.

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La lumière a une grande influence sur la genèse spontanée : elle raclÎYe manifestement. Cependant, quoiqu'on ait dit lecontraîre^robscurîté absolueii'enK trave nullement la production des animalcules et des végétaux microscopiques ; nous l'avons prouvé (p.200).

La couleur des rayons du spectre solaire a une énorme influence sur l'hétérogénie. Nous avons reconnu que le rayon rouge est le plus favorable ait dé* veloppementdes Proto-organismes s^imaux, et le vert aux végétaux (p. 197).

Nous avons démontré que réleetricitè favorièaitla genèse spontanée (p. 203).

Les mêmes substance, exposées à divers degrés de chaleur ou éclairées diversement, produisent des animaux et des plantes absolument différents.

Des substances absolument analogues produisent souvent des organismes absolument différents, quoi* que placées dans des conditions identiques. Ainsi, des crânes humains, appartenant à diverses époques historiques, ont produit des animalcules et des plantes tout à fait dissemblables (p. 1 51).

La résistance vitale des Microzoaires est plus considérable qu'oii ne Ta pensé.

Contrairement à ce que certains savants ont an-* nonce, l'absence momentanée de l'air n'a aucune in-^ fluence sur les Infusoires vivants. Us résistent^ sous la machine pneumatique pendant plnsieurs jours, au ' vide le plus intense (p. 1 77).

Le mercure n'entrave pas la production de ces ammaux; et ses émanations ne semblent nullement agnr sur ceux qui sont vivants (p. 209).

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On démontre expérimentalement l'existence des générations spontanées, en prouvant «uccessivement ^'aucun des trois corps au milieu desquels elles se produisent, ne contient de germes organiques.

Le corps solide est si peu . le véhicule des germes^ qu'on peut lé chauffer à une température élevée, et même le réduire en chai1)on, sans entraver la genèse spontanée (Spallanzani, p. 225).

L'eau n'est pas ie véhicule des germes puisque nos expériences ont démontré qu'il se produisait des animaux et des plantes variés^ dans de Feau artificielle (p. 235) ; d'autres expérimentateurs l'ont également fait (Mantegazza).

1. L'air atmosphérique ne peut pas être considéré davantage comme contenant ces germes introuvables, puisque, dans nos expériences, nous avons vu des organismes végétaux et animaux se produire dans d'autres gaz (p. 279) .

Puisque, par voie d'exclusion, on est forcé de reconnaître que ces germes ne réi^ident nullement, ni dans le corps putrescible, ni dans l'eau, ni dans l'air, lï Imt donc conséquemment que les organismes .fiaissentsponianémenll soûs ^influencé simultanée de ces trois corps. C'est ce que prouvent aussi nos nombreuses expériences (chap. rv).

L'air a été le dernier refu^ des patispermistes. Ne pouvant ratiônMll6tt)ent confier le rôle de disséminateur général à l'eau ou au corps soKde, l'attnosphère, qui se prétait mieux aux caprices de l'imagination, a été ëonsidérée par eux comme le réc<>ptacle universel des germes. '

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La raison et l'expérience renversent encore de fond en comble cette prétention.

Si l'air contenait tous les spores et les œufs indispensables pour expliquer les organismes que l'on Toit incessamment surgir partout et dans tout^ il en serait absolument et inutilement encombré. La raison se révolte contre une semblable prétention (Comp. p. 243).

Par l'expérience directe, nous avons prouvé que ces germes n'y existaient qu'accidentellement et en quantité insignifiante (p. 439).

Des vases mis en contact avec d'immenses masses d'air, à l'aide de machines puissantes, n'ont pas été plus féconds en animalcules ou en végétaux, que ceux qui n'étaient entourés que d'un litre d'air (p. 287).

De l'eau dans laquelle, à l'aide d'un aspirateur, on fit passer un volume d'air énorme, ne présenta aucun œuf d'animalcule, aucun spore de plante. Gomme on connaît les œufs de certains animalcules, et les spores des végétaux microscopiques, si l'air en était le véhi« cule, ils n'échapperaient pas au micrographe.

L'analyse microscopique de l'air nous a prouvé, elle-même, que celui-ci n'était nullement le réoc'p-lacle des œufs ou des spores des animaux et des plantes (p. 432).

Plusieurs micrographes, il est vrai, avaient considéré comme des teufs aériens, quelques corpuscules qui en ont en effet l'apparence.

Nous avons prouvé que ceux-ci n'étaienique dès grains de silice infiniment petits, et paraissant oviformes; ou des grains de fécule, substance que nous

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ayons reconnue exister dans l'air en quantité tiotable, tantôt avec ses caractères normaux et tantôt colorée en bleu (p. 437 et 439).

L'air est si peu le véhicule des germes, que, dans nos expériences à vases clos, nous lui avons substitué soit de l'air artificiel produit dans nos laboratoires, soit de l'oxygène, et que nous n'en avons pas moins vu nos matras se remplir d'animalcules et de végétaux microscopiques, dont quelques*uns étaient même absolument inconnus aux naturalistes (p. 276 et 279). D'autres savants ont fait des expériences analogues et ont obtenu de semblables résultats (Mantegazza).

L'air calciné, qui a traversé plusieurs fois un tube de porcelaine chauffé au rouge, produit aussi des organismes (Ingen-housz).

Dans nos expériences, l'air calciné et l'air qui a été lavé dans de l'acide sulfurique concentré, n'en ont ^pas moins produit d'abondants végétaux cryptogamiques (p. 256).

Enfin , dans des préparations disposées concentriquement ou abritées diversement , nous avons vu les organismes abonder dans certaines région; des appareils et manquer dans d'autres, ce qui n'aurait pu avoir lieu si l'air était ledisséminateur des germes (p. 610) •

Les antagonistes de l'hétérogénie ne lui ont jamais opposé que deux expériences : celle de Schultze et celle de Schwann.

Nous avons démontré que ces expériences devaient être comidérées comme tout à fait nulles, car dans nos mains elles ont donné des résultats absolument opposés.

M4 uferiRôftiNiB.

L'expériéuce de Schultze, qui consiste à* la^rer dans deracidesuMùrique, Fairqui rentre dans leB> vases, répétée par nous et avec des procédés bien plus se» yères que ceux de. son auteur, nous a donné des résultats poûUfs, Nous avons presque constamment vu des animaux et. des plantes. microscopiques, se produire dans les ballons, après un certain nombre de jours (p. 256 et 61 6).

L'expérience de Schwann, dans laquelle on calcine l'air dans des tubes portés à la température rouge, a également, dans nos mains, donné des résultats positifs. D'autres expérimentateurs, nous venons de le^dire, ont aussi réussi dans ces circonstances (Ingen-housE). Les phénomènes de genèse spontanée sont toujours précédés de phénomènes de catalyse (p. 337).

.Après ces. phénomènes de désorgaqisatioB/ apparaissent les phénomènes de réorganisation.

M Le premier .phénomène- génésique est la formation d'une pellicule proUgère^ qui, dans la généf*ation sp0olanée,, re^é^nte exactemei^ l'ovaire de la génération normale, (p. 352).

- Nous avons démontré que <îette pellicule était formée par les cadavres d'animalcules de l'ordre le plus infîme. L'observation directe n'a pu rien encore nous rév^er sur leur origine, tant est grande la ténuité deces<>rganismes..

Si la première apparition spontanée échappe à l^imperfiection de nos sens^et de nos* mstmments, il n'en: est pas de même de la seconde^ c'est^-flm des animalcules qui se forment spontanément à leur tourà même les débris de ceux qui les ont précédés (p. 363)4

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^ Les I phénomène» génésiqnes secondaîreâ 6bnûstent en la formation des premiers linéaments de Tovule spontané, à même les molécules Organiques de la membrane proligère.

;, L'observation attentive pent, à ce moment^ suivre dans .ses plus ardus Hélails, le groupement des granules vitellins (p. 263). ' . > .

Bientôt après, on voit apparaître les enveloppes de l!cQuf^ et. enfin l'embryon qu'on discerne à travers celles-ci par les premiers battements de l'organe circulatoire (p. 380).

On voit donc que, d'après nous, la genèse primaire suit ha mêmes procédés que la génération normale, et que, comme nous le répétons, nos idées à oe sujet gèrent fondamentalement de celles des physiciens atomistes de l'antiquité et de leui*s modernes imitateurs; puisque, d'après ce qui précède, l'héterogénie ne produit pas d'oi^nismes de toutes pièces , mais seulem^ des ovules spmuanés dans une membrane ptoUgèrôf analogue à un ovaire, et sous Tempire des mêmes: forces. ,

On a prétendu que la température de 100% dans quelques-unes de nos expériences, avait pu être insuffisante pour tuer les germes, pairce que certains animaux résistaient à 120 degrés et plus.

J'ai réfiijté cette allégation, soit à l'aide d'expérience» dans lesquelles le carps solide fut chauffé à 200 et 300"", etdans lesquelles on n'en) vit pas moins se pro* duire ciM animalcules; soit en prouvant, pai^ deséxpé-* rienees «directes .et multipliées/ qu'il est absolument &UX que des animaux résistent à la température de

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100^. D'autres expérimentateurs sont arrivés aux mêmes conclusions que moi (p. 122).

La géologie fournit d^abondants documents en faveur des générations spontanées; elle démontre que les soulèvements ayant été successifs, les créations ont dû nécessairement suivre la même marche.

L'helmintbologie apporte aussi d'évidentes preuves à Thétérogénie :

Les savants qui ont étudié avec le plus dé profondeur l'histoire des vers intestinaux sont presque unanimes sur ce point.

Selon eux, ainsi que selon divers physiologistes, la génération spontanée est seule capable d'expliquer rapparition de certains Entozoaires (Retzius, Link, Cooper, Rudolphiy Bremser, Tiedemann, Burdach, Bérard, Dugès).

La théorie des migrations des helminthes, émise récemment par quelques zoologistes, est encore loin d'être démontrée positivement: Ses fauteurs sont eux-mêmes en désaccord absolu sur beaucoup de points; et & l'égard de plusieurs autres, leurs expériences sont absolument nulles.

Le règne végétal, lui-même, nous offre d'amples preuves en faveur de rhétérogénie.

Les expériences à vaisseaux clos, conduites avec discernement et exécutées avec beaucoup plus de rigueur qu'on ne la fait jusqu'alors, donnent presque constamment une abondante végétation cryptogamique (p. 612). ^

En simplifiant l'expérience de Schultze, et en se contentant de laisser seulement entrer l'air dans les

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ballons, à travers notre double tube laveur perpendiculaire, sans le renouveler, Texpérience réussit parfaitement (p. 616).

Parmi ces expériences, celle dans laquelle on a vu Talgue de la levure de bière se développer en abandance dans un liquide absolument soustrait au contact de Tair, et qui avait subi une ébuUition de six heures, nous parait surtout à Tabri de toute objection, et prouver sans réplique Thétérogénie végétale (p. 629).

Les expériences à ciel ouvert, interprétées avec discernement, ne nous ont pas paru moins démonstratives que les autres. Elles ont sur elles un avantage, c'est que les agents n'étant point violentés par les opérations préparatoires, et mis dans des conditions où la vie est gênée ou impossible, la force plastique s'y manifeste sans entrave .

Ainsi, nous avons vu la genèse spontanée suivre en quelque sorte le^ caprices de l'expérimentateur, et se produire sur les endroits où sa main, sur un sol préparé, traçait des caractères variés à l'aide d'une combinaison absolument insolite (p. 608).

Nous avons eu l'occasion de reconnaître que la dissémination végétale, quoique étant un fait bien positif, avait cependant une moindre extension que celle qu'on lui accorde généralement, et qu'elle était absolument impuissante pour expliquer l'apparition d'une foule de végétaux.

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