A DEUX SOEURS JUMELLES
Sur VOS deux fronts jumeaux passe d'un vol plus doux ! Des rêves confondus ne brisons pas la trame ; Sauvez-moi par le doute, et maintenez mon ame » Sans préférer jamais, suspendue entre vous.
liE CZAB IHTAU \
VÊM OASOBS.
— Six mois de faction dans ce corridor sombre» Aux pas d'un prisonnier cloué comme son ombre! Six mois de Taction sous ces barreaux de fer! On ferait plus gatment son senîce en enfer;
* Iwan, filf de U prineeise Anne de Rntste, fnt proclamé empereor toat eoUtat; et détrôné preiqne aaftitAt. Il périt dans une fortereiie an bord dn lac Ladoga, maisacré par lea (ardea d'après Tordre de Catherine II. (Voir n. S.)
56 LE CZÂR IWAN.
Mieux vaudrait bivouaquer tout vif sous une tombe.
Ah! que lesjours sont longs! quelle heure est-il? Je tombe
Et meurs d'ennui ! Pourtant s'il était le plus fort ,
Crois-tu qu'à notre honneur nous sortions de ce fort?
Si parmi les hiboux , tous deux en sentinelle ,
Montant sur la poterne une garde éternelle....
— Peste! tes visions sont à faire frémir!
Calme-toi , tout va bien ; de par saint Wladimîr,
Tu seras colonel aux lanciers de la garde !
Oui, dresse ta moustache et qu'Orloff prenne garde!
Je vous y vois déjà, monsieur le colonel.
Tout cou>u d'or, monter un beau cheval d'Orcl ;
Puis, un jour de revue, au Pré de la Czarine ,
Enlever au galop le cœur de Catherine.
Mais il parle, écoutons.
LE CZAR IWAIf. 57
LB OZAm IWAW.
f On ne peut vivre ainsi !
Non , j'étouffe dans Tair qu'on nous mesure ici , Qui n'atteint pas le cœur, n^emplit pas la poitrine ! Oh ! je veux m'élancer dans la brise marine, M'abreuver une fois d'air et de liberté.
Et connaître un bonheur que tout homme a goùlc, Tout voir, tout embrasser , interroger l'espace ! D'où nous viennent ces flots, oii va ce vent qui passe? Tout est libre! oh! sans doute, un démon les riva , Ces noires tours j aux pieds de là blanche Neva, Près du lac, au milieu de la grande nature.
Pour tenter le captif et doubler sa torture.
Oh ! voyez «i jamam barque libre vogua
58 LE GZAR IWAN.
Sur de plus vastes eaux que ce beau Ladoga !
La nuit, je crois voir Dieu, pour y mirer sa face. De sa tour, comme moi, penché sur sa surface. Qui l'écoute invisible, et, de ses grèves d'or. Fait monter le concert qui prend Fâme et l'endort !
Un navire, à nos pieds, manœuvre et tend ses voiles! J'entends le vent silQer dans les mâts, dans les toiles ; Il lève l'ancre, il part! Matelots], matelots. Emportez-moi , que j'aille une fois sur les flots ! Les flots qui vont si loin! Heureux qui toujours passe Et qui n'a pour maison, pour tout bien que l'espace! Changer, changer toujours! voyez, tout est pour eux. Gomme il vit pleinement ce peuple aventureux! Sous leur sein large et brun qu'ils ont l'ame sereiie!