‹ Heures perdues; poésiesChapitre 16 sur 45 · LE CHEVEU BLANC · texte numérisé non relu

LE CHEVEU BLANC

DÉPOUILLE de mon front parfois triste et brûlant, Je te tiens prisonnier, ô premier cheveu blanc ! Es-tu né du travail ? Messager de vieillesse, Avant l'heure viens-tu du printemps qui me laisse

Je n'ai pas à courber le front devant Mécène. Libre de tout souci, j'accomplis mon devoir Sans jamais m'informer, en secouant ma chaîne, Si mon œuvre plait au pouvoir.

Le Dieu qui m'a donné cette douce retraite, Ce repos bienfaisant et ces graves loisirs N'eut pour me rendre heureux, dans son œuvre discrète. Qu'à borner un peu mes désirs.

Or voilà le secret du bonheur sur la terre.

Désirez peu ; la joie illumine vos fronts.

Plus que les vins mousseux l'eau du roc désaltère La rude soif des vignerons 1

DISPUTE DE L'AMOUR ET DE L'AMITIÉ

Pl'amoob :

LACE à l'amour I J'ai l'empire des âmes !

L'AMlTlt ;

Tu dures peu, moi je règne toujours.

l'amoor r J'emplis les cœurs des p'.us ardentes flammes.

l'ami 11 É :

De doux reflets moi je dore les jours.

l'amour :

D'un feu puissant je brûle et je consume.

l'amitié :

Ma chaleur douce et réchauffe et nourrit

l'amour ; Moi, je ressemble au cratëre qui fume.

l'amitié :

Je suis la fleur que nul vent ne flétrit

l'amour :

Qui peut oser me disputer l'empire ?

l'amitié :

Moi, l'amitié, car je fais des heureux.

l'amour :

Quel est le coeur qui vers moi ne soupire ?

l'amitié :

L'abîme attire et ton gouffre est affreux.

Mon grand pouvoir, je le vois, te désole ; Quel est ton rôle ici-bas, dis-le moi ?

l'amitié :

Demande aux cœurs qu'en secret je console, Ange béni, des coups portés par toi !

l'amour :

Sécher les pleurs ! Moi je répands les larmes,

l'amitié :

Ce sont souvent des larmes de regrets.

l'amour :

Larmes d'amour, larmes pleines de charmes !

l'amitié :

Vois les sillons qu'elles creusent après !

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