‹ Heures perdues; poésiesChapitre 21 sur 45 · PETITS VOLEURS · texte numérisé non relu

PETITS VOLEURS

SEPTEMBRE fait plier Tarbre sous les fruits mûrs, Et déjà les enfants escaladant les murs Où va s^abriter Thirondelle, Humant la douce odeur que répand mon verger, S*avancent dans la nuit doucement, sans songer A mon chien farouche et fidèle.

Ils approchent, voilà qu'ils ont déjà surgi Sur la haie ob l'épine 3. bien souvent rougi

Leurs mains petites mais avides.

Eux pourtant si bavards ont cessé leur caquet ; Ils ont tendu ta main, quand mon cerbère au guet

Fond sur eux en deux bonds rapides.

Adieu large festin au pied de l'arbre vert !

Adieu les fruits vermeils ! Le dogue a découvert,

Gardien féroce et taciturne.

Leurs pas lents et furtifs à l'abri des halliers, Et fait fuir devant lui ces hardis écoliers

Honteux de leur course nocturne.

Parmi ceux que le vol avait là réunis C'est un sauve-qui-peut à travers prés jaunis. Comme ils fuient les petits coupables !

Hallali sans pareil, à travers les vallons

Ils courent essoufflés ; mon chien sur leurs talons Exhibe ses crocs formidables.

Il faut à ces pillards de sévères leçons,

Il faut depuis longtemps à ces vilains garçons,

Qui pillent les vergers sans gêne, Un chien qui les arrête à leur premier méfait ; Un invisible argus qui les prend sur le fait

Et qui tambour battant les mène.

Aussi quand Tan prochain Tarbre aura ses fruits mûrs On ne les verra plus escalader les murs

Où pend le nid de Thirondelle ; Moins friands de mes fruits qu'effrayés du danger, Ils ne reviendront plus visiter mon verger

Que défend un gardien fidèle !

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