‹ Hippocrate par lui-même, ou Commentaires sur les Aphorismes, d'après les écrits vrais et supposés d'HippocrateChapitre 49 sur 103 · SECTION T · texte numérisé non relu

SECTION T

tels au-delà de ving-cinq ans, Hippocrate annonce la terminaison par suppuration des pleurésies que l’expectoration n’a pas jugées dans l’espace de quatorze jours; et il menace de phthisie les malades qui ne sont pas convalescens le quarantième jour de la rupture d’une vomique.

Les hémorrhagies tiennent peu .de place dans cette cinquième section. Le sang écumeux rendu par la bouche vient du poumon ; l’hématémèse trouve sa fin dans l’éruption des règles , utilement remplacées elles-mêmes par l’épistaxis ; cette évacuation périodique manque chez toute femme qui a du lait , quoiqu’elle ne soit ni grosse ni nourrice. Si les menstrues , irrégulières et décolorées, indiquent le besoin des purgatifs , il est à craindre qu’une femme ne devienne maniaque, lorsque trop de sang se porte à ses seins. Les fumigations sur les parties sexuelles sont proposées comme capables à provoquer le retour des règles, que l’on peut modérer en appliquant une frèslarge ventouse au-dessous des mamelles.

On aurait beaucoup à dire sur les avantage’? et les inconvéniens du chaud et du froid, si les bornes de ce travail n’interdisaient pas de recueillir et de rapprocher tout ce qui, dans les écrits d’Hippocrate, concerne ce sujet. Il faut donc s’attacher uniquement à l’esprit des aphorismes , et parler d’abord des applicatiqpns chaudes dans le traitement de quelques maladies. L’excès de chaleur, cause de beaucoup d’incommodités, énerve, afiaiblit, engourdit le? sens, provoque des pertes de sang et des défaillances. Le chaud est essentiellement utile sur les parties refroidies , pourvu qu’il n’y ait pas d’hémorrhagie, et qu’on n’en craigne aucune ; et ses avantages iie sont pas contestés toutes les fois qu’il s’agit d’établir et d’entretenir la suppuration, de calmer les douleurs, les convulsions ; et les chirurgiens savent les apprécier dans le traitement des fractures, dans celui des os dénudés, des

2^2 APHORISMES d’hIPPOCRATE,

plaies de tête, des ulcères rongeans qui existent sue

diverses parties du corps.

Les convulsions , le tétanos , le tremblement fébrile et les gangrènes sont TefFet d’un trop grand froid, qui, quoique modéré , ne s’accommode point avec les propriétés vitales peu énergiques des os , des dents , des tendons , des membranes séreuses et fibreuses , de la inoelle épinière, ni avec les ulcères. La glace et la neige sont ennemies de la poitrine; elles provoquent la toux, l’hémoptysie et les catarrhes. Les affusions froides font cesser le tétanos spontané et idiopathique chez les personnes fortes, replètes, et d’un âge moyen; elles arrêtent les hémorrhagies ou les préviennent, et suspendent les progrès d’une inflammation qui n’est encore qu’à son début : plus tard , elles l’aggravent , et déterminent la gangrène. Le froid engourdit : or, une torpeur modérée ayant la propriété de calmer la douleur, il ne paraît pas étonnant qu’Hippocrate ait préconisé ces affusions contre l’arthritis et la gOultè (i).

Sans s’arrêter aux causes de la stérilité , aux signes qui indiquent qu’une femme peut devenir enceinte , qu’elle est décidément grosse et qu’elle porte dans son Sein un enfant de tel ou de tel sexe , il importe davantage d’énoncer une partie des maladies auxquelles elle est sujette durant la gestation. On lit dans ces aphorismes , qu’une saignée cause l’avortement avec d’autant ^lus de certitude que l’époque de l’accouchement est plus rapprochée, Üne diarrhée rebelle , l’affaissement subit des mamelles sont suivis du même efl'et. Les femmes extrêmement maigres ne parviennent jamais au terme, si elles

(i) On lira toujours avec autant de plaisir que de profit , les observations du docteur Bosquillon , sur les effets de la chaleur et du froidj/éphor. et Prognost. d’ Hippocrate , p. io5 et suiy. Paris i8i4-

ne prennent quelqu’embonpoint ; et elles ne perdent le fruit de la conception, que parce que les sinus utérins sont trop remplis de mucosités. On a tout à craindre pour une femme grosse atteinte d’une maladie aiguë ou d’un érysipèle à la matrice : enfin , le lait qui coule des seins, le cours des règles qui Continué, sont déS indices de la faiblesse du fétus.

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