‹ Heures de philosophieChapitre 68 sur 102 · DXXXIII · texte numérisé non relu

DXXXIII

Ceux qui ne pressentent rien hors du cercle étroit où s’agitent leurs pensées banales ne peuvent s’imaginer qu’un mortel auquel la fortune a toujours souri puisse ne pas être parfaitement satisfait. Ils trouvent inexplicable toute mélancolie que ne motive point un événement terrestre. Il signorent que l’on ne peut aimer profondément sans être inquiété du sentiment de l’infini. Comme des fétus sur un torrent, l’universel courant emporte capricieusement les multitudes humaines. Où nous entraîne ce cours inéluctable? — Sur cette pensée inattendue, la mélancolie germe et nous enveloppe de ses ombres caressantes.

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