Les Canadiens et les Métis de Pembina sont rappe
lés. — Mgr Provencher se montra lui-même constamment le véritable père du peuple, qu’il aida en favorisant de ses deniers et en payant de sa personne l’établissement chez ses ouailles de l’agriculture et de l’industrie. Ces entreprises étaient donc de nature à l’intéresser. Mais ce qui le toucha de plus près, à son retour à Saint-Boniface, fut une lettre par laquelle Halkett, qui était reparti pour l’Angleterre, lui demandait de faire revenir aux « Fourches », c’est-à-dire dans la colonie proprement dite, les nombreux Canadiens et métis français qui s’étaient établis à Pembina, désormais reconnu comme étant en territoire américain.
Quoique cette population plus ou moins nomade n’eût pu obéir en masse sans se condamner à mourir de faim, un certain nombre accédèrent au désir que leur manifesta le nouvel évêque et vinrent se bâtir des maisonnettes le long de la Seine et sur la rive gauche de la Rouge. D’autres allèrent s’établir sur l’Assiniboine, à un point appelé la Prairie du Cheval Blanc, aujourd’hui Saint-François- Xavier. Ceux-ci étaient pour la plupart des métis sous la conduite du Cuthbert Grant que nous avons déjà vu à la Grenouillère.
Le résultat de ces dérangements fut que Mgr Provencher dut rappeler M. Dumoulin, qui reprit alors (i 6 juillet i823)
DANS LES SPHÈRES CIVILES
le chemin du Bas-Canada, cinq ans jour pour jour après son arrivée au pays.
34. Un nouveau Ministre à la Colonie. — De son côté, M. West retourna cette même année en Angleterre, et il fut remplacé par un ministre anglican, le Rév. David-T. Jones, dont les travaux devaient avoir exclusivement pour objectif les colons non-catholiques, ainsi que le personnel protestant de la compagnie de la baie d’Hudson, dont il était le chapelain officiel. Cette corporation, non seulement lui faisait une allocation qui, ajoutée à ce qu’il recevait d’Angleterre, constituait un traitement convenable, mais elle coopérait encore d’une manière effective, bien que dans une moindre mesure, au soutien de la mission catholique.
L’arrivée de M. Jones fut un nouveau désappointement pour les colons presbytériens. Peu à peu, cependant, ils se firent au pasteur qu’on leur imposait d’Angleterre, d autant plus que, pour se les concilier, celui-ci finit par éliminer de ses offices les prières et cérémonies qui n’étaient point de leur goût.