‹ Hippocrate le serment, la loi, de l'art ... par le dr. Ch. V. DarembergChapitre 95 sur 145 · SECTION TROISIÈME · texte numérisé non relu

SECTION TROISIÈME

13. [2] Année australe, pluvieuse; vents insensibles jusqu’à la fin. Comme il y avait en de la sécheresse pendant l’année précédente, vers le lever d’Arcturus (un peu avant l’équinoxe d’automne), les pluies furent très abondantes avec les vents du midi. Automne sombre, nébuleux, très pluvieux. Hiver austral, pluvieux, doux. Mais longtemps après le solstice , vers l’équinoxe , froids de l’arrière-saison, et même vers l’équinoxe vents du nord et neiges qui ne durèrent pas longtemps. Au printemps, retour de la température australe ; vents insensibles ; pluies abondantes sans interruption jusqu’à la Canicule. Été serein, chaud; chaleurs étouffantes. Les vents étésiens soufflèrent peu et irrégulièrement. Vers le lever d’Arcturus , les pluies recommencèrent avec les vents du nord. L’année ayant donc été australe , humide et douce , la santé publique fut bonne durant l’hiver. J’en excepte les phthisiques , dont je parlerai ensuite.

là. [ 3 ] Vers le printemps , avec les froids qui régnèrent alors, il y eut beaucoup d’érvsipèles, produits chez les uns par quelque cause apparente , chez les autres , sans cause ; ils étaient de mauvaise nature, et enlevèrent beaucoup de monde. Bien des gens avaient des douleurs au pharynx. Changement dans le timbre de la voix ; causas ; phrénitis, aphthes à la bouche; tumeurs aux parties génitales; ophthalmies; anthrax (27) ; perturbations du ventre ; dégoût ; les uns étaient altérés, les autres ne l’étaient pas ; urines troubles, abondantes, de mauvaise qualité. Le plus souvent les malades étaient dans un état comateux, avec alternatives d’insomnies; souvent absence de crises, ou crises difficiles; hydropisies; phthisies nombreuses. Telles furent les maladies qui régnèrent épidémiquement. Il y eut des individus atteints de chacune de

ÉPIDÉMIES

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ces espèces de maladies ; beaucoup en moururent. Chacune de ces affections se comportait de la manière suivante.

15. [k] Chez un grand nombre, l’érysipèle était dû à une cause occasionnelle; il survenait à la suite des causes les plus ordinaires, et autour des plus petites plaies, sur toutes les parties du corps , mais principalement à la tête ; et surtout chez les sexagénaires. Pour peu qu’on négligeât ces érysipèles, et pendant même qu’on les traitait, il se faisait chez plusieurs de grandes inflammations phlegmoneuses ; l’érysipèle croissait rapidement et s’étendait partout(28). Chez la plupart, le dépôt se faisait par suppuration ; de très grandes portions de chairs, de nerfs (parties blanches, tendineuses et ligamenteuses) et d’os se détachaient. L’humeur qui se ramassait ne ressemblait point à du pus; c’était une autre espèce de matière putride ; le flux était abondant et varié. Quand l’érysipèle envahissait la tête, les cheveux et les poils du menton tombaient; les os mis à nu s’exfoliaient; il y avait un écoulement abondant d’humeurs. Cela arrivait sans fièvre et avec fièvre; mais ces accidents étaient plus effrayants que funestes. La plupart de ceux chez qui la cochon fit aboutir la maladie à des suppurations, réchappèrent. Ceux chez qui la phlegmasie et l’érysipèle disparaissaient sans qu’il se produisît quelque dépôt de cette nature , périrent en grand nombre. Les mêmes choses arrivaient sur quelque endroit du corps que l’érysipèle se portât dans sa marche vagabonde. Chez plusieurs individus , les bras et les avant-bras tombèrent en lambeaux. Quand il se portait sur les parois antérieures ou postérieures de la poitrine , ces parties étaient endommagées. Chez d’autres ou la cuisse, ou la jambe , ou le pied tout entier furent entièrement dépouillés. De tous les érysipèles , le plus fâcheux était celui qui attaquait le pubis et les parties de la génération. Voilà ce qu’il en était des érysipèles développés autour des plaies , et engendrés par une cause manifeste. Mais ils se déclarèrent chez plusieurs dans les fièvres, avant et durant la fièvre. Toutes les fois que le dépôt se faisait par suppuration, qu’il y

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