septembre
2. Il s’agit des deux ligures d’anges, tenant des couronnes, qui se voient en avant des chœurs.
SAINT-VINCENT-DE-PAUL
Au 16 septembre, nous lisons : « Je commence à une heure et demie le grand sujet. » 11 s'agit évidemment de la Prédication de saint Pierre et de saint Paul .
Néanmoins, les peintures ne furent terminées qu'en 1853. L’artiste y avait travaillé quatre ans (août 18 A9 — juin 1853), temps qui paraîtra bien court, si Ton songe à l’immensité de l’œuvre.
Théophile Gautier *, considérant cette longue frise, où l’inspiration chrétienne s'accorde si harmonieusement avec le culte de la beauté antique, disait que Flandrin avait réalisé le rêve d’Orsel, qui était de baptiser l'art grec. « La frise de Saint-Vincent-de- Paul fait naître l’idée d’un Parthénon chrétien. » Le même critique ajoutait : « Pour la sévérité du style, le sentiment religieux, le grand goût d’arrangement, la correction du dessin, le jet des draperies, il est superflu de faire l’éloge de M. Flandrin : on sait de quoi il est capable. Parlons de la couleur qui est douce, sobre, harmonieuse, tenue dans les gammes neutres de la fresque et faisant corps avec l’édifice... Vue de près, l’exécution est tendre, fluide, pleine de vaghezza, malgré le ferme arrêt du contour, et d’une rare souplesse de pinceau... Les conditions données, nous avons rarement vu de travail plus complet. »
Les distinctions les plus flatteuses furent décernées à l’artiste. Le 12 août, il était promu au grade d’officier de la Légion d’honneur. Le 13, il était élu membre de l’Académie des Beaux-Arts, et, ce qui valait mieux encore, ces honneurs étaient pleinement ratifiés par l’opinion générale et par le jugement des connaisseurs.
1. Le Moniteur, 17 octobre 1856. L’article a été écrit à propos de la publication de l’album lithographique dont nous parlons plus loin.
Flandrin se rendant compte, malgré sa modestie, de la valeur de son œuvre et voyant l’impossibilité de la reproduire par la photographie, entreprit ce qu’il n’avait jamais fait1 et ce qu’il ne devait jamais refaire pour aucune de ses œuvres, c/était de lithographier lui-même les chœurs de Saint-Vincent-de- Paul. Aidé de son frère Paul, il fit descendre pour ainsi dire sur la pierre lithographique les idéales figures que son pinceau avait fixées sur la muraille, et répandit ainsi dans le public, avec une fidélité inimitable, les religieuses pensées qui avaient inspiré sa main. O11 peut même quelquefois mieux lire certaines nuances d’expression sur son dessin que sur sa peinture. « Ce que l’œil perd par la distance, disait Théophile Gautier, l'album le restitue2 3 *. »
En 1854, Hippolyte Flandrin fut chargé d’orner la grande salle du Conservatoire des Arts et Métiers do deux figures allégoriques représentant Y Agriculture et Y Industrie, et auxquelles il s’efforça de donner « un calme éclatant ». Une lettre, qu’à cette occasion il écrivait à son aide, Lamothe '5, le montre préoccupé de fixer des bornes précises à la collaboration de son élève. Les deux figures avaient été déjà étu-