‹ Hippolyte et AricieChapitre 32 sur 48 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

f^'En est donc fait ^ cruel, rien n arrête vos pas.

Vous désespère^ votre amante.

Hélas ! par vos soupirs mon désespoir s'augmente. Je sens mieux tous mes maux en voyant tant d'appas.

ARICIE

Quoi! r inimitié de la Reine Vous fait-elle quitter Vobjet de votre amour ?

Non^ je ne fuirais pas de ce chaf^mant séjour^ Si je ny craignais que sa haine.

TRAGEDIE. LXI

ARIGIE.

Que dites-vous?

Garde^ d'oser porte^ les yeux Sur le plus horrible mystère !

Le respect me force à me taire.

J'offenserais le Roi^ Diane et tous les Dieux,

ARICIE

Ah î cest m'en dire asse!{. O crime ! Mon cœur en est glacé d'épouvante et dliorreur. Cependant vous parte\^ et de Phèdre en fureur Je vais devenir la victime!

(à part).

Dieux! pourquoi séparer deux cœurs Que r amour a faits Vim pour Vautre?

à HIPPOLYTE.

Eh ! quelle autre main que la vôtre^ Si vous m'aboMdonnei, peut essuyer mes pleurs ?

Eh bien! daigne^ me suivre.

ARICIE

O Ciel! que dites-vous?

Moi, vous suivre l

Cesse\ de croiî^e Que je puisse oublier le soin de votre gloire! En suivant votre amant vous suive:{ votre époux, Vene:{!.,, Quel silence funeste,

ARICIE

Ah! Prifîce^ crofe\-enV amour que fen atteste, Ce serait mon suprême bien D'unir votre sort et le mien; Mais Diane est inexorable Pour l'amour et pour les amants,

A d*innocents désirs Diane est favorable Qu'elle préside à nos serments!

Nous allons nous jurer une immortelle foi ! Viens, Reine des forêts, viens former notre chaîne,

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