‹ Histoire abrégée de différens cultes (volume 3)Chapitre 28 sur 35 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Des changemens opérés dans tous les objets du culte , par l'introduction des figures humaines. Progrès de l'idolâtrie.

Tous les fétiches artificiels éprouvèrent les eftets de cette innovation. Les images du soleil et de la lune, presque tous les signes du zodiaque, ceux des planètes, les extraits, les symboles des montagnes, des forêts , des eaux , reçurent plus ou moins les formes humaines.

On figura dans le cercle qui représentait le soleil, une face d'homme, et son profil dans le croissant de la lune.

Parmi les signes du zodiaque, les Gémeaux, qui n'étaient dans l'origine représentés que par deux lignes parallèles, unies vers leurs extrémités par deux autres lignes horizontales, parurent sous la forme de deux enfans égaux en grandeur, qui se tiennent par les mains ou s'entrelacent avec leurs bras. On en fit les deux amis, les deux divinités Castor et Pollux.

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Le signe des Épis fat converti en une jeune fille, vierge et mère, portant un enfant, symbole de la fécondité , et tenant d'une main une faucille et des épis. On en fit la Vierge mère, la Vierge sainte , appelée par les Grecs Cérès , déesse des moissons.

La Balance , qui marquait Féquinoxe de l'automne, fut représentée par une femme qui portait des balances; et ce fut chez les Grecs Thémis y déesse de la Justice.

Le Verseau, symbole des pluies de l'hiver, qui , dans l'origine , était figuré par un vase renversé d'où s'écoulait de l'eau , devint chez les Grecs un vieillard barbu , tenant une urne d'où l'eau s'écoule. Il îxx\. Aristée y fils d'Apollon et de la nymphe Cyrène. Les Egyptiens qui rendaient un culte au signe du Verseau , sous la forme d'un vase appelé le dieu Canope, conservèrent cette forme déjà consacrée , et se contentèrent de la surmonter d'une tête humaine.

Le Sagittaire, signifié par une flèche , symbole de la décroissance rapide des jours en automne, fut représenté par un centaure lançant une flèche, c'est-à-dire, par une figure moitié cheval, moitié homme. La partie humaine était un effet du nouvel usage adopté de personnifier les symboles ; et la partie chevaline marquait la rapidité de la décroissance

des jours. De celle figure les poêles ont composé le cenlaure Chiroiij plusieurs autres centaures , et leurs fables.

Le Taureau y dans plusieurs monumens antiques , est représenté avec une télé humaine. 11 est très-probable que c'est cette figure monstrueuse qui a servi de texte à la fable du Minotaure.

Le Bouc , qui se trouve dans la division du signe du Taureau, fut figuré, chez les Egyptiens y par un homme avec les cornes, les jambes et les pieds d'une chèvre ; ils en firent leur dieu Pan. Les Grecs le représentèrent dans le zodiaque sous la figure d'un homme tenant une chèvre et un chevreau; ils en firent la chèvre ^malthée , femme de Paii^ et d'autres divinités subalternes.

Le Lion reçut, non dans les zodiaques, mais dans d'autres monumens civils et religieux , la léte d'une femme , ou plutôt celle d'un homme. Ainsi composée , cette figure fut nommée Sphinx.

hes planètes furent toutes représentées avec des figures humaines, portant à la main le signe ou le symbole qui les caractérisait auparavant.

Les pierres fétiches, les bornes adorées sentirent aussi l'influence de celte révolution reli-

gieuse. Des têtes humaines furent établies sur ces pierres. On en plaça en Egypte sur les Thoths y même sur les colonnes des temples. Pococke a vu des colonnes ainsi décorées dans le temple de l'Ile de Phlle, dans la Haute- Egypte ; et Vivant Denon a donné la gravure de plusieurs monumens semblables (i).

Les Grecs, grands amateurs des nouveautés religieuses , et imitateurs empressés des pratiques égyptiennes, imitèrent celles-ci. Ils placèrent sur les pierres limitantes, longues ou carrées , qu'ils nommaient Hermès , des têtes humaines qui représentaient les divinités étrangèrent; ils adjoignirent les noms de ces difiPérentes divinités au mot ^ermè>y, dénomination générique de la pierre sacrée sur laquelle ces têtes étaient posées.

Ainsi, lorsqu'ils eurent surmonté un ^ermès d^une tête de V^énus , qu'ils nommaient Aphrodite , cette figure ainsi composée fut appelée Hermaphrodite.'^Wi), tête était celle d'^ercule y qu'ils nommaient E racle y on appela l'idole enivhve Hermeracle. Si c'était une tête de Miîieri^ey qui portait chez eux le nom ^ Athènes j on en forma la divinité Hermathenes. Enfin ,

( I ) Voyage de Richard Pococke, 1. 1, p . 356 ; et l'atlas

du Vojage de J'ivant Dénon.

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par l'effet du même mélange des Hermès et des têtes des divinités grecques, on composa Hermeros ou Hermès - Amour , Hermapollon ou Hermès -Apollon ; enûn il y eut des Hermosiris, des Hermharpocrate , des Hermammoji , etc.

Cette combinaison de deux divinités réunies s'introduisit jusque dans la religion des Germains, qui eurent leur Hermode ou Hermodin, leur Hermensul.

Dans ces divinités composées , que les artistes nomment encore Hermès ou Terme ^ on distingue bien clairement deux noms : l'un , Hermès , est celui de la divinité générique ; l'autre, qui lui est adjoint, est celui de la divinité spéciale. Il en résulte bien évidemment ç}^ Hermès n'était, dans l'origine, qu'une pierre longue ou carrée, une pierre de borne , et que ce nom , avant que les Orientaux eussent introduit en Grèce les noms nouveaux de leurs divinités , était devenu l'équivalent du mot dieu ; car ces noms Hermapollon , Hermeracley Hermeros , etc. , ne peuvent signifier que le dieu Apollon, le dieu Hercule , le dieu Amour.

Mais Hermès , qui servit à la composition de ces divers dieux ou déesses , ne cessa pas pour cela d'être un dieu particulier. C'est ainsi que l'unité, qui sert à composer les nombres , ne laisse pas que d'être toujours un nombre ;

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et Tliothy Hermès ou Mercure, restèrent toujours des divinités particulières qui eurent des fonctions, des attributions, et un culte qui leur étaient propres.

Les troncs d'arbres , les souches, les colonnes de bois adorés , eurent le même sort que ces pierres, et furent, comme elles, surmontés d'une tête humaine : c'est de cette matière qu'étaient formées ordinairement les divinités Pan et Priape , etc.

Ces divinités , avant d'être décorées d'une tête d'homme, étaient des troncs d'arbres auxquels on ajoutait le symbole le plus énergique de la fécondité : voici comment le culte de ces fétiches indécens fut lié à l'astronomie.

Deux constellations de la division du zodiaque, oii le soleil entrait à l'équinoxe du printemps, furent associées à ce symbole. Ces deux constellations , figurées par un bouc et par un taureau , animaux très-ardens à propager leur espèce, furent considérées comme leg emblèmes du soleil, qui, au printemps, régénère la nature , et eurent des images vivantes adorées en Egypte. Le Bouc ou Pan fut adoré à Mendès et à Chemmisj le Taureau, sous le nom ^Apis , Meneids elBacis, le fut dans plusieurs villes de l'Egypte. Les images des parties

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génitales de ces deux animaux, symboles du so-^ leil régénérateur de la nature , appelées Phallus, furent honorées comme des objets sacrés^ comme des fétiches qui procuraient l'abondance , la fertilité des terres , et en éloignaient les accidens contraires. C'est pourquoi on les adjoignit à des troncs d'arbres, dans les forêts, dans les vergers , dans les jardins, etc. Le Phallus attaché aux arbres des forcis fit qualifier le tronc qui le portait de divinité Pan. Placé dans les vergers , les jardins et les vignes., il était la divinité Priape. D'autres troncs d'arbres qui, ainsi que les pierres, servaient de bornes aux territoires, aux héritages particuliers , décorés du Phallus, reçurent le nom de Mercure Casmillus , de Mercure au membre érigé , et on confondit souvent ces derniers avec Priape (i).

Tous ces troncs à Phallus, surmontés d'une tête d'homme, dont les traits et les accessoires indiquaient leur origine , constituèrent des divinités qui jouèrent un rôle distingué dans les fables religieuses des anciens.

Nous avons dans le trait suivant un exemple

(i) L'origine détaillée à.ePan et de Pn^joe ainsi que l'histoire du culte du Phallus seront la matière d'un ouvrage particulier.

A^'TÉRlEuns A l'idolâtrie. 4^3

(îe ces premiers essais 'le Tort, et des premiers pas de l'homme incivilisé vers l'idolâlric.

Dans l'île d'Owhyhée, une des SandAvichs, est, près de l'habitation du roi et sur les bords de la mer un Morai , lieu consacré à la fois aux sépultures et à la religion, ce Ce Moraï,ditun » voyageur moderne, était le mieux tenu que » nous eussions rencontré: il était orné deplu- » sieurs statues ou idoles taillées dans de gros » troncs d'arbres, et imitant grossièrement la ») forme humaine, mais aussi gigantesque et » aussi ridicule que l'on peut se l'imaginer (i). >»

Je dois faire remarquer ce que j'ai souvent avancé en parlant de l'ancien continent, que le même local sert ici au culte et aux sépultures; que ce local est voisin de la mer , dont les bords ont toujours , pour les insulaires , tenu lieu de frontières ; et que ces premières ébauches de l'art du statuaire se trouvent dans l'asile des morts.

Les symboles des eaux subirent la même loi: la cruche adorée en Egypte , sous le nom de Canope , fut , comme je l'ai déjà dit , surmontée d'une tête humaine.

Le Serpent ou V Hydre , image du courant

(i) Vojage à l'Océan Pacifique , par George Vancouver, t, IV, p. 245.

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sinueux des rivières, fut ennobli par une lêle d'homme , et devint Y ^ gaihodemon ou le bon démon.

Les Navires , autres symboles des eaux , eurent leur figure humaine. J'ai dit que le navire y4rgo avait à sa proue , ou à sa poupe , une pièce de bois extraite de la forêt sacrée de Dodone ; que celte pièce conservait la vertu des arbres dont elle était extraite , et qu'elle rendait des oracles. Les navires consacrés offrirent à sa place une figure d'homme , qui constitua les divinités appelées Patàiques ou Patèqiies, auxquelles les Phéniciens , grands navigateurs ^ rendaient un culte assidu , et qu'ils considéraient comme les dieux tulélaires des vaisseaux et des nautonniers.

Tels furent les commencemens de l'idolâtrie. Dès que l'homme eut fait les premiers pas dans cette carrière , il ne lui en coûta guère de la parcourir entièrement. Dès qu'il eut décoré de têtes humaines les grossiers objets de leur adoration , il fut naturellement amené à les représenter sous la figure entière d'un homme; mais il n'y arriva que par gradation.

Ces colonnes limitantes , de pierre ou de bois , qui d'abord n'eurent d'humain que la tète, furent bientôt représentées avec des pieds, tandis que le reste de la figure conservait la

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forme d'un simple pilastre. Plusieurs inonumens antiques nous ont conservé la figure de ces Hermès. La cruche appelée Canope , surmontée d'une tête, eut aussi, dans la suite, deux pieds d'homme.

On renchérit encore sur la façon de cesT/ermhs : on plaça quelquefois vers le milieu de leur hauteur la figure du sexe; on leur donna la moitié du corps humain, tandis que la partie inférieure restait en forme de pilastre. Ce sont ces espèces d'hermès que les artistes nomment fort improprement jîgz^rei- en gaine.

Lorsqu'on eut représenté ces hermès avec un demi-corps d'homme, on fut bientôt induit à leur ajouter des bras, qui leur servirent h tenir les symboles, les signes, les attributs, qui caractérisaient leur divinité; lesquels, avant cette dernière addition, on appendait à l'herm es. Il restait peu de chose à faire pour que la métamorphose fût complète; elle le devint; et le statuaire, autorisé par le culte, dans ses nouvelles productions, fit disparaître de ces idoles tout ce qu'elles conservaient de leur origine barbare, et présenta les dieux sous la figure entière d'un homme. Le soleil fut figuré par un beau et jeune blondin , à télé rayonnante , traîné dans les airs sur un char attelé de chevaux -, la lune , par une femme couronnée du

croissant ; les fleuves , par des vieillards appuyés sur un vase renversé; les rivières, les fontaines , par de belles femmes dans la même attitude. Le dieu des airs fut représenté par un homme vigoureux , tenant la foudre en main ; le dieu des mers par un homme armé d'un trident, instrument de pêche; le dieu de la guerre , représenté par une épée ou une lance, le fut alors par un homme tenant en main cette arme ; enfin , les astres , les élcmens, les accidens de la nature , ceux de la vie humaine , toutes les alFections de l'humanité furent divinisés , et représentés sous la forme d'un vieillard , d'un homme fait, d'un enfant ou d'une femme.

Il ne faut pas croire que tous les objets sacrés éprouvèrent cette métamorphose : une nouveauté en religion ne détruit point les anciennes habitudes. L'institution des hernies à tête humaine ne changea rien à la plupart des troncs d'arbres, des pierres brutes, et d'autres objets grossiers que leur antiquité rendait vénérables. On fabriqua de nouveaux dieux à figure humaine, et on laissa subsister les anciens.

De même l'usage nouveau de rcDrésentcr les dieux sous la figure entière d'un homme n'empêcha point les différentes espèces thermes de se maintenir , et de former même une divinité

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particulière ; car c'est sous cette forme que le iVieu Hermès , Mercure ^ ou Terme ^ fat, depuis l'introduction des figures humaines, constamment représenté sur les frontières, sur les chemins , dans Xesjorum , et à l'entrée des tem-^ pies et des maisons. La divinité Priape fut aussi presque toujours , depuis la même époque, représentée en Hermès y tX. n'obtint que rarement l'honneur de paraître sous la figure entière d'un homme.

Ce changement arrivé dans la plupart des religions anciennes, cette manie de représenter les dieux sous des figures humaines, ne furent point adoptés par tous les peuples : les Syriens et les Phéniciens ne représentèrent le soleil ni la lune par aucune figure ; ils pensaient avec raison que , ces dieux étant vus de tout le monde, il était inutile de les représenter par des images (i).

Les Perses avaient en horreur les représentations des dieux sous des figures humaines : ils no les adoptèrent jamais. Xerxès , conformément à ces principes , détruisit , dans son expédition en Grèce, toutes les statues qu'ail rencontra sur son passage (2).

(i) Lucien, Traité de la déesse de Syrie. (2) Hérodote, L'ranie.

Le législateur des Hébreux proscrit, de la manière la plus expresse, l'usage de représenter la divinité sous des formes mortelles. « Vous j) ne ferez point d'idoles , lit-on dans le Lévi- » tique ; vous ne dresserez point d'images lail- » lées , ni de statues , et ne mettrez point de )) pierres peintes en votre pays pour vous y M prosterner devant. » Les prophètes Isaïe et Jérémie se récrièrent avec chaleur contre l'usage des idoles introduit dans Israël.

Le même éloignement pour les idoles à figure humaine se retrouve chez les Germains et chez les Celtes; et ce ne fut que fort tard, comme je l'ai déjà fait observer, que l'idolâtrie fut par les Romains introduite chez ces peuples.

Les Romains même , si servilement imitateurs des pratiques religieuses des Grecs , repoussèrent, dans son origine, le culte des images. « Numa, dit Plutarque, leur défendit d'à t- )) tribueràDieu aucune forme d'homme ni de » bête; et il n'y avait parmi eux aucune statue » ni image de la divinité. Pen(!ant les cent » soixante -dix premières années, ils ne pla- » cèrent dans les temples et dans les chapelles )) qu'ils bâtissaient aucune figure de Dieu. Ils » regardaient comme une impiété de repré- )) senler par des objets méprisables ce qu'il y » a de plus parfait, et croyaient qu'on ne pou-

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» valt atteindre à Dieu que par la pensée (i). » Les premiers chrétiens résistèrent pendant plusieurs siècles à cette contagion générale ; ils proscrivirent les images. Saint Paul dit aux Athéniens : a Dieu n'est point honoré par des )) ouvrages faits de la main des hommes: il n'a » besoin de personne, lui qui donne la vie à » tous les êtres (2). »

Les plus anciens Pères de l'Église , Lactance , Tertulien , Arnobe , Minutius Félix , Origène, etc. , professèrent la même doctrine, et traitèrent le culte des images d'impiété et de folie. Le concile d'Elvire , en Espagne , tenu vers la fin du troisième siècle, défend les peintures sur les murailles des églises, de peur que le Dieu qu'on adore ne s'y trouve représenté (3).

Il y eut même parmi les chrétiens des personnes recommandables par leur sainteté qui poussèrent leur aversion pour les images jusqu'à détruire publiquement celles qui représentaient le dieu qu'elles adoraient. Voici un fragment de la lettre écrite par saint Epi-

(i) Plutarque, J^ic de Ninna.

(2) Actes des Apôtres, chap. l'j, v. 25.

(3) Histoire ecclésiastique de Fleiirj-, liy. g, t. II, p. 543.

490 BtS CULTES

phane , vers la fin du quatrième siècle , à Jean de Jérusalem.

« Je sais que l'on murmure contre moi de ce » que, lorsque nous allions au saint lieu ap- » pelé Béthel, pour y célébrer la collecte avec » vous , étant arrivé au village d'Anablata , et )) ayant vu , e^i passant , une lampe allumée , » je demandai quel lieu c'était. J'appris que )) c'était une église, et j'y entrai pour prier. Je )) trouvai une draperie attachée à la porte de » cette église , où était peinte une image de w Jésus-Christ, ou de quelque saint; car je ne }) me souviens pas bien de ce qu'elle représen- )) tait. Ayant donc vu l'image d'un homme ex- » posée dans l'église de Jésus- Christ, contre )) l'autorité de l'Ecriture , je déchirai la drape- » rie , et je conseillai à ceux qui gardaient ce )) lieu d'en envelopper h l'avenir le corps mort » de quelque pauvre pour l'enterrer.

>j Je vous prie , ajoute le même saint, de » défendre aux prêtres de ce lieu d'exposer à i) l'avenir des draperies de la sorte , qui sont )) contre notre religion; car il est digne de vous » d'ôter ce scandale (i). ))

La religion chrétienne , née au milieu du paganisme, fut forcée d'en contracter plusieurs

(i) Histoire ccclcsiastiquc de Fleur)-, liv. h), p. 633.

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habitudes. On peut facilemeut changer les dogmes religieux d'un peuple ; mais il n'en est pas de même des pratiques : le vulgaire j tient fortement. Les prêtres chrétiens furent donc obligés de soumettre leur religion à la routine , de christianiser une grande partie du culte ancien, et de substituer aux figures des dieux et des déesses celles de Dieu , de la Vierge et des Saints. Cette condescendance occasionna de longues et vives querelles dans l'Eglise. Les évêqnes français et l'empereur Charlemagne Timprouvèrenl. Ce ne fut que vers la fin du huitième siècle que le culte des images fut introduit en France.

Je sortirais de mon sujet , si j'en Irais à cet égard dans de plus longs détails. J'en sortirais aussi si je parlais de la perfection que la peinture et la sculpture acquirent par l'introduction des figures humaines dans le culte. Je dirai seulement que ces arts d'imitation seraient , sans elle , peut-être restés dans un état de barbarie , ou entièrement inconnus.

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