‹ Hippolyte et AricieChapitre 16 sur 48 · THÉSÉE, TISIPHONE · texte numérisé non relu

THÉSÉE, TISIPHONE

THESEE.

Aisse-moi respirer, implacable furie /

TISIPHONE

Non, dans le séjour ténébreux^ C'est en vain qu'on gémit, c'est en vain que Von crie^ Et les plaintes des malheureux Irritent notre barbarie.

IlIPPOLYTE ET ARICIE.

THÉSÉE

Dieux, ji" est-ce pas asse'{ des maux que f ai soufferts ?

J'ai vu Pif^ithous déchiré par Cerbère ;

J'ai vu ce monstre affreux trancher des jours si

chers.

Sans daigner dans mon sang assouvir sa colère. J'attendais la mort sans effroi^ Et la mort fuyait loin de moi.

TISIPHONE

Eh ! croyais-tu que de tes peines Le moment de ta mort fût Je dernier instant ? Pirithoûs gémit sous d éternelles chaînes.

Tremble ! le même sort f attend.

THÉSÉE

Ah ! qu'avec lui je le partage, Ce sort que tu viens m"* annoncer !

Rends-moi Pirithoûs, je me livre à ta rage ;

Mais sur lui, s'il se peut, cesse de l'exercer !

TISIPHONE

C^est peu pour moi d'une victime.

Non, rien n apaise ma fureur.

Je dois porter partout le ravas^e et Vhot^reur Lorsque partout je vois le crime.

TRAGEDIE

THÉSÉE

Contente-toi d'une victime.

Quoi I rien n apaise ta fureur !

Dois-tu porter plus loin le ravage et Vhorreiir ? Quand sur moi seul je prends le crime ?

Le fond du théâtre s'ouvre; on y voit pluton

sur son trône; les trois parques

sont à ses pieds.

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