‹ Heures perdues; poésiesChapitre 13 sur 45 · AUREA MEDIOCRITAS · texte numérisé non relu

AUREA MEDIOCRITAS

QUAND rhomme d'état cherche, ô fardeau qui le ploie ! A combler du budget Ténorme déficit, Moi, dans mon rôle obscur, je répète avec joie : Deus hœc otiafecit I

Mais ce n'est pas le dieu d'Horace ou de Virgile, Un mortel comme moi qui tombera demain.

Mon bonheur ne tient pas dans un vase fragile Qui peut se briser dans ma main !

Je n'ai pas à courber le front devant Mécène. Libre de tout souci, j'accomplis mon devoir Sans jamais m'informer, en secouant ma chaîne, Si mon œuvre plait au pouvoir.

Le Dieu qui m'a donné cette douce retraite, Ce repos bienfaisant et ces graves loisirs N'eut pour me rendre heureux, dans son œuvre discrète, Qu'à borner un peu mes désirs.

Or voilà le secret du bonheur sur la terre.

Désirez peu ; la joie illumine vos fronts.

Plus que les vins mousseux l'eau du roc désaltère La rude soif des \'ignerons 1

DISPUTE DE L'AMOUR ET DE L'AMITIÉ

P l'amour :

LACE à l'amour ! J'ai l'empire des âmes !

l'amitié :

Tu dures peu, moi je règne toujours.

l'ahodr :

J'emplis les cœurs des plus ardentes flammes.

l'amitié :

De doux reflets moi je dote les jours,

l'amour :

D'un feu puissant je brûle et je consume.

l'amitié :

Ma chaleur douce et réchauffe et nourrit.

Moi, je ressemble au cratère qui fume.

l'amitié :

Je suis la fleur que nul vent ne flétrit.

l'amour :

Qui peut oser me disputer l'empire ?

l'amitié :

Moi, l'amitié, car je fais des heureux.

l'amour :

Quel est le cœur qui vers moi ne soupire ?

l'amitié :

Uabime attire et ton gouffre est affreux.

l'amour :

Mon grand pouvoir, je le vois, te désole ; Quel est ton rôle ici-bas, dis-le moi ?

l'amitié :

Demande aux cœurs qu'en secret je console, Ange béni, des coups portés par toi !

l'amour :

Sécher les pleurs ! Moi je répands les larmes,

l'amitié :

Ce sont souvent des larmes de regrets.

l'amour :

Larmes d'amour, larmes pleines de charmes !

l'amitié :

Vois les sillons qu'elles creusent après î

Je n'ai pas à courber le front devant Mécène. Libre de tout souci, j'accomplis mon devoir Sans jamais m'informer, en secouant ma chaîne, Si mon œuvre plait au pouvoir.

Le Dieu qui m'a donné cette douce retraite, Ce repos bienfaisant et ces graves loisirs N'eut pour me rendre heureux, dans son œuvre discrète, Qu'à borner un peu mes désirs.

Or voilà le secret du bonheur sur la terre.

Désirez peu ; la joie illumine vos fronts.

Plus que les vins mousseux l'eau du roc désaltère La rude soif des vignerons !

DISPUTE DE L'AMOUR ET DE L'AMITIÉ

P l'amour :

LACE à l'amour 1 J'ai l'empire des âmes I l'amitié :

Tu dures peu, moi je règne toujours.

l'amour :

J'emplis les cœurs des plus ardentes flammes.

l'amitié :

De doux reflets moi je dore les jours.

D'un feu puissant je brûle et je consume.

l'amitié :

Ma chaleur douce et réchauffe et nourrit.

l'amour :

Moi, je ressemble au cratère qui fume.

l'amitié :

Je suis la fleur que nul vent ne flétrit.

l'amour :

Qui peut oser me disputer l'empire ?

l'amitié :

Moi, l'amitié, car je fais des heureux.

l'amour :

Quel est le cœur qui vers moi ne soupire ?

l'amitié :

L'abîme attire et ton gouffre est affreux.

l'amour :

Mon grand pouvoir, je le vois, te désole ; Quel est ton rôle ici-bas, dis-le moi ?

l'amitié :

Demande aux cœurs qu'en secret je console, Ange béni, des coups portés par toi !

Sécher les pleurs ! Moi je répands les larmes.

l'amitié :

Ce sont souvent des larmes de regrets.

l'amour :

Larmes d'amour, larmes pleines de charmes !

l'amitié :

Vois les sillons qu'elles creusent après î

l'amour :

J'ai pu dompter les âmes les plus fortes.

J'ai fait mon nid dans le cœur du guerrier.

l'amitié :

Moi, je lui rends ses illusions mortes, Lavant le sang qui souille ton laurier.

l'amour :

Ainsi que moi soulèves-tu les guerres ?

Pas un n'échappe à mes traits dangereux.

l'amitié :

Je n'entre pas dans les âmes vulgaires ; Je n'ai charmé que les cœurs généreux.

l'amour :

Vois mon pouvoir ! Je divise les femmes !

l'amitié :

Juge du mien ! Je sais les accorder l

l'amour :

Je suis l'auteur de leurs plus fines trames.

l'amitié :

Dans un cœur franc moi j'aime à présider.

l'amour :

Je suis le dieu de la verte jeunesse Et le bonheur des jeunes fiancés.

l'amitié :

Quand tu n'es plus, pour que le cœur renaisse J'assemble encor les espoirs dispersés.

l'amour :

Mon souvenir dans les âmes rallume Les doux plaisirs de l'âge qui n'est plus.

l'amitié :

Le mien toujours avec bonheur exhume Les saints désirs et les nobles vertus.

l'amour :

Avoueras-tu que mon rôle est immense ?

Courbe-toi donc car je suis ton seigneur.

l'amitié :

Quand tu n'es plus mon empire commence.

Sur les débris de ta toute-puissance Des cœurs brisés je refais le bonheur I

Et j'écoutais cette étrange dispute, Applaudissant l'Amour et l'Amitié.

Depuis ce jour de ma pauvre âme en lutte Partage égal ! chacun prit la moitié !

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