ACTE PREMIER
ARICIE
Ah! que venez-vous de m'apprendre!
C'en est fait, pour jamais mon repos est perdu. Peut-être votre indifférence Tôt ou tard me l'aurait rendu; Mais votre amour m'en ôte l'espérance.
C'en est fait, pour jamais, mon repos est perdu
Ou'entends-je? quel transport de mon âme s'empare ?
ARIGIE.
Oubliez-vous qu'on nous sépare? • Dans ce temple fatal quel sort sera le mien ? Hippolyte amoureux m'occupera sans cesse;
Et des autels de la Déesse, Je sentirai mon cœur revoler vers son bien : Et j'y regretterai mon bonhenr et le sien
Je vous affranchirai d'une loi si cruelle.
ARIGIE.
Phèdre sur sa captive à des droits absolus.
Que sert de nous aimer ? nous ne nous verrons plus.
0 Diane! protège une flamme si belle.
ARIGIE.
Tu règnes sur nos cœurs comme dans nos forêts. Pour combattre l'Amour tu nous prêtes des armes; Mais quand la vertu même en vient lancer les traâts, Qui peut résister à ses charmes ?