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CHAPITRE IX

Les principales montagnes adorées faisaient partie des frontières.

Les monts Oljmpes sont nombreux. Six montagnes de ce nom furent célèbres dans Tantiquité par le culte qu'on leur rendait. Ces montagnes, ou les chaînes qui en portent le nom, sont toutes placées sur des frontières, ou , ce qui est la même chose, aux extrémités du territoire de quelques nations.

Un des plus célèbres de ces Ofympes bornait la Tliessalie, et la séparait de la Macédoine. Un second Olj-mpe, une des plus hautes montagnes de TAsie-Mineure, s'élevait sur les frontières de la Mysie et de la Bithynie ; et toute la chaîne de montagnes qui séparait ces deux pays était nommée Oljmpeiia. Un troisième faisait partie des frontières de la Cilicie. Un quatrième , en Élide , a donné son nom à la ville d'Oljmpie, située sur les bords de l'Alphée, et aux jeux oljmpiques. Cette mon-

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lagne sacrée séparait, ainsi que TAlphée , le territoire de Pise de celui de Triphylie. Un cinquième Oljmpe était en Arcadie. Sa position n'est pas déterminée; mais je crois la trouver dans la chaîne de montagnes appelée Lampia, qui forme la frontière de l'Arcadie et de l'Achaïe. Cette chaîne donna son nom à la ville de Lampe. Un sixième Oljmpe , trèscélèbre, se trouve au centre de l'île de Chypre , et domine une chaîne de montagnes qui sépare naturellement cette île en deux parties (i).

Il est encore plusieurs autres monts Oljmpes. La même île de Chypre en contient un second, qui s'élève à l'extrémité du promontoire qui est à Test de cette île. Cette portion éloignée du territoire s'assimile à celle des frontières ; car les frontières naturelles d'une île sont les eaux de la mer.Les insulaires, pour se conformer aux habitudes générales, fiiisaient servir les hautes chaînes de montagnes, le rivage, les péninsules, et sur-tout les îles voisines de la côte, quand il s'en trouvait, aux mêmes institutions que les autres peuples du continent avaient établies sur leurs limites.

(i) Géographie ancienne de Danville , (. I,p- i\() , 247 ; t. II, p. ai et 61.

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Le culte de ce dernier Oljmpe est attesté par un temple qu'on y avait consacré à la Venus Acrœa (i).

Le géographe Banville place , dans sa carte de la Grèce antique, deux autres montagnes appelées Oljmpe ; et toutes deux sont situées sur des frontières : l'une qui se trouve sur celle qui sépare les Amphilochiens de la Tessalie et de l'Épire; et l'autre en Laconie , sur les frontières de l'Arcadie.

Quelques écrivains donnent le nom ^Oljmpe à une montagne située sur les bords de la mer Rouge et sur les frontières de l'Arabie, et à une autre montagne qui s'élève sur les frontières de la Haule-Égyple et de l'Ethiopie, au lieu où était placé , dit -on, le tombeau d'0>y/m. On trouve même en France un mont Oljmpe. J'ignore s'il était, comme les autres montagnes de ce nom, consacré par le culte ; mais il est certain que, comme elles, il se trouve sur des frontières : celles de la Champagne.

De la multiplicité des monts Oljmpe et de leur gisement sur des frontières, on doit conclure que leur dénomination a signifié, à une certaine époque, bord y extrémité , limite. Les

' I ) Mi-moires de Danvillc, sur l'île de Chjyrc, Acad. des Inscrip., t. XXXII, p. 529ctsuiv.

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Barbares, en effet, tlil Xéiiophoii , donnaieiit le nom iVOljmpe ou de Lympe à l'extrémité circulaire d'un espace; et c'est par cette raison, ajoute-t-il, qu'on a nommé les bords de l'astrolabe Ifmbes (i).

Les monts appelés Piiide n'étaient pas moins vénérés par les anciens que les Oljmpes ; er , comme eux, ils se trouvaient sur des frontières. Une chaîne de montagnes appelée Pimle séparait laTliessalie de l'Epire; une autre chaîne de même nom était placée entre les cantons nommés jéperaniia et Dolopsia, en Thessalie. Une montagne du Pinde se trouvait sur les limites du pays des ^Enianes et de l'Étolie.

Les monts Ossa et Pclion , OEta, Cylcmic , Parnasse , et plusieurs autres, illustrés par la religion des Grecs, étaient tous placés sur des frontières.

Si l'on se reporte vers la Thrace , on voit ce pays presque entièrement limité par (!eux cliaines de montagnes saintes: le rao]U Jîœiiiris et le PJiodope.

En l'Asie-Mineure, le mont Tinolus^ chaîne de montagnes qui sipare h\Lydiedc laPhr^gie,

(i) Annœiis Uterlnvisis, Coinmcn'. in Xr/i.:^j>h:)n. de ^4Equivocis.

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