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JONSON

Ben Jonson naquit en 1575 ; son père était un pauvre ecclésisatique de campagne. Le jeune Jonson apprit le métier de maçon et servit plus tard comme soldat en Flandre. A l'exemple de son ami Shakespeare, il composa des pièces après avoir joué sur la scène. L'Angleterre, plus que partout ailleurs, nous fournit des ces exemples.

(1) Spécimens of the British Poets.

La première pièce de Ben Jonson fut une comédie intitulée : Every Man in his Humour, qui fut jouée en 1598. Ce succès de début établit sa réputation. Il a écrit encore plusieurs comédies, deux tragédies et quelques peintures de mœurs d'une exactitude, d'une vérité telles qu'elles sont restées sans être surpassées. Ses deux tragédies, Catilina et Séjan^ prouvent de grandes connaissances, mais sont froides et déclamatoires. Outre la comédie que nous avons déjà citée, Volpone, la Femme Silencieuse, et son chef-d'œuvre, V Alchimistre, sont pleines de réparties fines et de sel attique.

Jonson s'efiforça, avec une certaine puissance classique, de régulariser la scène anglaise. C'est le premier écrivain anglais qui ait composé des comédies régulières. Il fait trop le savant; c'est son plus grand défaut, il ralentit ainsi la marche de l'action et fatigue l'auditeur. Il est généralement monotone dans ses poëmes, si l'on en excepte certains endroits où le poète semble se réveiller de son engourdissement ordinaire. S'il faut en croire Drummond, un de ses biographes, Jonson était d'un caractère susceptible, hautain et jaloux. Il fut nommé en 1619 poëtelauréat de l'Angleterre, situation qu'il conserva jusqu'en 1637, époque de sa mort.

Sir John Suckling (1613-1641), se distingue par une imagination heureuse, une versification élégante et une facilité étonnante. Sa Balad uj)07i a weddlng est un modèle de peintures riantes et gracieuses. Ses épigrammes ont beaucoup de sel ; comme poëte descriptif il surpasse tous ses contemporains.

Francis Quarles (1592-1644) a développé dans ses Emblèmes et dans son Enchirldion des théories politiques. Quarles a de l'originalité, une certaine facilité d'expression et des sentiments élevés.

En Ecosse, Alexander Scot, sir Richard Maitland, le capitaine Alexandre MoDtgomery et Jacques VI cueillirent des lauriers. La plupart de lerfrs écrits consistent en poésies fugitives, morales, descriptives, satiriques, d'une versification assez correcte, mais qui subirent cependant l'influence anglaise et le mauvais goût de l'époque, Veuphémisme. Le plus célèbre écrivain écossais de cette époque est George Buchanan (1506-1582), auteur de poëmes satiriques, moraux, dramatiques et romanesques ; on lui doit une Histoire d^ Ecosse et une traduction' des Psaumes de David. Ses vers latins peuvent rivaliser en correction avec les meilleurs poëtes de Rome.

William Drummond (1589-1649) est l'auteur de sonnets, de madrigaux, de poésies sacrées, d'épîtres dédicatoires, d'odes de circonstance, etc. Comme toutes les œuvres des poètes secondaires de la première période, il n'a pu échapper à l'insipidité, à la monotonie et à une délicatesse affectée.

Sir Robert Ayton (1570-1638) était contemporain de William Alexander, comte de Stirling, d'Alexandre Hume et de Robert Kerr, comte d'Ancrum, tous trois chantres populaires des montagnes de l'Ecosse.

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