DXXXI
Quelle légèreté de dire que la pauvreté soit favorable aux arts par l’activité à laquelle elle oblige les hommes de génie! S’il est vrai que les talents s’endorment dans l’oisiveté qu’apporte la fortune, il est vrai aussi qu’ils ne peuvent guère éclore sans la liberté que procure certaine aisance. Lorsque Théocrite s’écrie : 'X Atdyavrs, uova zà; zk/vot: sy-ipst — O Diophante, la pauvreté est l’aiguillon des arts — il faut songer que le poète syracusain écrit sous le ciel méridional, où l’homme, de sa nature, vit de peu. Mais, dans les contrées du Nord, la pauvreté' tue le génie en son germe, ou le plonge dans l’esclavage, l’obligeant à sacrifier son idéal à un succès rapide, et sa gloire à la vogue.