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LES DEUX FRANCES

Lu à la séance du congrès national de Montréal, juin 1884:

« A France va mourir ! a dit un faux pro hète : ,

(« L'ombre des vieux héros pleure sa gloire en deuil,

« Et le spectre sanglant de la sombre défaite

(UTristement vient s'asseoir auprès de son cercueil ! »

Les peuples, à la voix de ce sinistre oracle,

Se dressent, frémissants, à l'horizon lointain. En effet, ce doit être un étrange spectacle :

Un grand peuple qui tombe, un astre qui s'éteint !

Quand dans un ciel serein l’éclipse passagère Obscurcit du soleil le disque radieux, La science, en alerte et prompte messagère

Vers ce point de l’éther fait fixer tous les yeux.

De même, à France aimée, un nuage qui passe

Efface:t il l'éclat que tu jettes partout, Les peuples étonnés, interrogeant l’espace,

Se demandent : « La France est-elle encor debout ? »

Oui, la France est debout ! Phare éclairant le monde

Des sommets orgueilleux

aux plus humbles sillons, Depuis plus de mille ans s

a lumière féconde

Dispense à l'univers se

s immortels rayons,

Oui, la France est debout,

Un jour de défaillance Ne peut éclabousser dix grands siècles d’

exploits,

Au cœur de tout Franç

ais il reste la vaillance,

Legs à jamais sacré qu’il tient des vieux Gaulois.

Le héros de Tolbiac, entrevoyant ta gloire,

France, sur ton cimier mit le premier fleuron,

Le jour où, consacrant sa Première victoire,

L'eau sainte du baptême a coulé sur son front !

BARRE SAR RQ AU PAR Are ane eurent à oem ee

MN ans

Charlemagne te vit dans son sublime rêve Briller ainsi qu’au ciel un astre éblouissant, Alors qu'il te taillait, du tranchant de son glaive,

Sur les débris du monde, un empire puissant.

Plus tard, fiers généraux, souverains magnanimes, Penseurs profonds, oui, tous ont à travers les temps, Tenu, grâce à l'éclat de leurs œuvres sublimes,

Les esprits en travail, les peuples haletants,

Ils ne sont déjà plus ces jours si pleins de gloire

Où l’Europe, attentive au seul bruit de ton nom,

Attendait, pour tourner un feuiilet de l’histoire,

L'éclair de ta pensée au fond du Trianon.

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