SCENE II
JjRincesse^ quels apprêts me frappent dans ce
temple?
ARICIE
Diane préside en ces lieux.
Lui consacrer mes jours ^ cest suivre votre exemple.
Non., vous les immole:{, ces jours si précieux.
TRAGEDIE. XIX
ARICIE
J'exécute du Roi la volonté suprême.
A Thésée, à son fils, ces jours sont odieux.
Moi, vous hdir? ô ciel! quelle injustice extrême!
ARICIE
Je ne suis voint l'objet de votre inimitié ?
Je sens pour vous une pitié Aussi tendre que l'amour même.
ARICIE
Quoi ! le fier Hippolyte !
Hélas !
Je n'en ai que trop dit. Je ne m'en repens pas^
Si vous ave:{ daigné nï'entendre.
Mon trouble, mes soupirs, vos malheur s, vos appas .^ Tout vous annonce un cœur trop sensible et trop
t endive.
XX IIIPPOI.YTE ET ARICIE,
Ah I que vene'{-voiis de in apprendre ?
C'en est fait^ pour jamais mon repos est perdu. Peut-être votre indifférence Tôt ou tard me V aurait rendu ; Mais votre amour ni en ôte l'espérance.
C'en est fait ^ pour jamais mon repos est perdu.
QvCentends-je ? Quel transport de mon âme
s'empare !
ARICIE
Oubliez-vous qu'on nous sépare ?
Dans ce temple fatal quel sort sera le mien ? Hippolrte amoureux m'occupera sans cesse,
Et des autels de la Déesse Je sentirai mon cœur revoler vers son bien ; Et fy regretterai mon bonheur et le sien.
Je vous affranchirai d'une loi si cj^uelle !
ARICIE
Phèdre sur sa captive a des droits absolus.
Que sert de nous aimer? nous ne nous verrons plus.
TRAGEDIE. XXI
0 Diane, protège une flamiiie si belle I
Tîi règnes sur nos cœurs comme dans nos forêts.
Pour coiiibattre V Amour tu nous prêtes des armes ;
Mais quand la vertu même en vient lancer les traits^
Qui peut résister à ses charmes ?