‹ Histogénèse des lésions de la cirrhose hépatiqueChapitre 32 sur 54 · A. — CHEZ L'ANIMAL · texte numérisé non relu

A. — CHEZ L'ANIMAL

Auto-cyto-précipitine. — L'étude des anticorps au cours de l’évolution d’une lésion parenchymateuse hépatique a fait le sujet d’un admirable travail de Centanni. Cet auteur a étudié particulièrement les propriétés précipitantes du sérum d’animaux atteints de distomatose hépatique. Voici comment il procède : il broie finement dans du sérum à 0, 85 0/0 de chlorure de sodium, du foie d’un animal saigné. Après vingtquatre heures de séjour à la glacière, on centrifuge et l’on recueille le liquide limpide dont l’asepsie doit être parfaite (cultures de contrôle). Dans ce liquide de lavage des cellules hépatiques, on ajoute dans la proportion de 4 pour 5 du sérum d’animal atteint de distomum hepaticum, et le tout est porté à l’étuve en présence de tubes témoins. Dans les tubes de distomatose-sérum se produit un précipité relativement abondant, qui fait défaut dans les tubes témoins. Pourquoi le sérum de distomatose possède-t-il cette propriété de précipiter l'extrait de foie ? C’est que les cellules hépatiques lésées par la distomatose laissent passer leurs protéines dans la circulation. Ces protéines étant des corps toxiques, l’organisme subit une atteinte de cette pénétration toxique, il se défend en formant un anticorps qui, en cette occurrence, est une autc-cyto-précipitine.

Nous avons de la même façon recherché une précipitine dans le sérum de lapins indemnes de distomatose

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mais ayant reçu des injections de nucléo-protéides de foie. Or, à deux reprises, cette recherche resta sans résultat. De mème. chez un lapin en évolution cirrhotique, nous n’avons pu mettre en évidence ce pouvoir précipitant. Ce n’est pas dire que des résultats négatifs soient suffisamment probants pour nous permettre de critiquer les faits de Centanni.

Cytolysines. — D'ailleurs, une expérience démontre que tout animal en évolution cirrhotique est capable de créer dans son sérum une substance de réaction. Il est facile de la mettre en évidence par la réaction de fixation de Bordet et Gengou. Ainsi le lapin 85, en pleine évolution cirrhotique (juillet 1907), que permettait d’affirmer l’examen histologique d’une prise aseptique, en pleine intoxication chronique par le chloroforme, possèdeuneréactionasseznettement positive dont le tableau est presque entièrement superposable au tableau 4. Cette fixation primitive nous permet, dans une certaine mesure, d'affirmer l'existence d’un anticorps hépatique (1). |

1. En même temps que nous, Von Bergmann él E. Savini rapportaient des résultats analogues. Ils ont remarqué que le sérum d’animaux intoxiqués par le phosphore possède la propriété de fixer le complément sur de l'extrait de foie, tandis que cette propriété fait défaut dans le sérum d'animaux non intoxiqués. La conclusion de leur travail affirme l'existence d'un anticorps hépatique chez les animaux dont le foie subit un processus de dégénérescence. C'est exactement la conclusion de nos recherches,

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B. — CHEz L'HOMME.

Cyto-précipitine. — Si l'animal atteint de lésions hépatiques en évolution présente dans son sérum une substance de réaction décelable par la fixation du complément, l’homme ne doit pas échapper à cette règle. Des recherches s’imposaient donc dans cette direction.

Centanni, dans son travail sur les auto-cyto-précipitines, effleure ce sujet sans insister. Dans un de ses tableaux de précipitation, nous voyons qu’il met en évidence dans le sang de deux cirrhotiques l'existence d’une anti-précipitine. Il met au contact du distomatosesérum de l'extrait de foie de lapin ; à ce mélange, qui précipiterait spontanément à cause de la précipitine du distomatose-sérum, on ajoute une certaine quantité de sérum de cirrhotique hépatique, la précipitation ne se produit pas, le sérum de cirrhose contient donc une antiprécipitine.

Nous n’avons pu répéter cetle curieuse expérience, et c'est en vain que nous avons cherché à déceler dans le sérum des cirrhotiques une précipitine. Suivant la technique de Centanni, nous avions mis nos sérums cirrhotiques au contact de macération de foie de lapin. Jamais nous n’avons observé la moindre précipitation.

Cytolysines. — De même que chez les animaux, il convient de rechercher chez l'homme la substance de réaction antihépatique à l’aide de la réaction de fixation. Seulement, ici, quelques données techniques sont né-

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cessaires pour éclairer la complexité de la réaction.

Choix du complément. — Nous avions à notre disposition trois sérums qui pouvaient nous fournir un complément : le sérum du lapin, de cobaye et celui d'homme. Tous les trois n’ont pas une égale importance. Nous avons repoussé l’emploi du sérum de lapin pour nous borner seulement à l’emploi du sérum de cobaye et d'homme ; c’est seulement parce que ce dernier se trouvait mieux à notre portée que nous lui avons donné la préférence.

Choix de l'antigène. — L’antigène est l'élément ncotre lequel est dirigé l’anticorps, en cette circonstance c’est de la substance hépatique. Nous avons employé, comme antigène, du foie et du rein de cobaye, de lapin et d'homme. L'origine qui s’éloignait le moins de la réalité physiologique, était l’origine humaine. Il était naturel de rechercher à fixer le complément sur une substance appartenant à la même espèce animale.

Nous n’avons donc utilisé que des produits d’origine humaine. Le complément était du sérum d’homme normal, l’anticorps était un sérum humain cirrhotique chauffé à 56°, l’antigène de la macération de foie

humain.

Technique. — Pour obtenir un antigène, il fallait posséder du foie frais et non macéré. Des parcelles de cet organe étaient recueillies le plus aseptiquement possible et le plus tôt possible après la mort de sujets indemnes de toute affection hépatique.

L'organe était immédiatement divisé en fines tranches, puis

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broyé au mortier en présence de fin sable de quartz stérilisé au four Pasteur. Après broyage, la bouillie était diluée dans une quantité de volume dôuble de solution chlorurée sodique à 7 0/00, quelques cristaux de thymol y étaient ajoutés pour empêcher la fermentation. Et le tout était porté vingt-quatre heures à la glacière.

Après vingt-quatre heures à la glacière, centrifugation de quelques minutes, puis décantation. Le liquide de la couche moyenne opaque et homogène constituait lantigène.

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