‹ Heures perdues [microforme]Chapitre 1 sur 54 · DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ÉDITION

En publiant cette nouvelle édition de mes HEURES PERDUES je sens le besoin de m’excuser auprès du public, tant le fait est inusité dans les annales de la poésie franco-cana-

dienne. Quelques-uns seront peut-être tentés

. Ce considérer cette publication d'un deuxième

inille comme un coup d’audace ou du moins comme une tentative osée, et seront portés à croire que j'ai cédé à l'appât du gain. A ceux-là, s'il s'en trouve, je déclare de suite

que la question d'argent n’a pas été le mobile

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qui m'a poussé à cette ré-impression. La première édition étant épuisée, j'avais lieu d’être satisfait d’un si rapide écoulement et je n’aurais pas risqué les frais d’une deuxième si Je n'avais pas eu à livrer près de deux cents exemplaires qui me sont demandés.

J'ajouterai que l’accueil fait à la première apparition de l'ouvrage par le public, par la presse et par nombre d'écrivains éminents du Canada et de la France, n’a pas été non plus étranger à ma détermination.

Je suis loin de m’enorgueillir outre mesure de l'attitude bienveillante du public, car je la dois moins au mérite de mon œuvre qu’au réveil littéraire qui se manifeste et au goût

des choses de l'esprit qui s’est sinoulièrement Les J

moon ae" à

développé depuis quelques années. La poésie s'étant trouvée au berceau de tous les peuples, pourquoi ne saluerait-elle pas l’aube de nos destinées futures et ne bercerait-elle pas l’enfance de notre nationalité ?

À ce titre, le poète canadien mérite ia faveur du public, et cette faveur, je remercie le lecteur de me l'avoir accordée.

Etre admiré n’est rien, le tout est d’être aimé, a dit le grand poète, Alfred de Musset.

Aussi, ce n’est pas l'admiration que je recherche le plus. Que le public m'aime un peu, c'est là toute l'ambition permise à l’envergure de mon humble talent.

ADOLPHE Poisson.

Janvier 1805.

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