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GARCILASO

A côté de Jean Boscan Almogaver, se place Garcilaso de la Vega (1500-1536), qui obtint ce perfectionnement tant recherché par Boscan. Ces deux poètes introduisirent le vers endecasyllabe italien, le sonnet, la canzone, l'octave et le capitolo, qui succédèrent à la redondilla et au vers d'arte mayor, les seules anciennes formes nationales. Virgile, Pétrarque et Sannazar, tels étaient les maîtres à l'école desquels se forma G-arcilaso. Au milieu des combats, entouré du faste de la victoire et de l'éclat de la fortune, il trouva encore assez de temps, de loisir et de bon goût pour chanter, à l'exemple de ses modèles, la vie des bergers et les beautés champêtres. " Ah ! s'écrie un de ses appréciateurs, c'est qu'il y avait en lui quelque chose qui ne dépendait ni des situations ni des événements ; c'était une de ces âmes exemptes de toute servitude, mais sensibles et pures dont les moindres impressions se changent en mélodies, qui trouvent un poëme dans le murmure d'un ruisseau, dans le souffle d'une brise, dans la chute d'une feuille, et qui n'ont besoin que de la vue des champs pour exhaler des hymnes plus suaves que le parfum des roses."

On a surnommé Garcilaso le roi de la douct plainte et le Pétrarque espagnol. C'est qu'en effet il y a dans les vers de ce tout jeune homme (1) une tendresse telle, une expression si suave de sentiments si délicats et si touchants qu'on ne saurait se taire en éloge, quand on a lu ses pastorales. Ses plans laissent à désirer, et il n'a pas su tirer tout le parti

(1) Il mourut à l'âge de 36 ans.

des beautés de détail, mais le pas qu'il fit faire à la littérature de son pays est décisif; c'est là son plus beau titre de gloire.

Christoval de Castillejo (1494), est le chef des cophros^ ou si on le veut, des faiseurs de strophes sur toutes espèces de combinaisons métriques, autres que l'endécasyllabe. Il entreprit une guerre en forme contre la réforme de Boscan qu'il comparait à celle de Luther. Ses poésies forment deux volumes dans la Coleccion de poetas Espanoles. La nature l'avait doué d'un talent comique, d'une versification facile et aisée, d'un esprit farceur et subtil. Ecrivain abondant et correct, ses comédies, que l'on dit licencieuses, manquent en outre d'enthousiasme.

Fernando de Acunha (1580) traduisit les Métamorphoses et les Héroïques d'Ovide, les quatre premiers chants du Roland amoureux de Boïardo, et le Chevalier délibéré d'Olivier de la Marche.

Imitateur d' Anacréon, Cetina laissa des madrigaux qui sont considérés comme les plus anciens de la littérature espagnole. Ses canzoni sont entachés d'afféterie et d'exagération.

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