DLIV
Si, dans l’âme humaine, les bons sentiments l’emportaient toujours sur les mauvaises pensées, on n’aurait jamais rien à craindre de l’idéalisme. Mais l’homme naît avec un ferment de méchanceté, c’est-à-dire d’égoïsme. Il lui faut l’enseignement religieux, ou bien les meurtrissures journalières que l’expérience ne manque jamais d’infliger, pour qu’il apprenne le sacrifice. Le plus souvent il appelle idéalisme l’exaltation de son amourpropre : une sorte de déification personnelle qui le mène à l’extravagance, aux injustices et parfois aux cruautés.
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