‹ Hippocrate le serment, la loi, de l'art ... par le dr. Ch. V. DarembergChapitre 68 sur 145 · SIGNES TIRÉS DES SELLES · texte numérisé non relu

SIGNES TIRÉS DES SELLES

601. Les excréments sont très bons s’ils sont mous, liés , un peu fauves , s’ils n’exhalent pas une trop mauvaise odeur, et s’ils sont rendus à l’heure accoutumée , en quantité proportionnée à celle des aliments [Prorrlt. 11, initio ) ; ils doivent s’épaissir aux approches de la crise. Il est avantageux qu’il sorte des lombrics quand la maladie tend à la crise.

( Pronost . il, in med. )

602. Dans les maladies aiguës, les excréments spumeux, enveloppés de bile, sont mauvais. Sont également mauvais les excréments très blancs ( Prorrh . 53) ; mais ils sont encore plus mauvais s’ils ressemblent à de la farine délayée et à des matières pourries. Le carus en pareil cas , c’est mauvais, aussi bien que des selles teintes de sang , et une vacuité des vaisseaux que rien ne justifie. {Prorrh. 102, initio.)

603. Quand le ventre resserré laisse échapper , par la force des remèdes , des excréments petits, noirs, semblables à des crottes de chèvre , s’il survient une épistaxis abondante , c’est mauvais. ( Proirh. Al. )

60A. Des excréments visqueux sans mélange ou blancs , sont suspects. Sont également suspects les excréments très fermentés et un peu phlegmatiques. C’est encore funeste, que des selles venant à la suite de tranchées donnent un dépôt un peu livide , purulent et bilieux. ( Pronost . 11, in medio.)

605. Rendre par les selles , un sang rutilant , c’est mauvais , surtout s’il existe de la douleur.

606. Les excréments spumeux et teints de bile à l’extérieur sont suspects; à la suite on devient ictérique. ( Prorrh. 53.)

607. Sur des selles bilieuses, une efflorescence écumeuse, c’est mauvais, surtout chez un individu qui a souffert antécédemment des lombes , ou qui a été pris de délire (192). (Prorrh. 21, 22 et 53.)

608. Les selles ténues , spumeuses , donnant un dépôt séroso-bilieux , sont funestes; sont également funestes les selles purulentes. Les selles noires et sanguinolentes sont funestes avec fièvre et en tout autre cas. Les excréments de couleurs variées et foncées sont suspects : ils sont d’autant plus mauvais que leur couleur est plus redoutable , à moins qu’il n’en soit ainsi par suite d’une potion purgative ; auquel cas il n’y a point de danger , si du reste les évacuations ne sont pas trop abondantes. Des excréments grumeleux et mous sont encore suspects dans une fièvre. Il en est de même s’ils sont secs , friables (193) , décolorés , et surtout si le v.entre se relâche. S’il y a eu auparavant des selles noires , ils tuent.

609. Des selles liquides , rendues abondamment à de petits intervalles , c’est mauvais , car d’un côté elles produiront du mal (194) , des insomnies, et de l’autre elles entraînent bientôt la résolution des forces. ( Pronost . 11, in med. )

610. Les excréments humides, un peu grumeleux , avec refroidissement général et fièvre , sont suspects. Dans ce cas des frissons resserrent la vessie et le ventre. Mais des selles très aqueuses , et qui restent telles dans le cours des maladies aiguës , c’est mauvais , surtout si le malade n’est pas altéré. ( Prorrh . 116.)

611. Des excréments très rouges dans le dévoiement, c’est suspect. Sont également suspects les excréments très fortement teints en vert, ou blancs, ou spumeux ou aqueux. Les excréments petits et visqueux , homogènes , verdâtres , sont encore mauvais. Chez ceux qui sont pris de coma , de torpeur,

PUÉNOTIONS l)E COS.

des excréments liquides , c’est très mauvais ; il est mortel de rendre beaucoup de sang caillebotté, comme aussi des excréments blancs et liquides , avec météorisme du ventre.

612. Des selles noires comme du sang, avec fièvre et sans fièvre , c’est funeste ; tout ce qui est varié est funeste. Tout ce qui est foncé en couleur est funeste.

613. Les selles qui finissent par devenir spumeuses et sans mélange, annoncent chez tous les malades un paroxysme , mais surtout chez ceux qui sont dans un état spasmodique : à la suite il s’élève des tumeurs vers les oreilles. ( Prorr/t . 111.) Celles qui d’abord très liquides deviennent ensuite consistantes, sans mélange, stcrcoreuses, présagent la prolongation delà maladie. Les selles très rouges pendant la fièvre, présagent le délire ; mais les blanches et stercoreuses sont fâcheuses dans l’ictère [il en est de même] des excréments liquides qui par le repos prennent une teinte rouge foncé. ( Prorrh . 50. )

61 h. Chez ceux qui ont une hémorragie , des excréments visqueux mélangés de noir , c’est un signe de mauvais caractère , surtout chez les sujets très pâles.

615. Des selles très blanches dans la fièvre, ne présagent pas une bonne crise.

616. Les perturbations du ventre suivies de selles fréquentes mais peu abondantes tirent les joues (195), mais elles dissipent les érythèmes survenus à la face.

617. Des selles stercoreuses, rendues avec effort, indiquent un mauvais état du ventre ; mais devenues subitement phlegmatiques avec douleur mordicante au cardia, elles présagent une dyssenterie, peut-être même une douleur des lombes. En pareille circonstance la tension du ventre , qui expulse par la force des remèdes des selles liquides et se tuméfie bientôt , indique un état spasmodique. Dans ce cas , avoir du frisson , c’est pernicieux. (Prorrh. 99.)

618. Ceux .qui ont des selles noires sont pris de sueurs froides.

619. Chez ceux dont le ventre se trouble dès le début [de la maladie], et dont les urines sont peu abondantes.

PRÉNOTIONS DE COS.

mais qui après quelque temps ont le ventre sec et qui rendent en grande quantité des urines ténues , il survient des dépôts aux articulations.

620. Se lever à de courts intervalles pour aller à la selle, donne de l’horripilation et même une sorte de frisson (196); quand les excréments sont suspects, il est très fâcheux qu’ils commencent à le devenir au quatrième jour.

621. Se lever à de courts intervalles, pour rendre des selles visqueuses et ne présentant que peu de matières excrémentitielles , en même temps que l’hypocondre et le côté sont douloureux , c’est un présage d’ictère. Si les évacuations se suppriment, les malades deviendront verdâtres; je pense aussi qu’ils auront une hémorragie. Des douleurs aux lombes , chez les sujets pris de cette hémorragie , font rendre un sang rutilant. [ Dans ce cas ] , devenir brûlant avec carus et céphalalgie, c’est pernicieux. (ProrrhAUG.)

622. Les selles visqueuses, .bilieuses, produisent plus qu’autre chose des dépôts autour des oreilles.

623. Toutes les fois que concurremment avec des selles liquides , il s’élève des tumeurs douloureuses , c’est mauvais; mais si le ventre se resserre sans que rien de nouveau se soit manifesté , il sere lâche bientôt et c’est un signe de plus mauvais caractère. En pareil cas des vomissements sont funestes et présentent un caractère de malignité.

62û. Chez ceux dont le visage est enflammé et rouge et qui rendent des selles fétides abondantes et très rouges , il faut s’attendre à un violent délire.

625. La teinte sale de la peau indique un état de souffrance du ventre. C’est surtout en pareil cas qu’on rend des espèces de lambeaux charnus , purulents et rouges.

626. Des ardeurs survenant à la suite d’une évacuation de matières bilieuses , molles , stercoreuses , font naître des parotides (197). ( Prorrh . 166. )

627. La surdité fait cesser les selles bilieuses , et les selles bilieuses font cesser la surdité.

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