‹ Heures perdues; poésiesChapitre 23 sur 45 · IT · texte numérisé non relu

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Puis mon esprit vola vers le pays du rêve, Et ma plume courut, sans repos et sans trêve ; Le vers coula rapide, et sous le feu sacré Je sentis frissonner tout mon être enivré.

Pendant ce temps la lampe, auprès de moi placée, En éclairant mon front réchauffait ma pensée ; Témoin de mon travail, son regard vigilant Voyait le vers éclore en mon cerveau brûlant ! Moments remplis d'ivresse ! Heures délicieuses Des rêves enchantés, des muses gracieuses !

Ton silence enveloppe, ô belle et calme nuit. Le poète qui veille et la lampe qui luit !

Mais la fatigue vint. Ma plume nonchalante Sur le papier courut moins agile et plus lente ; La muse au léger vol cessa de caresser Mon front lourd et déjà fatigué de penser,

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Et bientôt le sommeil, frère de l'indolence, Calme enfant de la nuit, hôte aimé du silence, Me couvrit de son aile, et son charme vainqueur Vint bercer mon esprit et reposer mon cœur.

Un rêve m'endormit, un songe me réveille.

La muse n'est plus là pour charmer mon oreille.

Jalouse du sommeil qui me fermait les yeux,

Ailleurs elle a porté son vol capricieux.

La nuit est dans mon âme autant qu'à la fenêtre.

Pourtant, premier reflet du jour qui va paraître,

Ma vitre se colore aux lueurs du matin.

Et chargé de sommeil, mon regard incertain

Voit, rivale de l'aube, une flamme encor belle

Obstinément briller. En compagne fidèle,

Eclairant doucement le poète qui dort,

Malgré le jour qui luit, ma lampe veille encor !

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