SIGNES TIRÉS DES SUEURS. — DES URINES
572. La sueur la meilleure est celle qui dissipe la fièvre dans un jour critique ; elle est avantageuse aussi, celle qui soulage ; la sueur froide , bornée à la tête et au cou , est suspecte; car elle présage chronicité et danger. (Pron. 6, in med.)
573. La sueur froide dans une fièvre aiguë est mortelle, et dans une fièvre plus bénigne , elle présage la chronicité. ( Pronost. 6 , in medio. )
574. De la sueur apparaissant en même temps que la fièvre dans une maladie aiguë, c’est suspect. (Prorrh. 58.)
575. L’urine qui, dans une fièvre, dépose un sédiment blanc et homogène, présage une prompte délivrance; [elle présage ] afissi une prompte délivrance, celle qui , de trouble qu’elle était , devient aqueuse et présente une matière grasse
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[ à sa surface ] ; l’urine rougeâtre , et qui à un sédiment également rougeâtre et homogène , si elle paraît telle avant le septième jour, délivre le septième jour; mais si elle ne prend ce caractère qu’après le septième jour , elle présage plus de durée ou une vraie chronicité [daus la maladie]. L’urine qui , le quatrième jour, prend un nuage rougeâtre, délivre le septième , si les autres signes sont convenables ; mais l’urine ténue , bilieuse , présentant à peine un sédiment visqueux, et celle qui change [ souvent ] en mieux et en pis , présagent de la chronicité ; si cet état se prolonge , ou s’il se passe du temps avant que la crise arrive , le cas n’est pas sans danger. ( Pronost . 12, initio. )
576. Des urines constamment aqueuses et blanches, dans les maladies chroniques , deviennent difficilement critiques et ne sont pas rassurantes.
577. Des nuages blancs dans les urines, s’ils gagnent le fond, sont avantageux ; des nuages rouges ou noirs, ou livides, sont fâcheux. ( Pronost . 12, inmedio . )
578. Sont dangereuses dans les maladies aiguës, les urines bilieuses qui ne sont pas un peu rouges, celles qui déposent un sédiment blanc semblable à de la grosse farine ( Pronost . 12 , in medio ) , celles dont la couleur et le sédiment varient , surtout dans le cas de fluxions qui partent de la tête. Sont encore dangereuses les urines qui , de noir.es qu’elles étaient , deviennent ténues et bilieuses ; celles dont le sédiment est dispersé ; celles qui , contenant des matières floconneuses , déposent un sédiment un peu livide et bourbeux. Par suite les malades n’ont-ils pas l’hypocondre douloureux, le droit je pense? ou même ne deviennent-ils point verdâtres, et ne se développc-t-il pas chez eux des parotides douloureuses ? En pareil cas, si le ventre se lâche promptement et abondamment , c’est pernicieux. ( Prorrh . 156. )
579. Les urines qui arrivent à coction subitement, sans motif rationnel, et pour peu de temps, sont suspectes; en général , tout ce qui , dans les maladies aigiüs , arrive à coction sans motif rationnel, est suspect; sont également
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suspectes les urines très rouges qui présentent une efflorescence érugineuse. ( Prorrh . 59.) — L’urine rendue blanche (incolore) et diaphane est funeste, surtout chez les phrénétiques. Elle est encore funeste, celle qui est rendue aussitôt après qu’on a bu , surtout chez les pleurétiques et les péripneuraoniques ; elle est également funeste, l’urine oléagineuse rendue avant un frisson ; elle l’est aussi, celle qui, dans les maladies aiguës , est rendue avec une couleur verdâtre , et qui ne conserve pas cette couleur.
580. Sont pernicieuses les urines déposant un sédiment noir et noires elles-mêmes ; chez les enfants , les urines ténues sont plus mauvaises que les urines épaisses (188). [Sont également pernicieuses] les urines qui tiennent en suspension des matières grumeuses séminiformes , et celles qui sont rendues avec douleur ; il est encore pernicieux que l’urine s’échappe sans qu’on s’en aperçoive. Dans les cas de péripneumonie, l’urine cuite au début et s’atténuant au quatrième jour est pernicieuse. ( Pronost . 12, in medio. )
581. Chez les pleurétiques, des urines teintes de sang et troubles, avec un sédiment très varié, sans mélange, entraînent le plus ordinairement la mort en quatorze jours. Sont encore promptement mortelles chez les pleurétiques les urines poracées donnant un dépôt noir , furfuracé. Dans le cansus avec catochc, l’urine très blanche est très mauvaise,
582. L’urine crue qui persévère longtemps dans cet état quand les autres signes salutaires existent, indique un dépôt et de la souffrance dans les régions sous-diaphragmatiques ; mais [ce dépôt se fait] à la hanche s’il y a des douleurs vagues aux lombes, avec ou sans fièvre. L’urine qui , au moment de l’émission, tient en suspension une matière grasse, déliée, présage une fièvre [brûlante avec colliquation] (189) ; l’urine sanguinolente, au début d’une maladie, est un signe de chronicité; l’urine trouble, accompagnée de sueurs, présage une récidive; l’urine blanche comme celle des bêtes de somme, présage de la céphalalgie; l’urine avec pellicule amène un spasme ; l’urine qui dépose un sédiment semblable à de la
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salive ou bourbeux , annonce un frisson ; celle avec suspensions semblables à des toiles d’araignées, est un indice de colliquation. ( Pronost . 12, in medio.) Les petits nuages noirs, dans les fièvres erratiques, présagent une fièvre quarte; mais les urines incolores qui présentent des énéorèmes noirs, avec insomnie et trouble , annoncent le phrénitis ; les urines de couleur cendrée, avec dyspnée, présagent mie hydropisie. ( Prorrh . U.)
583. L’urine aqueuse ou troublée par des cospuscules hérissés de petites pointes et friables , indique que le ventre se relâchera ; l’urine devenue plus épaisse de ténue qu’elle était, indique-t-elle que des sueurs vont paraître ? Celle qui est écumeuse à sa superficie indique une sueur qui a eu lieu.
58Zi. Dans les fièvres tierces avec horripilation , des suspensions noires semblables à de petits nuages , indiquent un frissonnement irrégulier. Les urines avec pellicule et celles qui déposent quand il y a de J 'horripilation , annoncent des spasmes.
585. L’urine qui dépose un sédiment avantageux et qui tout à coup n’en dépose plus , indique un travail interne et un changement; mais celle qui dépose un sédiment qui [tantôt] est trouble [et tantôt] limpide, présage du frisson pour le temps de la crise, peut-être même un changement [ de la maladie] en fièvre tierce ou quarte.
586. Chez les pleurétiques , l’urine un peu rouge et qui donne un dépôt uniforme , présage une crise salutaire ; il en est de même de l’urine légèrement verdâtre qui a des efflorescences écumeuses et qui donne un dépôt blanc et épais ; mais l’urine très rouge , efflorescente et donnant un dépôt verdâtre uniforme et pur , présage une maladie très longue, pleine de perturbations, se changeant en une autre, mais non funeste. L’urine blanche (incolore), aqueuse, donnant un dépôt farineux , roux , indique un travail interne et du danger ; celle qui est verdâtre , et qui dépose un sédiment farineux , présage chronicité et danger.