‹ Hippolyte et Aricie; tragédie en cinq actes et un prologueChapitre 17 sur 60 · CHŒUR DES PRÊTRESSES · texte numérisé non relu

CHŒUR DES PRÊTRESSES

Non, non, un cœur forcé n'est pas digne des Dieux ; Le sacrifice en est un crime.

PHÈDRE

Quoi ? l'on ose braver le suprême pouvoir !

LE CHŒUR

Obéissez aux Dieux; c'est le premier devoir.

PHÈDRE, à Hippolyte.

Prince, vous souffrez qu'on outrage Et votre père et votre roi ?

ÏJIPPOLYTE, à Phèdre.

Vous savez quel respect à Diane m'engage; Dès mes plus tendres ans je lui donnai ma foi.

PHÈDRE

Dieux! Thésée en son fils trouve un sujet rebelle!

Je sais tout ce que je lui doi ; Mais ne puis-je pour lui faire éclater mon zèle Qu'en outrageant une immortelle?

PHÈDRE

Laissez des détours superflus; La vertu, quelquefois, sert de prétexte au crime.

Quel crime?

PHÈDRE

Je ne sais qui vous touche le plus, De l'autel, o i de la victime.

Du moins, par d'injustes rigueurs, Je ne sais point forcer les cœurs.

PHÈDRE

Je vous entends. Eh bien! que la trompette sonne,

Que le signal affreux se donne, Et le temple et l'autel vont tomber à ma voix.

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